ADP-Maliba : remettons les pendules à l’heure !

Depuis la création du groupe parlementaire Benso et son ancrage dans la Majorité Présidentielle, les quelques soutiens restant de l’ancien Président de l’ADP-Maliba, Amadou Thiam, tentent de se donner une nouvelle virginité politique. « Amadou avait finalement raison », « ils doivent des excuses à Thiam », répètent-ils en boucle sur les réseaux sociaux. Une manière pour eux de faire oublier qu’Amadou Thiam, trahissant ses camarades politiques pour un strapontin ministériel, avait été chassé de la direction de l’ADP-Maliba comme un malpropre et que ce dernier, tentant de s’accrocher à la Présidence du parti, avait dû se faire traîner devant les tribunaux par ses anciens camarades pour qu’il lâche prise.

 

A l’époque, les trois quarts du Comité Exécutif, avec à leur tête le Président d’Honneur Aliou Boubacar Diallo, avaient exclu purement et simplement Amadou Thiam et Sory Traoré et dénonçaient leur refus d’organiser le Congrès et la tentative de « prendre le parti des mains de ses vrais militants contre un poste de ministre ».

A l’époque, le parti soupçonnait l’ancien Premier Ministre Soumeylou Boubeye Maiga d’avoir fait « rêver les enfants » en leur promettant monts et merveilles. Tout a été tenté pour les ramener à la raison mais les jeunes aux dents un peu trop longues utilisaient en permanence la déclaration du 22 Septembre 2018 d’Aliou Diallo pour justifier leur manœuvre d’entraînement de l’ADP-Maliba dans la Majorité. « J’appelle mes aînés IBK et Soumaila Cissé à dialoguer » disait simplement Aliou Diallo. Et Amadou Thiam et Sory Traoré de sauter sur cette occasion pour multiplier les rencontres avec l’ASMA pensant que ce prince du jour était éternel et qu’il fallait donc lui faire la plus basse des allégeances pour espérer obtenir une part de gâteau. Or la position majoritaire de l’ADP-Maliba était claire. Le parti souhaitait, certes que l’on se donne tous la main (opposition et majorité), mais pour cela il fallait le préalable d’un dialogue national inclusif. Il fallait que tous ceux dont les approches des problèmes diffèrent s’asseyent pour s’entendre sur une feuille de route consensuelle. Et seulement à ce moment pouvait-on parler d’une entrée de l’ADP-Maliba dans un gouvernement. Voilà pourquoi le parti d’Aliou Diallo a choisi de ne pas signer l’Accord Politique de Gouvernance le 2 Mai 2019 et attendra la fin du Dialogue National Inclusif pour le faire.

Amadou Thiam et Sory Traoré pensaient autrement. Pour eux, il fallait faire la politique à la malienne et tout tenter pour entrer au gouvernement dans le seul but de voler dans les maigres ressources de l’Etat. Sinon comment comprendre qu’Amadou Thiam et Sory Traoré, des individus qu’Aliou Diallo chouchoutait au point que tout le monde savait qu’il les payait respectivement 3 millions et 2 millions de FCFA par mois depuis 2016, veuillent autant rentrer dans un gouvernement où ils ne toucheraient que 900.000 FCFA et 400.000 FCFA ? Mais passons sur cela.

Aujourd’hui, l’argument développé par Ras Bath selon lequel ces deux renégats ont été chassés parce qu’ils trahissaient la position du Chérif de Nioro est un mensonge éhonté. Ils ont plutôt été chassés parce qu’ils ont refusé d’attendre le Dialogue National, seule base d’une véritable entente nationale.

De plus, Aliou Diallo ne s’est jamais opposé à leur ascension. Au contraire, il est celui qui a construit de bout en bout ces deux individus. Il les a faits plus jeunes députés du Mali, vice-président de l’Assemblée Nationale, leader politique d’envergure internationale et même Présidents de groupe parlementaire. Il les prenait comme ses enfants. Comme son sang. Tout le parti les portait haut dans leur cœur mais ils ont voulu être cupides et ingrats. Payer des journalistes pour dire le contraire est tellement minable.

Ils se trompent s’ils pensent que l’ADP-Maliba rejoint la Majorité la tête basse. Le parti n’a absolument aucun complexe. Sa démarche était et reste claire : un dialogue d’abord (dialogue durant lequel le parti a brillé par ses idées), un engagement fort du Président IBK d’en mettre en œuvre les résolutions ensuite (à travers une feuille de route consensuelle qui prend en compte toutes les idées du parti) et, enfin, la perspective d’une union sacrée qui fait fi des barrières partisanes afin de sortir le Mali de la crise.

L’ADP-Maliba rejoint donc la Majorité de bonne foi et non par opportunisme. Le parti fait ce choix pour aider le pays à sortir du gouffre et non pour se faire les poches. Qui connaît Aliou Diallo sait que cela est loin de ses idées.

L’ADP-Maliba rejoint la Majorité car pour le parti il n’y a aucune raison de refuser de mettre en oeuvre ce qu’on a contribuer à rédiger. Le pays croule sous les problèmes et, sauf à vouloir enfoncer davantage le Mali, chacun doit jouer son rôle et mettre de côté les egos.

L’ADP-Maliba rejoint la Majorité pour aider le Mali et non pour s’en servir comme l’espéraient Amadou Thiam et Sory Traoré. Tout ce que le parti demande aux maliens est de ne le juger qu’au résultat final de ce choix. De le juger sur la base du résultat et non du spectaculaire et du sensationnel.

Contrairement à beaucoup d’autres partis, l’ADP-Maliba n’a jamais fait de la figuration politique. Pour ne pas être un figurant dans la Majorité, l’ADP-Maliba s’est battue lors des législatives et s’en est sortie avec un groupe parlementaire (composé de plusieurs alliés) dont elle assure la Présidence par le désormais Honorable Aliou Diallo. Qu’en est-il de la fantomatique FDP-Malikoura ? La réponse n’a même pas eu à attendre le verdict de la Cour Constitutionnelle puisque ce parti de circonstance n’a été 5e nulle part. Quel triste sort pour des gens qui affirmaient tenir fermement toute la base de l’ADP-Maliba.

Et pour couronner le tout, il y a fort à croire que l’ADP-Maliba rentrera dans le prochain gouvernement et participera donc CONCRETEMENT à la mise en œuvre des résolutions et recommandations issues du Dialogue National Inclusif. Si le Président de la République décide de porter sa confiance sur des hommes ou des femmes de l’ADP-Maliba pour occuper des fonctions ministérielles, cela se fera avec la tête très haute, fiers et déterminés à contribuer au relèvement du Mali. Pour leur part, au lieu de pousser des journalistes à leur donner une virginité politique, qu’Amadou Thiam et Sory Traoré méditent plutot sur cette image qui leur collera à jamais : les affamés qui furent, un jour, prêts à tout pour un simple poste !

Bourema Coulibaly

Juriste

Militant convaincu de l’ADP-Maliba à Ségou

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