Affaire 27 milliards de Soumaïla Cissé à l’UEMOA : Au-delà des passions !

Pour la  première fois, Soumaila Cissé est mis à rude épreuve, notamment par rapport à sa gestion de l’instance économique communautaire dont il a assuré la présidence de 2004 à 2011. Si l’eau est loin de commencer à couler sous les trois ponts de Bamako , reste que la sortie du RPM aura attiré l’attention et distrait le chef de file de l’opposition et l’ensemble de son camp dans leur entreprise de déstabilisation du régime.

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En mission au Parlement Panafricain du côté de l’Afrique du Sud, Soumaila Cissé ne pensait pas faire le buzz à pareil niveau. L’article du confrère sénégalais l’Observateur (n°3781 du Samedi 30 Avril 2016) aura sans doute perturbé la quiétude – à défaut de couper le sommeil – du principal rival d’IBK, qui voit sa réputation écorchée depuis qu’il est chef de file de l’opposition. De l’offensive Soumi Champion, député élu à Niafunké, est donc passé à la défensive à travers un droit de réponse deouis Johannesburg où il se trouve en session du Parlement Panafricain. On y apprend que ces incriminations ne sont pas une première car en 2011, la même question donnait lieu à un accrochage similaire avec le même organe de presse sénégalais.

Indiquant réserver la moitié des 27 milliards qui lui sont attribués à l’auteur de l’article, le patron de l’opposition n’as pas fait dans la langue de bois pour apporter  un démenti au compte bancaire  ECOBANK qui lui été attribué et où seraient logés les fonds en question. Son démenti a été pour le moins corroboré par les propos du Directeur local de la BCEAO, qui a également confié à nos confrères du 22 Septembre ne pas être au courant d’un quelconque au nom de Soumaïla Cissé.

Si un individu ne peut commanditer pareil transaction à une institution du calibre de la BCEAO, ce sont 3000 sur 8000 forages qui ont été réalisés durant son mandat.  Tout en se félicitant de la validation de sa gestion par l’organe habilité qu’est le conseil des ministres de l’UEMOA, Soumaila Cissé rappelle par ailleurs  le quitus du 2 juillet 2015 portant sur la bonne gestion de la commission sous sa présidence.

Mais un détail aura échappé à peu d’observateurs, à savoir : les allusions utilisées dans la réplique du genre «certains cercles politiques qui utilisent l’affaire sans discernement ». L’énoncé vise sans doute la sortie prématurée du parti présidentiel, le RPM, qui en a fait ses choux gras avant même la réplique du chef de file de l’opposition à la publication du journal sénégalais. Une précipitation d’autant plus intrigante que le parti présidentiel s’est illustré par un silence de cimetière lorsqu’n son temps  le BIPREM avait secoué l’image de son porte étendard par une accusation de ‘’haute trahison’’.

D’autres formations comme l’UM-RDA lui ont à l’époque ravi la vedette à  un point tel que l’opinion a pu se rendre compte de la tension entre le Chef de l’Etat et son ex-ministre Bokary Tréta, fraîchement débarqué à la grande surprise.

Ce dernier, qui est à l’origine du communiqué demandant des explications au chef de file de l’opposition, n’a pu organiser le congrès tant attendu  depuis 3 ans censé se tenir au mois de Mars, en plus de s’être mis à dos les alliés de la majorité présidentielle. Des partis comme l’ADEMA avaient même haussé le ton face à certaines sorties du nouveau PCA de la BMS qui parlait de porter seul le Président IBK pour un second mandat en 2018.La crise de confiance est encore de mise autours des « amis politiques » du RPM.

Or en cette veille de communales  dans un giron politique surchauffé où les pré-campagnes sont  lancées, il est clair qu’après le PARENA, le RPM sera désormais aux prises avec l’URD. L’affaire du « petit monsieur » avait mobilisé l’opposition qui ne va pas se manquer après avoir reporté sa marche pour le 21 Mai, un mouvement à l’origine duquel se trouve le même  Bokary Tréta qui a pourtant fort à faire avec les rivalités connues et affichées au sein de son propre  parti où le Secrétaire Général aspire au poste de président.

S’il est certain qu’une sortie médiatique de Soumaila Cissé sera d’actualité, il est tout aussi  clair que cette affaire sera une tribune idoine pour mettre la CMP à l’épreuve. Le chef de l’Etat a toujours déploré le «silence» de ses alliés et la situation montre que la CMP devra attacher la ceinture face à la fronde politico-sociale qui pointe à l’horizon dans un contexte défavorable.

