Boukary Sidibé dit Kolon et Mme Seck Oumou Sall : L’honneur de deux diplomates performants jeté en pâture pour rien

“Homo homini lupus est” est une locution latine signifiant “l’homme est un loup pour l’homme”, autrement dit : “L’homme est le pire ennemi de son semblable ou de sa propre espèce”. Cette vieille maxime de l’auteur comique latin Plaute, le premier des grands dramaturges de la littérature latine, est parfaitement illustrée par cette vaste campagne de dénigrement enclenchée dans la mouvance de la crise sociopolitique que traverse le Mali contre deux de ses diplomates émérites. En effet, à peine le régime d’IBK tombé, des vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux surgissent pour jeter en pâture l’honorabilité de S. E. M. Boukary Sidibé dit Kolon, ambassadeur du Mali à Abu Dhabi, et S. E. Mme Seck Oumou Sall, ambassadeur du Mali en République fédérale d’Allemagne et en Pologne, avec résidence à Berlin. L’une de ces vidéos mêle l’un à des scandales auxquels il est totalement étranger et indexe l’autre comme étant insensible à la cause de ses compatriotes dans sa juridiction. Le complot est tellement flagrant qu’il laisse facilement transparaître les signes de la méchanceté gratuite envers des diplomates qui se sont largement illustrés par les actes tangibles qu’ils ont posés. La preuve.

Boukary Sidibé dit Kolon et Mme Seck Oumou Sall, respectivement ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali à Abu Dhabi (dans les Emirats arabes unis) et en République fédérale d’Allemagne et en Pologne avec résidence à Berlin font sans aucun doute les frais de leur apport hautement élogieux dans le bilan du président Ibrahim Boubacar Kéita auquel ils ont contribué à donner corps. Du mieux qu’ils ont pu, ils ont hissé l’image du Mali à un niveau envié par plus d’un.

Aussi ce succès a-t-il suscité de la jalousie sinon de l’égoïsme et de la méchanceté de la part de concitoyens en manque d’arguments. En effet, depuis quelques jours, dans cette turbulence post-coup d’Etat, une vidéo circule sur les réseaux sociaux et dénigre les deux diplomates, les accusant de tous les péchés d’Israël, tout en leur attribuant tous les maux que le Mali a connus ces dernières années.

Dans cette sortie commanditée par des hommes frileux tapis dans l’ombre, l’ambassadeur Sidibé est accusé d’avoir acheminé au Mali des blindés “en carton” et des hélicos “de la Première Guerre mondiale”.

Quant à Oumou Sall Seck, elle est indexée comme une ambassadrice très éloignée des intérêts du pays et des préoccupations de ses compatriotes, “qui ne parviennent même pas à avoir la carte Nina”. En un mot, elle serait en tourisme à Berlin.

Mme Oumou Seck

En écoutant cette vidéo, tomberont en syncope tous ceux qui sont au parfum du travail de Titan abattu par ces deux vaillants ambassadeurs, non seulement pour le raffermissement des relations de coopération diplomatique entre la République du Mali et leur pays d’accueil, mais aussi et surtout au profit de nos compatriotes établis dans leurs juridictions respectives.

Avant d’entrer dans certains détails, il convient d’emblée de démentir que les blindés ont été achetés avec l’argent du contribuable malien. Des sources concordantes confirment que les 30 blindés ont été achetés avec un fonds débloqué par les Emirats arabes unis sur la base d’un contrat de partenariat signé à Bamako. Point de traces au Trésor public malien.

Pour que nul n’en ignore donc : les 30 blindés que l’ambassadeur Sidibé a réceptionnés sont un don offert par les plus hautes autorités des Emirats en soutien aux FAMa. Les 100 blindés ont été acquis grâce à un financement du gouvernement des Emirats arabes unis (EAU) à la demande des autorités maliennes. A aucun moment, la qualité des blindages n’a été remise en question. Au début, il y avait juste un petit nombre dont le châssis était différent des autres. L’armée malienne a demandé l’uniformité des engins et l’entreprise s’est exécutée.

Bref, à ce jour, tous les engins sont livrés conformément aux exigences du contrat discuté et signé à Bamako entre le ministère de la Défense et des Anciens combattants et l’entreprise concernée, sans la présence de l’ambassadeur Boukary Sidibé dit Kolon.

Concernant les hélicoptères, il n’a aucunement été associé ni à leur achat ni à leur acheminement ou réception. Par conséquent, son nom ne saurait être associé à un quelconque scandale lié à ces engins.

