Au rythme du Mali : Les ruchers de Bamako-Coura aux côtés de leurs disparus

Des larmes, des émotions et des reconnaissances. Les ruchers de Bamako-Coura auront passé une semaine entière aux côtés de leurs disparus, à travers diverses cérémonies d’hommages aux plus illustres d’entre eux.

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Enclenchée l’après-midi du vendredi par une lecture du Saint Coran au siège du parti, la série le lendemain par une salve de témoignages émouvants sur le parcours de leurs camarades arrachés à leur affection. La démarche, selon le président du Parti de l’Abeille, participe d’une mise en œuvre des directives que le dernier congrès du PASJ a instruites dans le sens d’un retour aux valeurs de solidarité et de justice. Une condition sine qua non pour retrouver sa place dans le cœur des Maliens, a laissé entendre Tiémoko Sangaré. Et d’insister au passage sur l’impossibilité d’amorcer une telle dynamique «sans magnifier les artisans» de la grande sympathie dont il jouissait naguère.

L’initiative est aussi un clin d’œil à l’ensemble des anonymes dont le labeur a contribué «à faire de l’Adéma le grand parti qu’il est», mais quatre illustres disparus ont été retenus à titre symbolique. Il s’agit des Professeurs Ouali Conté, Siaka Bakayoko alias Bacchus, Bocar Sall et de l’Honorable Nock Ag Attia. Et pour témoigner sur leurs parcours respectifs, autant de célèbres vivants se sont succédé à la tribune, en présence des membres de leurs familles respectives, pour reconnaitre tour à tour en eux des militants dont les vertus doivent inspirer les jeunes générations et leur servir de repères à tous égards. Pour le défunt Pr. Ouali Conté, un inséparable ami de longue date, en l’occurrence Dianka Sanou de la chaine scolaire Kodonso, garde encore en mémoire les sacrifices consentis pour la démocratie et dont il a porté les séquelles toute une vie ponctuée de générosité dans l’effacement, l’humilité et la modestie. Idem pour le défunt ami du défunt, le Pr Siaka Bakayoko alias Bacchus, dont le dynamisme, la sympathie ainsi que le désintéressement militant ont été brillamment mis en exergue par un grand compagnon de l’anthropologue hors-pair. Il s’agit du Professeur Mohamédoune Dicko pour qui Siaka Bakayoko «a tout donné et n’a rien reçu» sans que son patriotisme et son engagement militant en soient affectés.

Pour le célèbre médecin Pr. Bocar Sall, il est revenu à son cadet du même domaine, Ali Nouhou Diallo, de reconnaitre l’ardeur au labeur, la générosité et la grande conscience professionnelle d’un homme demeuré simple et pieux dans l’anticonformisme et la liberté d’esprit. «Un géant de la médecine, le père de la traumatologie malienne», une référence dont le mérite lui a valu d’être le premier président de l’ordre des médecins, président de la commission nationale d’éthique où il a rendu l’âme sans jamais descendre du terrain de la révolution.

Sans être du sérail académique, Nock ag Attia de Diré, s’est tout aussi singularisé par un des vertus et hauts faits dignes de reconnaissance.

Assarid Ag Imbarcaouane, à un témoin avisé de son riche parcours politique, s’est ainsi chargé d’entretenir l’assistance sur la contribution du modeste chef de tribu à l’autosuffisance alimentaire dans sa contrée, à travers une révolution de la culture des céréales et du blé en particulier. Humble, sage et d’une générosité sans commune mesure, l’ancien membre du Haut conseil des collectivités, en tant que confluent des peuples nomades et sédentaires, ne pouvait s’illustrer que par un attachement à la République, une loyauté à la seule nation qu’il a connue, qu’il a contribué à bâtir et pour l’unité de laquelle il s’est battu jusqu’à sa mort, a témoigné Ag Imbarcaouane.

Pour le Comité exécutif du PASJ, l’expérience et les vertus de tous ces illustres disparus constituent un legs inestimable, un repère devant servir d’exemple enrichissant pour les vivants et les inspirer dans leur comportement et attitudes. Mais la solidarité, a rappelé la vielle militante avisée Mme Sy Kadiatou Sow, ne saurait continuer à se manifester par la seule pensée aux morts.

La consécration du mérite doit pouvoir récompenser les sacrifices consentis du vivant de la personne, a-t-elle martelé, allusion faite aux nombreuses célébrités du PASJ ayant tant apporté au pays sans la moindre reconnaissance de la nation. Un cri du cœur de la présidente de l’Association ADEMA qui n’est pas tombé dans une oreille de sourd car le Comité exécutif en a pris bonne et promis de s’employer à rendre justice à leur repères.

A KEITA

Source: Le temoin

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