Se disant prêt à comparaître devant toute juridiction pour tirer au clair cette affaire, l’ancien ministre des Finances, pour sa part, sait bien qu’il joue sa crédibilité. De la présentation des vœux de l’opposition à la dernière rencontre entre IBK et les députés de la majorité, tout annonce que la finale électorale de 2018 sera jouée par les mêmes protagonistes de 2013. Reste à savoir si cette fois, le TAKOKELEN sera de sortie car la déception est de plus en plus grandissante avec un accord de paix bloqué, un front social en ébullition au regard des nombreux préavis déposés et des conflits communautaires qui se propagent dans le pays profond. D’ici là, le retour de Soumaila Cissé est attendu pour faire ressortir certains non-dits de l’affaire qui tente de l’éclabousser!

Droit de réponse à un article de presse : « La France vient de bloquer un transfert de 27 milliards FCFA appartenant à l’ex président de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), Soumaila CISSE.

 

Honorable Soumaila Cisse :

Député à l’Assemblée Nationale du Mali, Parlementaire Panafricain, Ancien

Président de la Commission de l’UEMOA

 

A Monsieur le Directeur de publication du Journal L’Observateur DAKAR Sénégal

Objet : exercice du droit de réponse à un article de presse Monsieur le Directeur,

J’entends, par la présente, faire usage de mon droit de réponse, suite à un article paru dans le journal L’Observateur n° 3781 « du Sam 30 avril & 01 mai 2016 » dont vous êtes le Directeur, conformément à la déontologie de votre métier. Le titre est « à la une » sur trois lignes et le reste en page 3 avec ma photo sur plus de la moitié de la page. En effet, dans le numéro ci-dessus cité, L’Observateur publiait, sous la plume de Monsieur Mamadou SECK, un article dans lequel je suis personnellement mis en cause.

On pouvait en effet y lire: « La France vient de bloquer un transfert de 27 milliards FCFA appartenant à l’exprésident de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), Soumaila CISSE. Une manne financière qui devait quitter les caisses de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pour être logée dans les coffres de ECOBANK…  »

J’apporte ici le DÉMENTI le plus FORMEL et sans ÉQUIVOQUE à ces ALLÉGATIONS. D’abord, je n’ai jamais possédé une telle somme et, si par bonheur, vous trouvez cette somme en mon nom, dans n’importe quelle banque de l’Union ou de la planète, je m’engage à vous en faire cadeau tout en vous demandant de bien vouloir mettre la moitié à la disposition de Monsieur Mamadou SECK pour sa perspicacité.

Ensuite, sachez que les procédures de l’Union n’autorisent pas un citoyen à donner des ordres de virement à notre institut d’émission qu’est la BCEAO. Enfin, je n’ai jamais ouvert un compte dans les livres de ECOBANK, et ce, dans aucun des pays où ECOBANK a une agence.

 

«JE N’AI DONC JAMAIS EU DE COMPTE À ECOBANK»

 

On peut également lire dans le même article:  » Surtout que l’acte de Soumaila CISSE, chef de file de l’opposition malienne, est intervenu au moment où, l’Agence Française de Développement (AFD) réceptionnait 2 l’audit qu’elle avait commandité sur l’argent de financement des forages pour les pays de L’UNION. Et les grandes lignes de l’audit révèlent que plusieurs puits n’ont pas vu le jour dans certains pays membres de l’UEMOA. C’est le cas du Sénégal où 2,5 milliards de FCFA ont été décaissés pour la réalisation de 300 forages. Bizarrement, plusieurs infrastructures n’ont pas vu le jour et d’autres jugées fictives….. »

Pour votre bonne information, le programme du Fonds d’Appui à l’Intégration Africaine prévoyait 8000 forages au total sur lesquels 3000 ont été réalisés sous ma présidence: 450 au Niger, 450 au Mali, 400 au Burkina, 400 au Togo, 400 au Benin, 300 en Côte d’Ivoire, 300 au Sénégal, 300 en Guinée Bissau. Les villages bénéficiaires ont tous été proposés par les ministres chargés de l’hydraulique des différents pays.

Les agences (Agetip, Agetur ou Agetiers…) ont été les maîtres d’ouvrages délégués et ont reçu les financements sur la base de conventions signées entre l’UEMOA, le Ministre des Finances, le Ministre chargé de l’Hydraulique et l’Agence. A ce jour, aucun Etat de l’UEMOA, à ma connaissance, n’a signalé des forages fictifs ni à travers les Ministres des finances ni à travers les Ministres chargés de l’hydraulique. En tout état de cause, je vous prie de noter que le Conseil des Ministres de l’UEMOA qui s’était réuni le 30 mars 2015, à Dakar, sous la présidence de Monsieur Gilles BAILLET, Ministre des Finances Niger, a écrit dans son rapport final je cite:  » …

