Assemblée nationale : LA MATINEE DES QUESTIONS ORALES

Deux ministres étaient hier devant les élus de la nation pour répondre à des interpellations sur les infrastructures de transport dans la région de Kayes et sur les engrais présumés de mauvaise qualité

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La plénière du jeudi 18 juin et jours suivants de la représentation nationale avait quatre points  à son ordre du jour : l’adoption des procès-verbaux des séances plénières des 16 et 30 avril 2015 ; les questions orales des députés Mahamadou Hawa Gassama et Bakary Koné, adressées respectivement aux ministres de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement, Mamadou Hachim Koumaré et du Développement rural, Dr Bocari Tréta. Sont également inscrits à l’ ordre du jour des délibérations sur des projets de loi et des communications.
Ce sont surtout les questions orales qui ont marqué la matinée de la plénière d’hier. Mahamadou Hawa Gassama, député URD élu à Yélimané, a interpellé le ministre de l’Equipement et des Transports et du Désenclavement sur la situation des infrastructures routières et ferroviaires de la région de Kayes. Il voulait savoir ce que préconise le département du ministre Koumaré face à la dégradation du pont de la capitale des rails ; à quand un deuxième pont pour la ville. Le député élu à Yélimané voulait également savoir la date à laquelle l’aéroport de la ville sera rouvert au trafic, après sa fermeture due selon lui à la rébellion. La situation de Transrail-SA était aussi une des questions posées par l’élu qui a enfin interpellé le ministre sur certains axes routiers de la région, notamment les routes Nioro-Yélimané, Dialaka-Yélimané, le bitumage de l’aéroport de Yélimané, ainsi que celui du tronçon Barouéli-Tamani.
Le ministre de l’Equipement, des Transports et du Désenclavement était dans le sujet. Il a répondu point par point aux interrogations du député. L’état avancé de dégradation du pont de Kayes qui a été réalisé entre juin 1997 et février 1998 pour un coûté de 2.8 milliards Fcfa, Mamadou Hachimi Koumaré l’explique par le passage de plus 60 % du fret malien par le corridor Bamako-Dakar suite à la crise politique de 2002 en Côte d’Ivoire et la réalisation du corridor Bamako-Dakar par le nord entre 2001 et 2005. Le ministre Koumaré dira que la surcharge à l’essieu enregistrée à Diboli est la plus élevée (38.56 tonnes) sur l’ensemble des corridors du Mali. Il portera par la même occasion à la connaissance des députés que la route Bamako-Dakar par le nord ainsi que celle du Pont de Kayes viennent d’être réhabilitées pour un montant de 21 milliards Fcfa.

900 MILLIONS DE FCFA. L’ouvrage a été ausculté pour mieux diagnostiquer les problèmes afin de les résoudre. Des missions techniques ont été organisées dès l’apparition de nouvelles dégradations dues essentiellement aux passages des convois spéciaux. Des travaux de réparation d’un montant de 464.188.407 Fcfa ont démarré en mai dernier et s’achèveront en août prochain. Déjà en 2014, dira le ministre, des travaux d’entretien et de réparation ont été réalisés à hauteur de 431.0250.55 Fcfa. En résumé, c’est un montant d’environ 900 millions de Fcfa qui a été investi par l’Etat dans l’entretien du Pont de Kayes.
La réalisation d’un deuxième Pont à Kayes est estimée à 30 milliards Fcfa. Dans le cadre du partenariat public privé (PPP), le département de l’Equipement des Transports et du Désenclavement est en discussion avec certains partenaires pour la construction d’un 2eme Pont sur le fleuve Sénégal à Kayes précisera le ministre. « En tout état de cause, mon département poursuivra et intensifiera les efforts pour que ce 2ème pont à Kayes soit une réalité dans les meilleurs délais», rassure le ministre Koumaré. Concernant l’aéroport de la ville, le ministre Koumaré a été on ne peut plus clair : « l’entreprise chargée des travaux de finition s’est engagée à terminer les travaux en fin juin 2015. (…) Nous avons fixé le mois de juin, afin de permettre aux compagnies aériennes de pouvoir faire des vols pendant la saison des vacances ».
On ne peut pas parler de la région de Kayes et passer sous silence la question des rails. Mahamadou Hawa Gassama a interpellé le ministre sur les «  mesures que son département préconise pour assurer aux populations et à leurs biens le trafic adéquat. « A quand la fin du calvaire », a voulu savoir l’honorable Gassama ? Après avoir fait l’historique de Transrail, le ministre a explicité les difficultés que la société rencontre. Il a développé un schéma institutionnel convenu par le Mali et le Sénégal et approuvé par les PTF. La mise en œuvre de ce schéma suit son cours dira le ministre qui a reconnu qu’il « y a des problèmes juridiques à résoudre par les avocats recrutés en la matière. Notre souhait est de terminer ce processus avant la fin de l’année 2015 ».

