3eme année d’IBK au pouvoir : L’anniversaire terni par le limogeage d’un ministre incompétent

Mi-figue, mi-raisin.  Ni tout à fait aimable, ni tout à fait désagréable. Tel semble être l’avis de l’écrasante majorité des maliens.

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Après trois ans à la tête de notre pays, le tableau demeure un peu sombre. Le pays va très mal à cause de l’incurie notoire de certains responsables. D’où la colère populaire qui monte chaque jour. Si l’on y prend garde, le chaos n’est pas loin. Nous avons échangé avec certains observateurs de la scène politique. Les avis sont partagés, mais dans l’ensemble, ils jugent négativement le bilan à mi-mandat du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, IBK.

Une sécurité grandissante, une menace djihadiste en permanence, une armée toujours en position de repli tactique, des populations qui souffrent de la cherté de la vie, des coupures fréquentes d’électricité, de la non disponibilité de l’eau potable, la corruption et l’impunité galopantes, l’absence de l’Etat dans certaines régions et localités du pays laissant les populations à la portée des djihadistes et des bandits armés, sont quelques difficultés auxquelles IBK et son gouvernement tardent à faire face.

Pour notre premier interlocuteur, tout doit reposer sur la bonne gouvernance. La bonne gouvernance elle-même repose sur la qualité des hommes qui gouvernent. La femme ou l’homme qu’il faut à la place qu’il faut doit être la seule règle à respecter pour porter le choix sur un homme ou sur une femme. C’est aussi les qualités morales et intellectuelles qu’il faudrait prendre en compte au détriment de toute considération clanique et familiale. Il faudra impérativement inciter les hommes et les femmes à donner le meilleur d’eux-mêmes. Pour cela il faudrait des avancements et les récompenses selon le mérite dans tous les services inversement il faudrait aussi des sanctions et des punitions en proportion avec les incompétences et les fautes commises. Il est vrai qu’un seul homme ne pourrait jamais à lui seul sortir tout un pays du gouffre. Cependant un seul homme peut créer les conditions.

« Il faut savoir qu’avec la situation actuelle que vit le Mali, il n’y a pas de place pour la médiocrité et IBK est entouré de médiocres. Cela n’est pas de nature à améliorer les choses. Nous sommes dans une situation anormale exceptionnelle donc il faut des hommes et des femmes capables de hisser le pays très haut sans tricher, sans mentir et sans corrompre. Cela doit être compris de tous, sinon c’est le chaos comme nous sommes en train de vivre actuellement. A situation exceptionnelle, il faut des femmes et des hommes exceptionnels pour arrêter le mal qui gangrène notre pays depuis plusieurs années. Nous ne sommes pas en situation normale donc IBK doit comprendre qu’il faut rapidement finir avec le laxisme et la langue de bois. », a-t-il renchéri.
On se rappelle, certains analystes politiques avaient conseillé durant les dernières élections aux maliens fiers et honnêtes ayant un amour profond pour leur pays de susciter en leur sein des candidats pour les élections présidentielle et législative de ne pas faire confiance à certains hommes politiques. Mais ils n’ont pas été entendus. Les électeurs ont préféré les mêmes qui sont là depuis des années. Le même président et les mêmes députés. Ne dit-on pas que : « L’erreur est humaine mais persister dans l’erreur est diabolique ». Les maliens ont été donc diaboliques. Ainsi, ils doivent comme on le dit : « Boire le calice jusqu’à la lie » A savoir assister à la déliquescence totale du pays.

« Le Mali d’aujourd’hui est meilleure que le Mali du 03 septembre 2013. Il y a eu un progrès mais il faut reconnaitre que le chaos que le président de la République a hérité est difficile à redresser en un mandat. Nous n’allons pas mentir à nous-mêmes, il faut reconnaitre qu’à un moment donné, l’Etat malien n’existait que de nom. Ce sont des présidents africains qui parlaient au nom du Mali. Le nord était abandonné aux djihadistes et aux terroristes. Le sud et sa junte et/ou Djoncounda et son gouvernement se cherchaient. », a souligné un autre analyste qui voit le tableau différemment.

Pour lui, c’est dans un contexte très difficile qu’IBK fut élu. Ses premiers pas ont été marqués par une équipe qui était plus intéressée à régler les comptes de la junte que d’aider notre pays à sortir définitivement de l’impasse. Le premier chef du gouvernement, Tatam Ly pataugeait. Il n’avait pas assez de marge de manœuvre. Ensuite, disons tout simplement qu’IBK fut piégé par son entourage immédiat qui avait son propre agenda. Avec Moussa Mara le populiste comme Premier ministre, les choses ne se sont pas améliorées. Moussa Mara a tenté d’être plus royaliste que le roi. Kidal était une confirmation qu’il n’est jamais bon de se mentir. Ce n’est donc qu’avec le troisième Premier ministre, Modibo Keita que les choses ont commencé à prendre corps.
Un autre balaie du revers de la main, selon lui, le problème ne peut être qu’IBK lui-même. Toutes dérives, tous dérapages ne viennent que des choix opérés par IBK. Si le peuple l’a choisi, c’est parce qu’il pensait qu’il sait faire de bons choix pour sortir ce pays de l’ornière. Les proches d’IBK ont cette manie de s’arroger les bons côtés de leurs gouvernances et rejeter les mauvais sur les autres. Étant Premier ministre d’Alpha Oumar Konaré, IBK et ses partisans se vantaient d’instaurer l’autorité de l’Etat mais rejette les pratiques généralisées de corruption sur le président. Son ancien Premier ministre, Moussa Mara s’est lancé dans l’aventure désastreuse à Kidal, au lieu de l’instruire de ne pas aller, comme le suggérait tous les partenaires, il le laisse faire croyant qu’il va libérer cette ville. Là aussi IBK et ses partisans refusent d’assumer l’échec. Les observateurs ont prévu l’état actuel du pays quand IBK a refusé d’appliquer l’Accord d’Ouagadougou et commencé à placer ses parents dans les structures importantes de l’État. « Il n’y a aucun doute le peuple malien a fait l’erreur, comme ça peut arriver en démocratie, de placer à la tête de l’État des irresponsables. », a-t-il conclu.
Oumar Traoré

 

Source :  L’Humanité

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