Le Conseil des Ministres a également examiné l’état de mise en œuvre, a la date du 31 décembre 2014, des observations et injonctions formulées par la Cour des Comptes de l’UEMOA, dans le cadre du contrôle des comptes des Organes, au titre des exercices 2008,2009 et 2010. A ce titre, il a donné décharges de gestion à l’Ordonnateur principal du budget de l’UNION (que j’étais) et au comptable principal des organes de L’UNION… » Le Conseil des Ministres de l’UEMOA qui s’était ensuite réuni le 2 juillet 2015, à Bissau, sous la présidence de Monsieur Saïdou SIDIBE, Ministre des Finances du Niger, a écrit, entre autres, concernant la gestion de la Commission de l’UEMOA: « …. Le Conseil des Ministres a donné décharges de gestion aux ordonnateurs principaux (nous étions 2 mon successeur et moi, puisque j’ai quitté l’UEMOA avant la fin de l’année 2011) et aux comptables principaux pour leurs gestions respectives au titre des exercices 2011 et 2013… »

Ces rapports sont sanctionnés par des décisions et des règlements publiés au Bulletin Officiel de l’Union.

Vous pourrez utilement aussi vous procurez:

  • le Règlement n• 011/2011/CM/UEMOA DU 16 Décembre 2011 signé par le Président du Conseil des Ministres, Monsieur JOSE MARIO VAZ de Guinée BISSAU
  • Le Règlement n• 11/2013/CN/UEMOA du 26 septembre 2013 signé par la Présidente du Conseil des Ministres, Madame BOUARE FILY SISSOKO du Mali qui stipulent à l’article 1: « sont approuvés le compte administratif et le compte de gestion des organes de l’UEMOA de l’exercice 2010 (pour l’un) et 2011 (pour l’autre).
  • La Décision n• 04/2015/CM/UEMOA DU 30 mars 2015 signé par le Président du Conseil des Ministres Gilles BAILLET du Niger.
  • La Décision n• 10/2015/CM/ /UEMOA du 2 juillet 2015 signé par le Président du Conseil des Ministres, Monsieur Saïdou SIDIBE du Niger, qui stipule à l’article 1 : « Décharge est donnée à Monsieur Soumaila CISSE, Ordonnateur principal du budget de l’UNION, au titre de l’exercice 2010 (pour la première décision) et exercice 2011 pour sa gestion du1er janvier 2011 au 29 novembre 2011 (pour la seconde).

Ces Rapports, Règlements et Décisions sont tous disponibles dans les ministères des finances des 8 pays de l’UEMOA, à la BCEAO, à la BOAD et à la Commission de l’UEMOA. Le Conseil des Ministres se réunit tous les 3 mois et comprend 2 ministres par pays dont le ministre des Finances ainsi que le Gouverneur de la BCEAO, le Président de la BOAD, le Président du CREPMF et bien sûr le Président de la Commission de l’UEMOA.

J’ai été membre du Conseil des Ministres pendant plus de 15 ans et j’ai eu la responsabilité d’en être le tout premier président : c’était au tout début en 1994 et en 1995. A moins de remettre en cause la crédibilité des membres des différents Conseils des Ministres de 2004 à 2015, ma gestion de la Commission de l’UEMOA a été jugée SATISFAISANTE de janvier 2004 à novembre 2011, par l’organe habilité à en connaître: le Conseil des Ministres.

EN CONCLUSION

Votre publication reprise par de nombreux médias, tous supports confondus, porte ainsi largement atteinte à mon honneur, à ma dignité et à mon intégrité. Vos allégations, que je considère comme une pure diffamation, portent préjudice à une famille politique dont je suis le leader et à mon titre de chef de file de l’opposition malienne.

Elles portent également atteinte à l’honneur et à la dignité des Maliens qui m’avaient envoyé en mission à l’UEMOA. Vos insinuations font en effet, les choux gras d’une certaine presse voire de certains cercles politiques qui l’utilisent sans discernement. Dès lors, j’exige que L’Observateur publie le présent droit de réponse, et ce, en vertu des dispositions légales. Je remercie déjà tous ceux qui me font l’honneur de m’apporter leur soutien dans cette cabale savamment orchestrée.

 

À tous, je réaffirme que je suis serein face à 4 cette nouvelle vague diffamatoire (votre Journal n’est pas à son premier essai) et je reste, si besoin est, disponible, devant toute autorité compétente, pour renvoyer cette calomnie mourir dans les eaux troubles d’où elle surgit, à période régulière. En vous remerciant pour l’attention que vous porterez à ma demande, je vous prie d’agréer monsieur le Directeur mes salutations distinguées.

JOHANNESBURG

LE 5 MAI 2016

Soumaila CISSE

Source : Le Témoin

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