A la conférence de presse des deux ans. : «Je n’ai pas compris que les Maliens voulaient que je vienne comme Maréchal de l’Armée malienne pour prendre la tête d’une Armée de conquête

Elu en septembre 2013 à la tête du Mali, le Président Ibrahim Boubacar Keïta boucle ainsi l’an II de son premier quinquennat. L’heure étant aux bilan et perspectives, le Président a accordé une grande interview télévisée à nos confrères de l’Ortm et Africable, le 4 septembre dernier.

ibrahim boubacar keita ibk president discoursSelon l’avis de tous, si les Maliens dans leur majorité ont porté IBK au pouvoir, c’est pour mettre fin à la grave crise sans qui sévit dans le pays depuis mars 2012. Deux ans, après une victoire comparable à la « soviétique », celui sur qui les Maliens comptaient même s’il n’a aucun chiffre à donner sur le niveau de progression de son programme, n’est pas sans mot. Economiquement, « le pays bouge et avance », croit le Président avec un PIB de 7% selon lui. De par son initiative de développer et de moderniser l’agriculture malienne, « plus de 15% du budget d’Etat ont été affectés dans ce domaine », a-t-il fait savoir.

Pour la formation des jeunes, le président laisse entendre qu’il vient de poser la première d’un institut de formation des maîtres dans la région de Sikasso. Qu’à cela ne tienne, la mise en place de plusieurs autres instituts et centres de formation est l’une de ses priorités.
Du chômage des jeunes, le Président qui remue la tête reconnait que c’est un problème majeur auquel il faut s’attaquer…A la question de savoir ce qui a été concrètement fait pour relever l’outil de défense nationale, le président qui avait promis une Armée redoutable aux Maliens avec un loi d’orientation et de programmation militaire à coût de milliards, fait un tour d’horizon :« Vous savez, j’avais dit que ceux qu’on avait vu dans les rues de Gao au moment de l’intervention de serval, des troupes déguenillés, des soldats sans chaussures et sans casques évidemment, bref la misère. Ce n’est pas de l’émotionnel
pour l’émotionnel. Je pense que la chose avait ému tout malien digne de ce nom et moi j’ai pris l’engament que si je bénéficiais de la confiance de nos concitoyens, plus jamais le soldat malien ne manquera du minimum nécessaire sur le champ de bataille, et ce pari est élu.»

Concrètement, qu’est-ce qui a été fait ?

Le Président répond : « Quand il y avait un défilé militaire, quand il y avait des honneurs à rendre dans tel ou tel corps de l’Armée, les hommes venaient dépenaillés, les uniformes étaient déchirés et de couleurs différentes. Tout cela n’est pas la fierté de soldat. Je pense qu’aujourd’hui, on peut, en toute honnêteté et objectivité dire qu’avec les trois tenues dont dispose chaque soldat malien, il se sent de nouveau soldat et fier de l’être. Je crois que c’est cela qui compte. »

Outre la formation des bataillons de l’Armée réalisée par la mission européenne (EUTM), le Président ajoute sans précision que l’Armée reçoit des équipements lui permettant d’effectuer des missions
résiduelles. Gageons que les efforts tant vantés par le Président en faveur de l’Armée que les Maliens auraient aimée voir bien équipée pour faire face à la recrudescence des menaces et violences, ont du
mal à se faire sentir. Mais pour le Président qui ne parle ni de blindés ni d’hélicoptères encore moins d’avions de chasse ou de bombardiers, « ce n’est pas la rhétorique et la théorie quand un
soldat a un nouvel uniforme, des 12-7 et de 14-5 dont la puissance de feu a de la signification pour le militaire. Ce qui est sûr, ma tâche régalienne dans ce domaine est en train de se faire jour après jour. Et ceux qui m’entendent qui sont les premiers concernés savent de quoi je parle.»

Trop de voyages à l’étranger

« J’ai pris mon bâton dès mon arrivée aux affaires pour aller dire à nos amis ce que nous voulons et où nous voulons aller, explique le Chef de l’Etat. Et pas pour faire le tourisme. Il fallait contrecarrer les thèses erronées contre le Mali ».

Changement de cap
De l’homme de poigne dont les Maliens croyaient décisif pour en découdre avec l’ennemi, IBK qui ne voulait pas dialoguer avec des hommes en arme finit par se repentir en bon homme d’ouverture, voire
de dialogue pour lequel, « la guerre ne règlera rien.» Alors qu’est-ce qui a bien pu changer ? Le Président s’explicite : « Je n’ai pas compris que les Maliens voulaient que je vienne comme maréchal de l’Armée malienne pour prendre la tête de quelque armée de conquête…conquête contre qui ? Contre soi-même ? Non, non…Quand les fils d’un même pays ne se comprennent pas, je crois que ce n’est pas
l’arme lourde qu’il faut sortir, je crois qu’il faut parler, il faut dialoguer, il faut revenir aux fondamentaux, se retrouver sur les bases qui nous firent et qui ont fait que ce pays de tous les temps un pays d’équilibre, d’harmonie et d’entente C’est cela ma mission. Ainsi l’ai-je comprise. Et c’est ce que je bâtis.» Concernant la situation sécuritaire qui se dégrade de jour en jour avec des attaques partout sur le  territoire, l’homme du jour se veut catégorique : « Nulle part au monde il n’y a la sécurité absolue.» Là aussi, il y a des efforts qui se poursuivent, pour faire du Mali un espace sécurisé.

Sur l’accord d’Alger qu’il veut bon et prometteur, le Président demande de la patience.

IBK Impitoyable

Selon le confrère qui attire l’attention du Président sur les détournements du denier public qui prennent de l’ampleur dans notre pays, seulement le rapport du vérificateur datant de 2010 a fait l’objet de poursuite par la justice. Mais « Je n’ai retenu aucun dossier et tous ont été transmis à qui de droit. Depuis que je suis à Koulouba ici, j’ai trouvé plus de 200 dossiers que j’ai transmis. Par
contre, fait savoir le président, je ne crains pas ce que peuvent balancer les hommes politiques. Je crains mon créateur Allah Soubhana WatAllah. Aucun magistrat malien ne peut dire que le Président IBK m’a enjoint de… Je ne bloque rien et je ne bloquerai rien ! Aucun dossier ne fera l’objet de soustraction», assure-t-il. A en croire le Président IBK enfin, même si ses concitoyens ne le sentent pas à sa juste valeur escomptée pour justifier leur choix, le meilleur est à venir. Et, il faut espérer car pour lui, tant qu’en toute bonne foi, la volonté de bien faire reste, rien n’est perdu. Deux années sont
encore en reste pour redorer le blason.

 

 

source La Rédaction

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