Toutefois, grâce à son entregent, le financement de l’apurement de la dette intérieure du Mali à hauteur de 100 milliards de FCFA est venu des Emirats Arabes Unis. C’est dire que, comme nous l’écrivons plus haut, les ambassadeurs Sidibé et Sall sont victimes des bons résultats diplomatiques et consulaires enregistrés dans leurs juridictions respectives. Aussi, convient-il d’en rappeler quelques-uns des plus significatifs.

Dirigeant sportif et opérateur économique très dynamique, Boukary Sidibé est nommé le mercredi 20 juillet 2016 en qualité d’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Mali à Abu Dhabi pour inaugurer cette nouvelle représentation fraîchement ouverte par le président Ibrahim Boubacar Kéïta.

La diplomatie des affaires

comme boussole

En moins de temps qu’il n’en faut, il s’est imposé comme le meilleur ambassadeur de l’ère IBK. Son secret ? Kolon a initié le concept de diplomatie économique pour rompre d’avec la pratique millénaire de diplomatie institutionnelle. Rapidement, l’ambassadeur Sidibé a rehaussé le niveau des relations bilatérales entre Bamako et Abu Dhabi et fait déverser plusieurs centaines de milliards de Fcfa au profit du Mali.

Depuis lors, ce nouvel axe diplomatique était chouchouté par l’ex-président Ibrahim Boubacar Kéita qui a effectué une demi-douzaine de visites historiques à Abu Dhabi, la moitié à l’invitation du Prince héritier Cheikh Mohamed Bin Zayed. En retour, plusieurs hautes autorités, cadres de l’administration et opérateurs économiques émiratis ont séjourné à Bamako.

En bonne place, figure la venue à Bamako d’une forte délégation émiratie conduite par son Altesse Cheikh Abdallah bin Zayed Al Nahyan, ministre des Affaires étrangères, accompagné par S. E. Reembint Al Hashemi, ministre de la Coopération internationale et du Croissant rouge.

Plusieurs conventions et accords de prêt ont été signés au cours de cette visite. Il s’agit de l’exemption de visas entre le Mali et les Emirats arabes unis pour les détenteurs de passeport diplomatique, la convention de non double imposition pour les entreprises, la création de la Commission mixte, l’accord de protection des investissements, la signature d’une coopération sécuritaire de lutte contre le trafic de drogue. Sans oublier la signature une convention de prêt de 30 millions de dollars US (entre 15 et 25 milliards de Fcfa) pour les logements sociaux et la signature d’un accord de rénovation des hôpitaux Gabriel Touré et du Point G.

Aussi lors du séjour d’IBK à Abu Dhabi, en janvier 2019, pour prendre part à la Semaine du développement durable, il y a eu la signature d’un accord de 25 millions de dollars (entre 12 et 20 milliards de Fcfa) avec le Fonds Khalifa pour le développement de l’entreprise ; un fonds émirati d’investissements pour le secteur privé que le président IBK souhaitait faire profiter prioritairement aux jeunes entrepreneurs maliens, en particulier aux jeunes femmes.

Au cours d’une autre visite de travail en juillet 2017 du président IBK, dans le cadre du renforcement de la coopération entre le Mali et les Emirats arabes unis, les deux pays ont procédé à la signature de plusieurs conventions.

A l’occasion, le président IBK a décerné au Prince héritier, Cheikh Mohamed Bin Zayed des Emirats arabes unis, la plus haute distinction honorifique du Mali à travers la médaille de Grand-croix de l’Ordre national. Une marque de reconnaissance et de gratitude historiques du Mali envers les Emirats.

Mieux, en novembre 2017, à la Conférence internationale de lutte contre les maladies contagieuses à Abu Dhabi, IBK a pu décrocher un accord de coopération en matière de sécurité. Il s’agit du renforcement des capacités opérationnelles de la police malienne sur les plans technique et scientifique, le partage des renseignements ; sans oublier la coopération en matière de risques et catastrophes.

Autre rappel, grâce à IBK, alors président en exercice du G5-Sahel, les Emirats arabes unis ont décidé d’apporter une contribution de 30 millions de dollars, soit plus de 15 milliards de Fcfa pour l’opérationnalisation du G5-Sahel en vue de lutter contre le terrorisme. C’était lors de la réunion internationale sur la force commune du G5-Sahel tenue au château de la Celle Saint-Cloud  en France.