DES SIMPLES ALLEGATIONS. Répondant à la question relative à la réfection de certains axes routiers de la région, notamment les routes Nioro-Yélimané, Dialaka-Yélimané promis par le candidat IBK, le ministre a assuré qu’aucune promesse de campagne du président IBK ne sera oubliée. Certains tronçons dont ceux soulignés par le député font partie des priorités du département, a rassuré Mamadou Hachimi Koumaré.
La seconde interpellation est celle du député du groupe parlementaire Adema-Asma, Bakary Koné, élu à Koutiala, au ministre du Développement rural. La batterie de questions posées par le représentant tourne surtout autour de ce qu’il convient d’appeler l’affaire des engrais de mauvaise qualité.
La question est revenue sur plusieurs lèvres et a fait couler beaucoup d’encre dans certaines rédactions. D’ailleurs plusieurs journalistes et de citoyens lambda ont pris d’assaut la salle Modibo Keita. Bocari Tréta a souligné que son interpellation ne se fonde que sur des allégations produites dans un mémorandum par un fournisseur d’engrais de la place, mécontent de n’avoir pas été choisi par le GIE coton au profit d’un concurrent. Dans ce document « le fournisseur dénonciateur analyse l’impact de la mauvaise qualité de l’engrais de son concurrent sur le rendement théorique attendu à l’hectare à environ 40-50% et la perte en productivité à 500kg à l’hectare. Il estime la part du marché dudit fournisseur à 40.000 tonnes d’engrais qui représentent une quantité suffisante pour fertiliser environ 260.000 ha. » Le manque à gagner occasionné par la perte de 500kg/ha pour un objectif d’emblavures de 260.000 ha va provoquer une chute de la production cotonnière de 130.000 tonnes soit environ 40 milliards Fcfa à raison de 235 Fcfa le kg de coton, selon l’auteur de la note.
Bocari Tréta estime qu’il ne peut pas fonder une conviction à partir des seules prétentions d’une partie dans un domaine hautement concurrentiel. Et c’est ce qui lui a valu « le lynchage médiatique, outrancier, les insinuations, les calomnies, les dénigrements et insultes de tout genre ».
Concernant la passation du marché des engrais en zone CMDT/OHVN, le ministre précise que ni lui, ni son cabinet ne participent ni à la préparation des DAO, ni au lancement et encore moins à l’attribution des marchés des engrais. « Je le déclare solennellement devant Dieu, en ce jour béni du carême, devant vous les représentants de la nation et devant tout le peuple malien qui m’entend » a dit le ministre Tréta qui précise que c’est un GIE qui organise le processus d’approvisionnement en engrais en zone CMDT/OHVN.
Contrairement à ce qui se dit, c’est son département qui a pris la décision de mener les opérations de contrôle de qualité des engrais, affirme le ministre Tréta.
Il a invité les députés à mettre sur place une commission d’enquête parlementaire pour tirer au clair cette affaire qui semble lui empoisonner la vie. Nous reviendrons les autres sujets abordés dans la plénière dans nos prochaines éditions.

G. A. DICKO

source : L’ Essor

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