Appel à candidature pour le poste de DG de l’AMRTP : Le ministre Choguel Maiga décidé à couvrir sa mauvaise gestion de l’Agence. Six cadres de l’AMRTP et de la Sotelma shortlistés contre 33 postulants

Le départ du Dr. Choguel Kokalla Maiga pour le gouvernement de Modibo Keita, laissant vacant le poste de Directeur Général de l’Autorité Malienne de Régulation des Télécommunications/TIC et Postes (AMRTP) remet sur le devant de la scène, la question des nominations des cadres aux hautes fonctions de l’Administration. Véritable baromètre d’équité et de transparence, les modalités d’attribution des postes à grandes responsabilités ont tout le temps été décriées au Mali. L’arrivée de Oumar Tatam Ly à la primature avait donné l’espoir de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Puisant dans sa riche expérience des Organisations Internationales où le processus de recrutement est normalisé, il a pris une note pour assainir le recrutement dans l’Administration. Qualifiée de révolutionnaire, la note N°001 PM-CAB avait jeté les bases d’une remise sur les rails du pays. Pourquoi elle n’a jamais été appliquée à la lettre? IBK attendu pour sévir.

 

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Après plusieurs années de pratiques opaques à toutes les échelles de l’Administration, il est plus qu’urgent de changer de fusil d’épaule. Le coup d’Etat du 22 mars est intervenue pour sonner le glas d’un régime qui a causé sa propre perte en ayant érigé le népotisme et le clientélisme en institution. « Plus jamais ça », chantent en chœur des maliens patriotiques et avertis.

Malheureusement, les prémices du vent de Justice et d’équité qui avait soufflé au Mali aux premières heures qui ont suivi l’élection du Kankelen Tigui se sont transformés aujourd’hui en une brise incapable de répondre aux aspirations du Peuple. Plus d’une année après l’élection d’IBK à la magistrature suprême, les procédures de recrutement dans l’Administration n’ont pas changées.  Et pourtant, l’espoir s’était ravivé avec le choix de Oumar Tatam Ly à la Primature. 

Ce que stipule la note 001 PM-CAB d’Oumar Tatam Ly

Cette note concerne « les conditions et les modalités de mise en œuvre de l’appel à candidature en vue de pourvoir les postes de Directeur ». Les structures visées sont les « établissements publics à caractère administratif, les établissements publics à caractère scientifique, technologique ou culturel, les établissements publics à caractère industriel et commercial, les établissements publics à caractère hospitalier, les projets et programmes nationaux ».

Quant à la procédure de sélection, « le Ministre concerné doit préparer et faire publier un avis d’appel à candidature pour le poste à pourvoir. Cet avis doit comporter, le titre du poste; la description des tâches; les conditions générales de travail ; les conditions d’âge, de formation, d’expérience à remplir; les dossiers à fournir; la date limite de réception des dossiers, … ». L’innovation, c’est la mise en place d’une « Commission d’évaluation et de classement des candidats ».

Elle est composée d’un Directeur des Ressources Humaines, d’un Représentant du Ministre en charge du recrutement, d’un Représentant du Ministre chargé de la Fonction Publique, d’un Représentant du Commissariat au Développement Institutionnel, d’un Représentant du Conseil d’Administration lorsqu’il en existe et d’un Représentant de la Direction Centrale du Secteur. La commission procède ensuite de manière discrétionnaire à « l’évaluation des candidats, sur dossier et sur entretien, et à leur classement par ordre de mérite». Les trois candidats arrivés en tête du classement de la commission sont proposés au ministre de tutelle.

L’appel à candidature pour le poste de DG de l’AMRTP

Dès la publication de la vacance du poste, plus de 33 candidatures ont été enregistrées par le ministère contre remises d’accusés de dépôt. A la grande surprise des postulants, sur les 33 candidatures, seuls six seront retenus par le ministre Choguel Maiga décidé à couvrir ses arrières notamment sa mauvaise gestion de l’AMRTP.

Le détournement de plus de six milliards du fonds d’accès universel de son affectation initiale à l’achat des équipements de l’Armée bien que justifiée pour la cause n’en demeure pas moins un détournement au sens des principes classiques du droit budgétaire. Faut-il le rappeler, les fonds du fonds d’accès universel sont destinées à apporter un paquet minimum de télécommunication aux maliens des zones défavorisées où les opérateurs télécoms ne sont pas enclins de couvrir à cause du manque du retour sur investissement. On se rappelle les plaintes de Orange Mali à l’époque.

