Assemblée nationale : Les députés font connaissance avec « leur maison »

Après l’enregistrement et les journées parlementaires, la rentrée officielle du Parlement surviendra sur convocation du président de la République.

 

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La rentrée parlementaire se prépare, en effet, activement, Place de la République. Une commission présidée par l’assistant parlementaire Amadou Diarra Yalcouyé travaille depuis le début de la semaine à l’accueil et l’inscription des élus. La salle Mamadou Konaté ne désemplit pas. Ici les députés sont reçus, enregistrés et reçoivent un kit de député. L’enregistrement consiste à décliner son identité, son état-civil, à se soumettre à une séance photo (pour le passeport diplomatique et le site internet) et à recevoir le kit, c’est-à-dire un sac contenant un macaron, une cocarde, les textes de loi régissant l’Assemblée nationale et le règlement intérieur de la dernière législature. Hier, à la mi-journée, au passage de notre équipe de reportage, 115 élus avaient effectué la procédure d’enregistrement.

 

 

Cet enregistrement et les journées parlementaires sont les deux dernières étapes précédant la rentrée officielle du Parlement qui se fera sur convocation du président de la République.

 

 

La nouvelle Assemblée qui s’apprête à entrer en fonction enregistre un renouvellement très important de ses effectifs. Ils sont, en effet, seulement 24 élus sur 147 à retrouver leur siège, soit un taux de renouvellement 83,6 %.

 

 

Parmi ceux qui ne siègeront pas durant cette mandature, certains ont marqué de leur empreinte le Parlement. C’est le cas du président de la République Ibrahim Boubacar Keïta qui a effectué deux mandats successifs de député obtenus en Commune IV de Bamako avant d’être élu à la magistrature suprême. Ibrahim B. Këita a fortement influencé la vie du parlement lors de son premier mandat au cours duquel il présida l’institution. Celle-ci lui doit une nette amélioration des conditions de travail des députés et du personnel.

 

 

Son successeur au perchoir, Dioncounda Traoré, s’est distingué par son habileté dans la direction des débats, son sens des équilibres entre majorité et opposition. Celui qui fut le président par intérim de la Transition, a géré des séances particulièrement houleuses en sachant dompter les ardeurs des uns et des autres, et lâcher la bride à l’occasion au point d’irriter parfois sérieusement les siens. Konimba Sidibé, un rude contradicteur de la majorité, reconnaissait souvent : « nous sommes satisfaits de la façon dont vous dirigez les débats ».

 

 

Konimba Sidibé, lui aussi, manquera, notamment lors de la discussion de la loi de finances. Certains estiment ainsi que c’est sur son insistance que l’exécutif a fini par intégrer au budget les ressources de la vente de 51% des actions de la Sotelma.

 

 

Des habitués de l’institution estiment néanmoins que l’absence qui sera la plus remarquée est celle du député élu à Gao, Assarid Ag Imbarcaouane. Il est la mémoire de l’institution, confiait un cadre de l’Assemblée. Assarid Ag Imbarcaouane passait pour connaître sur le bout des doigts le règlement intérieur. Réélu régulièrement depuis 1992, il était celui qui maîtrisait le mieux le travail parlementaire. C’est aussi lui qui assurait le suivi des dossiers avec les ACP-UE.

 

 

Trois grands juristes qui avaient marqué la législature sortante manquent aussi à l’appel : Mountaga Tall, Kassoum Tapo et Amidou Diabaté. Chacun d’eux avait le talent d’éclairer la plénière quand le débat se faisait trop technique. Me Tapo s’était fait un nom au sein de l’Union interparlementaire africaine. Il avait aussi fait montre d’une grande capacité d’analyse des textes sensibles. Amidou Diabaté est l’un des rares élus à avoir fait passer une proposition de loi. Son texte concernait le code domanial. Me Tall savait intervenir sur les grandes questions, clarifier le contexte et se montrer convaincant.

 

 

Témoré Tioulenta et Ibrahima Lanséni Coulibaly élus respectivement à Ténenkou et en Commune V ont activement animé la commission de l’éducation, de la culture et des nouvelles technologies de l’information. Témoré Tioulenta mettait tout le monde d’accord sur les questions de forme tandis que Ibrahima Lanséni Coulibaly brillait par son esprit de synthèse. Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura restera, elle, comme l’inlassable militante du respect du genre dans les débats tandis que Mme Dicko Fatoumata Dicko insistait sur le suivi des recommandations de l’Assemblée nationale.

A. LAM

 

SOURCE: L’Essor
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