Après OTL, quelles erreurs à ne pas commettre pour Mara

Oumar Tatam Ly (OTL) aurait-il fait un meilleur ministre des finances qu’un Premier ministre ? La question mérite d’être posée…

 

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Tout le monde est unanime sur les compétences du banquier que reste Oumar tatam Ly. Si son profil de cadre réputé de la BCEAO rassurait les bailleurs, la veine populaire de Moussa Mara, ajouté à son brillant intellect, devrait l’aider dans sa nouvelle tâche de premier ministre. Mara aurait encore pu affuter ses armes au gouvernement en tant que ministre pour quelques mois de plus. Mais l’histoire politique a pris un tour que personne n’attendait, et qui ne surprend pas ceux qui connaissent bien Oumar Tatam Ly qui sort digne de cette expérience, au combien risquée, de Premier Ministre en terre africaine du Mandé.

OTL, c’était un bosseur, un adepte de la rigueur, du travail bien fait, sans familiarité, ni connivences. Dans un pays, où tout ou presque se gère dans le social, il faut mettre beaucoup d’eau dans son vin. Voire tirer celui-ci et le boire. Avec OTL, c’était du tout ou rien. Le sacerdoce du résultat. Car l’homme voulait du résultat, remuer cette administration exsangue qui se relève d’une crise, en renflouant les caisses. Hélas, OTL n’aura pas pu remplir le coffre fort du Budget national comme il l’aurait souhaité. S’il était la caution morale des bailleurs internationaux, une combinaison difficile avec ses pairs du département des finances, n’aura pas aidé le plan à devenir effectif. OTL aurait’il alors fait un bon ministre des finances, plutôt qu’un PM effacé et sans marge de manœuvre, la question mérite d’être posée.

Bon casting

Pour son successeur Moussa Mara, comptable de profession, la question devient politique à 200%. Comment rassurer les bailleurs, en calmant l’arène politique, en courtisant les barons du RPM, en s’inscrivant dans la continuité du programme du Président. Le tout avec un soupçon de zèle, mais une loyauté sans failles au premier magistrat du pays. Car en politique, il faut savoir composer. Apprendre à patienter et à avaler des couleuvres, sous le regard en biais des adversaires, qui n’attendent que votre chute. Il faut savoir caresser le chien qui aboie et amadouer le chat qui se faufile entre vos pattes. C’est tout l’art du caméléon qui n’hésitera pas à se jeter dans un marigot politique en perpétuelle ébullition.

Mara, c’est aussi l’homme des religieux. Il est intéressant de constater que dans son agenda quotidien, qu’il met volontiers à la disposition de ses amis sur les réseaux sociaux, il y prévoit des visites régulières aux autorités religieuses et sans qui on ne peut contenir, des foules prêtes à crier au scandale, à la moindre incartade. Qui peut oublier l’épisode fatidique du code de la famille où ATT recula devant un stade du 26 Mars plein à craquer. Avec Mara, IBK prend un nouveau pari, pas sans risques, celui de pouvoir continuer à restaurer ce Mali encore fragile, ce Mali où tout est à faire, ce Mali, où la confiance doit à nouveau régner. Ce Mali, où la dignité, l’honneur et la vraie solidarité, redeviendront des valeurs ancestrales et non des cohésions de façade.

Parions donc sur cette nouvelle équipe gouvernementale, le premier attelage ayant comporté quelques maillons faibles, il serait souhaitable de pouvoir s’en référer à un casting de choc, pour relancer l’honneur du Mali et cela pour le bonheur des Maliens… N’est ce pas pour cela que Kankélétigui a été élu ?

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