Pour revenir au recrutement actuel, la short-list du ministre ne comprend que des candidatures internes de l’AMRTP et de la Sotelma. Il faut préciser que les candidatures internes ne sont favorisées que dans le seul cas d’espèce où l’avis d’appel à candidatures n’est  publié qu’à l’interne. Mais dès lors que cet appel a fait l’objet d’appel par voie de presse, toutes les candidatures sont recevables et examinables.

Le poste de DG de l’AMRTP n’est pas un poste technique mais de management indiqué pour des compétences qui ont une vue d’hélicoptère sur l’ensemble de la problématique de la régulation que sont les télécommunications, internet et les droits qui leur sont applicables. C’est aussi un poste pour des compétences qui ont un carnet d’adresses dans le domaine des TIC.

Si le RPM est intéressé par l’AMRTP, il devrait plutôt visé le poste de PCA plus politique que celui de DG qui doit échoir à un connaisseur du domaine porteur d’ambition, qui est à même de rattraper le retard accusé dans le développement des TIC, de la vulgarisation, de la réduction des coûts et de la bande passante internet au Mali.

La chance est donc donnée à l’Administration d’IBK de rectifier le tir et de rompre définitivement avec les pratiques qui ont causé la perte du régime ATT. Depuis la formation du  nouveau gouvernement, celui de Modibo Keita, le poste de Directeur Général de l’AMRTP est vacant de même que celui de Directeur Général dont le titulaire a personnellement démissionné pour motif de mauvaise gestion de l’AMRTP.

Le Dr. Choguel Kokalla Maiga, responsable du poste est désormais le Ministre de l’Economie numérique, de l’Information et de la Communication, porte-parole du Gouvernement. Pour l’intérêt exclusif du pays, une aussi importante structure comme l’AMRTP doit voir à sa tête un expert ou un technicien dans le domaine des télécommunications, des TIC ou du Droit des Technologies. Il s’agit d’un poste qui ne doit aucunement faire l’objet de convoitises politiques abjectes, surtout de la part des politiques, du pouvoir ou de l’Opposition.

Nous vivons une époque où les technologies sont considérées comme un raccourci pour le développement. Le Mali, pour être à la hauteur des nouveaux enjeux géostratégiques surtout de l’utilisation des technologies pour la sécurité, l’équipement et la modernisation de l’Armée ne doit ignorer cet aspect.

Il suffit de jeter un coup d’œil dans quelques pays de la sous-région pour se rendre compte du retard qu’accuse notre pays, qui fut pourtant, pionnier dans le plaidoyer pour la promotion des télécommunications et des nouvelles Technologies. L’organisation de la Conférence internationale de Bamako 2000, internet les passerelles du développement, de la Conférence régionale africaine préparatoire du sommet mondiale sur la société de l’information, de la présidence du groupe africain et celle des Prepcoms pour le sommet sont autant d’évènements que le Mali a organisés.

Au Sénégal voisin, on est déjà à la 4G, quand le Mali est toujours à la 3G+.  Le poste de DG de l’AMRTP s’il est confié à un fin connaisseur des TIC, sera hautement bénéfique pour notre pays. A défaut, que Dieu nous en préserve, s’il est octroyé à une personne ne connaissant ni d’Adam ni d’Eve, les attributs du poste, uniquement dans le sinistre dessein de recaser les cadres de tel ou tel parti politique, ce serait la catastrophe assurée.

Ahmed M. Thiam

(Encadré)

Missions de l’AMRTP

  • Veiller sur les intérêts nationaux en matière de télécommunications/TIC et postale ;
  • Veiller au respect du principe d’égalité de traitement des opérateurs des secteurs des télécommunications, des TIC et des postes, et au respect des exigences essentielles ;
  • Veiller au respect du principe de neutralité technologique en matière de télécommunications/TIC;
  • Assister le Ministre en charge des télécommunications/TIC et des postes notamment dans la préparation de la réglementation, la protection des usagers en matière de télécommunications/TIC et en matière postale, et la rédaction d’avis et de propositions relatifs aux matières sus citées;
  • Veiller au respect des normes environnementales et sanitaires en matière des télécommunications, des TIC ;
  • Veiller au respect de la réglementation applicable aux secteurs régulés, notamment en assurant le contrôle et la surveillance des activités des acteurs  desdits secteurs et plus particulièrement, sans que cette liste ne soit exhaustive : le contrôle du respect des cahiers des charges des titulaires de licence , des contrats de concession et de toutes autres obligations leurs incombant, sanctionnant les violations et les manquements aux obligations visées dans les cahiers des charges des opérateurs, dans la loi et les règlements en matière de télécommunications/TIC et de postes.

 

  • Il est à souligner que le domaine de compétence de la nouvelle entité est élargi aux secteurs des  technologies de l’information et de la communication(TIC) et des postes.

Source: Inf@sept

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