Ce n’est pas tout : pour appuyer le Mali dans l’organisation du Sommet Afrique-France, tenue à Bamako les 13 et 14 janvier 2017, l’Etat émirati a offert gracieusement 80 véhicules 4×4 dont 40 blindés et des tentes climatisées au Mali pour un montant évalué à plus de 50 milliards de Fcfa. A tout cela s’ajoutent le don des blindés et bien d’autres gestes provenant d’Abu Dhabi en faveur du développement du Mali.

Nul n’est dupe : cette belle embellie de l’axe Bamako-Abu Dhabi a été rendue possible grâce à l’œuvre de fourmi de l’ambassadeur Boukary Sidibé. Jamais, selon les anciens, un diplomate malien n’a réussi autant. Au lieu de rendre hommage à cet officier de l’Ordre national du Mali, certains compatriotes lui jettent l’opprobre. Alors, attention, les Maliens ne sont pas aveugles !

L’instinct maternel

Quid de l’ambassadeur Seck Oumou Sall qu’on accuse volontairement dans la vidéo de ne pas s’occuper de ses compatriotes établis en Allemagne ? Faux, pouvons-nous rétorquer.

A sa nomination, Oumou Sall Seck était suffisamment imprégnée du fait que l’ambassadeur se doit de PROTEGER LES RESSORTISSANTS DE SON PAYS, de défendre les intérêts de ceux-ci et de promouvoir les relations de coopération économique, culturelle, scientifique et militaire entre le pays d’accueil et le sien.

De sources généralement bien informées, il nous revient qu’après la présentation de ses lettres de créance, la nouvelle ambassadrice du Mali à Berlin s’est aussitôt mise à la tâche. Elle s’est investie corps et âme pour la dynamisation des relations d’amitié et de coopération entre le Mali et la République fédérale d’Allemagne, premier pays à reconnaître le Mali indépendant d’une part, et la République de Pologne qui a été l’un des premiers pays à envoyer des instructeurs dans le cadre de l’EUTM pour le renforcement des capacités des Forces armées du Mali d’autre part.

Des concertations décentralisées dans le cadre du Dialogue national inclusif (au niveau de la diaspora) ont eu lieu à l’Ambassade de la République du Mali à Berlin. Pour le cas proprement dit de la situation de nos compatriotes en Allemagne (en Pologne, il y a un consul honoraire du Mali à Varsovie), S. E. Mme l’ambassadeur Sall s’est montrée à la fois au four et au moulin.

A ce propos, un citoyen de Badalabougou Sema qui a visiblement séjourné en Allemagne fait des révélations sur quelques actes majeurs posés par Oumou Sall Seck : «Tout récemment, un  Malien sans papier, qui n’était même pas enregistré au niveau de l’Ambassade du Mali, est mort par noyade. Oumou Sall a été informée par les autorités allemandes que le corps de son compatriote sera incinéré car quand vous n’avez pas les moyens financiers là-bas, on  transforme votre corps en cendre.

Malgré les circonstances et le manque de moyens, très dévouée et avec son instinct de mère, elle s’est opposée à cela. Elle a fait prendre à l’Ambassade tous les frais d’enterrement évalués à plus d’un million de Fcfa et elle s’est déplacée en personne pour prendre part à l’inhumation de son compatriote, en faisant plus de dix heures de route en aller et retour. Elle en fait autant à longueur de journées car elle est là-bas pour ses concitoyens.

Un autre acte d’engagement de notre vaillante ambassadrice auprès de nous, je l’ai vu personnellement assister tellement de Maliens en difficulté ici. Une fois, un Malien avait perdu la tête et était devenu fou, se retrouvant SDF (Ndlr : Sans domicile fixe). Il fallait l’évacuer chez ses parents, pauvres. Oumou Sall Seck a négocié avec des partenaires allemands pour financer sa prise en charge sanitaire et son accompagnement à Bamako. C’était en 2019. Le compatriote a été évacué, accompagné par un  médecin et deux policiers. Il a été remis au ministère des Maliens de l’extérieur qui, à son tour, l’a remis à ses parents après son admission au Point G».

Du coup, grâce à ce témoignage et aux arguments développés plus haut, les accusations doublées de diffamation formulées dans la vidéo virale s’affaissent comme un château de cartes, comme pour dire que le mensonge a beau courir, il ne peut résister au verdict de la vérité.        La Rédaction

Source: Aujourdui Mali

 

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