Après Tenenkou, l’Etat va-t-il abandonner Macina?

Nos parents de Tenenkou, les cadres dévoués de ce cercle dont les camarades Hamady Dicko, Témoré Tioulenta, Bocary Treta, Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura et les Honorables Abdramane Niang et Amadou Cissé sont aujourd’hui les plus en vue, se sont battus pour cette ville et ce cercle, ont presque battu le pavé, légitimement, pour que l’Etat s’assume et joue sa partition  régalienne dans la préservation de la sécurité des personnes et de leurs biens dans cette contrée. Rien n’y fit! Abandonnée à elle- même, la ville s’est vidée de son Administration, ensuite, de sa population.

Djiguiba Keita politicien parti parena ppr opposition

Macina est à moins de 100 km de Tenenkou, à l’Ouest. Depuis six (6) mois, le Collectif des Associations de Développement du Sahel Occidental (CADSO), regroupant le District de Bamako et les cercles de Kayes, Yélimané, Nioro, Diéma, Banamba, Nara, Niono et Macina, a décidé de tenir dans cette dernière ville un Forum de la jeunesse du CADSO. Appuyée et encouragée par le ministre de la réconciliation nationale, l’initiative a bénéficié de financements adéquats et les dates du 21 au 24 janvier 2016 ont été retenues pour l’événement. Quelle ne fut la désagréable surprise de tous et l’indignation de certains en apprenant, tôt le matin du19 janvier, que l’activité est reportée sine die, pour des raisons de sécurité !!!

 

Nous autres pointons du doigt, bien entendu, le pilotage à vue qui caractérise le régime et la gestion du pays à la petite semaine, la mauvaise gouvernance en somme. Gouverner, c’est prévoir. Qu’un tel événement fût  reporté après évaluation de la sécurité deux semaines avant, cela pouvait se comprendre. Mais à 48 heures des festivités, annuler l’événement sans aucun nouvel élément de préoccupation, sauf la couardise et le manque de courage à prendre ses responsabilités, ce n ‘est pas acceptable.  La théorie du repli tactique ne peut plus continuer à prospérer! Les forces armées et de sécurité, informées et préparées des semaines durant ne peuvent pas ne pas être capables de rassurer la jeunesse du Mali rassemblée à MACINA. Si cela est, c’est la faute aux Gouvernants!

Cet événement survient à la veille de la fête de l’armée, une armée et des forces de défense et de sécurité que des discours officiels d’autosatisfaction chantent l’équipement et les tenues d’apparat. Mais en réalité, ceux qui ont la charge de nous protéger et de nous sécuriser travaillent en général dans des conditions primaires. Ils sont soit sans gilets pare-balles, soit sans fusils, soit, dans des patrouilles à bords de véhicules bondés d’hommes dont un seul a une arme et qui tombent le plus souvent en panne sèche.
En mars 2012, à 10 jours du coup d’Etat le plus stupide perpétré par des SOUDARDS sous nos tropiques, ceux qui étaient autour de la table du Conseil des Ministres avec moi se rappelleront que j’ai proposé, dans une Communication Verbale, la mise en place de brigades de vigilance, formées par des jeunes instruits par des militaires expérimentés, dans nos villes et campagnes afin que l’armée soit envoyée en renfort au Nord. C’était au lendemain d’une attaque de Tenenkou.

 

Et il n’est pas tard, pour le Mali, d’apprendre à ses enfants à se battre.  Ainsi, à côté du folklore de “la mobilisation de la jeunesse à la culture de la paix  et à la citoyenneté” , nous devons apprendre à nos enfants – à la faveur de la relance du SNJ – à se battre, et à savoir défendre l’intégrité territoriale de la terre que leur ont léguée leurs ancêtres.

 

En effet , la défense du peuple par le peuple en arme est la seule défense qui vaille! Mais pour ce faire, il faut ne pas avoir peur du peuple en arme. Or, il faut être exemplaire pour ne pas avoir peur du peuple en arme. Tel n’est pas le cas au Mali sous le l’actuel régime: la vertu a foutu le camp! C’est le temps des dépenses de prestige et des dépenses irresponsables. Ainsi s’explique que le budget de la présidence de 9,3 milliards en 2014, ait été porté à 14,600 milliards en 2015 (soit l’équivalent du budget des dix principaux hôpitaux du pays) et 19, 3 milliards en 2016! Ainsi s’explique que le budget des forces armées et de sécurité, de 281 milliards en 2015, ait été ramené à 213 milliards en 2016. Comment peut-on expliquer une telle diminution au moment où l’Etat est inexistant dans les faubourgs de nos villes et campagnes parce que nos hommes en armes ne sont pas adéquatement équipés ???

 

Macina est ainsi en voie d’abandon, comme Tenenkou, pour cause d’insécurité. Et on devient encore plus indigné quand  on apprend qu’il ne faut que 100 éléments pour sécuriser le Forum de la Jeunesse du CADSO à Macina! Que fait-on de la mission régalienne de l’Etat? A quoi servent les ministères de la sécurité et de la défense? Pour un pays qui veut restaurer l’intégrité de son territoire, est-ce par ces incessants abandons de ses prérogatives de souveraineté que l’objectif va être atteint?

 

Si en décembre 2015 le chef de l’Etat avoue (enfin!) dans Jeune Afrique qu’en accédant au pouvoir il n’avait pas imaginé l’immensité de la tâche qui l’attendait, on n’est pas sûr qu’à  ce jour il ait pris la vraie mesure de l’inexistence de l’Etat sur  (au moins) les 3/5 du territoire national. La capitulation de l’Etat face au “risque encouru” à Macina peut n’être que la face visible de l’iceberg, faisant du MALI un pays sans Etat, où tout peut arriver à n’importe qui, sans pouvoir compter sur qui que ce soit.

 

Mais, n’étant  pas de la race de ceux qui ne croient pas en la lutte pour relever les défis, je dis: “Peuple du Mali, lève-toi, bâts-toi et exige des gouvernants qu’ils s’assument  et te protègent ou qu’ils dégagent », car, nul n’est indispensable !

  Bamako, le 20 janvier 2016
Djiguiba Keita/PPR

Ressortissant de MACINA 

 

source : La Rédaction

Vous aimez nos articles, suivez-nous

Articles similaires.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *