Accord d’Alger : Le parti YELEMA se fait une ‘’religion’’ sur le texte !

L’accord d’Alger a fait couler beaucoup d’encre et de salive avec son lot de rumeurs. Justement,  pour couper  court à certaines de ces rumeurs aux relents de déformation saugrenue que  le leader du parti YELEMA et non moins ancien Premier ministre Moussa Mara a tenu une conférence débat pour expliquer en ‘’français facile’’  le contenu de l’accord. C’était à la faveur  d’un atelier de réflexion du parti Yelema sur l’accord issu du processus d’Alger. Pour la circonstance les délégués du parti du changement venus en grand nombre, ont pris d’assaut la salle Wa Kamissoko  du CICB .

C’est un Moussa Mara hardi, le ton toujours respectueux  qui a pris la parole pour passer au peigne fin l’accord d’Alger. Pour ce faire, l’ancien Premier ministre n’est pas allé  avec quatre chemins afin de faire comprendre aux militants du parti les avantages de cet accord obtenu à l’arrachée après 8 mois de pourparlers à Alger sous l’égide  de la communauté internationale. Pour étancher la soif  des militants du  parti du changement le jeune leader politique a passé en revue la différence qui existe  entre cet accord et les précédents. Selon, Moussa Mara la première rébellion ne concernait que la ville de Kidal, il a fallu quelques opérations militaires pour la contenir. Quant à celle des années 1990, le régime du président Moussa Traoré  s’est vite rendu à l’évidence.  C’est pourquoi pour mettre fin aux hostilités des discussions ont été ouvertes en Algérie qui ont abouti aux accords   de Tamanrasset. Cet accord obtenu en présence du général Ousmane Coulibaly et d’Iyad Aghaly devait déboucher  sur un certain nombre  de mesures. Toute chose qui a nécessité l’implication personnelle du président Algérien  de l’époque Chadli Benjedit ( ami personnel du président Moussa Traoré)  pour faciliter la signature de cet accord. A laquelle, rappelera Mara, la communauté internationale n’était pas associée.

Après, la chute de Moussa Traoré a souligné le président du Yelema, un pacte national dans lequel tous les groupes armés  se reconnaissaient  a été signé avec une innovation première, l’intégration des ex combattants dans les différents corps de l’armée et de l’administration. Là également  a indiqué Moussa Mara la communauté internationale n’était pas impliquée. Ensuite intervient la révolte des casernes  de Kidal de 2006 qui connaitra un règlement à Alger     avec des engagements  des autorités de Bamako.

C’est donc la rébellion de 2012 qui a pris une autre connotation  a poursuivi Moussa Mara, caractérisée par des actions  indépendantistes du MNLA, dont est venu se greffer celles des groupes terroristes et islamistes. Et le résultat est connu de tous. C’est dans ce contexte qu’intervient l’opération Française SERVAL  qui permettra la  libération des villes du nord. Après laquelle et à la surprise générale, la question touarègue  refait encore surface. Pour que les forces gouvernementales entre dans la ville de Kidal  des discussions seront ouvertes à Ouagadougou , sanctionnées par l’accord de Ouaga, un accord que le nouveau régime issu des urnes devait utiliser comme base de travail.  Mais suite aux événements du 21 mai à Kidal  des pourparlers s’ouvrent à Alger et le ministre des Affaires Etrangères de l’Algérie Ramtane Lamrma  en devient le chef de file.  Et cette fois-ci, a ajouté Mara c’est l’ensemble de la communauté internationale qui est impliquée     à savoir la CEDEAO, l’UA, l’UE , la France, les USA , le Tchad, le Niger , le Nigeria , le Burkina Faso et  même le Maroc qui entretient pourtant des relations tendues avec l’Algérie à propos du Sahara Occidental. Fait rare, dira Mara, un comité de suivi piloté par la communauté internationale a été mis en place pour surveiller la bonne application des dispositions de l’accord. Le premier avantage que le Mali tirera de cet accord a expliqué Moussa Mara à ses militants c’est le fait qu’il permettra de faire le distinguo entre les groupes armés qui revendiquent le sous- développement du nord  et les narco-djihadistes qui écument encore cette partie du sahel et qui pour mener à bien leurs sales besognes utilisent souvent le fanion des groupes armés opposés à Bamako.   Une autre particularité de cet accord selon le leader de YELEMA, c’est qu’il prend en compte les questions de gouvernance locale  qui est la préservation  de la diversité de la nation  et surtout un gage pour mettre un accent sur la lutte contre la corruption, le trafic de drogue  et le terrorisme.

«  L’accord accorde une grande part à la décentralisation, les questions politiques et institutionnelles, les questions  sécuritaires avec un dispositif  sécuritaire présent sur l’ensemble du territoire et bien adapté et qui travaillera en bonne intelligence avec les forces internationales déployées sur le terrain » affirme le leader du parti du changement. Avant de poursuivre qu’il aborde également les questions de développement  qui sont à l’origine des révoltes.

Mara au cours de sa communication  n’a pas manqué  de revenir sur l’intégration de certains des ex combattants  qui selon lui donnera lieu à des dérapages avec l’intégration de certains intrus.   Durant, cette conférence débat qui a pris l’allure  d’un véritable éclairage des lanternes, l’occasion a été donné aux délégués de poser toutes les questions qui leur semblent pertinentes sur l’accord. Auxquelles le  patron de YELEMA, avec preuves, hypothèses et logiques,  a répondu.  Etant donné qu’aucune œuvre humaine n’est parfaite Mara de dire à ses militants que l’essentiel a été préservé, car a-t-il martelé, cet accord ne remet pas en cause l’intégrité territoriale du Mali, la laïcité et la forme républicaine  de l’Etat. Que faut-il de plus ?

Badou S. Koba  

source : Tikan

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