100 jours du gouvernement Boubou Cissé : les Maliens divisés sur le bilan

Le gouvernement Boubou Cissé a eu 100 jours ce 5 août. Nommé Premier ministre le 22 avril 2019, Boubou Cissé a formé son gouvernement le 5 mai dernier. 100 jours après, quel est le bilan de son action ? Les avis au sein de la classe politique sont partagés. Si les uns apprécient sa gestion de la crise au Centre du pays, pour les autres, sur le plan politique et la bonne gouvernance, « beaucoup reste à faire ».

Les parties de la majorité présidentielle se réjouissent du bilan des cent jours du Premier Ministre. Toutefois, elles estiment qu’il est « trop tôt pour crier victoire ». « Ce qu’on voulait d’abord c’est l’accalmie, l’apaisement du climat non seulement politique, mais aussi du climat social pour permettre la mise en œuvre effective de l’accord politique de gouvernance qui a conduit à la formation du gouvernement de mission », nous a édclaré Sekou Niamé Bathily. Pour ce militant du RPM, « l’oppositionpour la première fois a accepté d’entrer dans le gouvernement et de travailler avec la majorité ». Toutefois, reconnait-il,  on ne peut pas dire que tout est rose vu la situation. « C’est vrai qu’il y a eu des avancées, mais il faut savoir aussi que l’insécurité, c’est un travail à long terme. Donc on ne doit pas crier victoire dès le début », ajoute Sékou Niamé Bathily.
L’opposition, quant à elle, salue d’une part l’approche du Premier Ministre dans la résolution de la crise au Centre du pays. D’autre part, elle regrette l’absence d’une Déclaration de Politique Générale du gouvernement. Aussi ajoutent certains partis de l’opposition, la politique de campagne agricole et la polémique au tour de l’achat d’équipements militaires posent bien des questions. « C’est avec sa Déclaration de politique générale que nous pouvons normalement apprécier ses actions. L’absence de cette déclaration est une violation flagrante de la loi. Donc on le constate avec regret », a déclaré Boulan Baron, membre du parti d’opposition CNID-Faso Yiriwaton. Avant d’ajouté qu’au niveau de la grogne sociale, « je pense que son approche est parvenue à calmer le jeu et les gens sont plutôt dans une situation d’accalmie qu’il faut saluer aussi ». « Nous constatons avec beaucoup d’inquiétudes la mauvaise préparation de la campagne agricole en cours. Il faut qu’il y ait une lumière aussi sur des révélations de la part du chef suprême des armées, notamment sur la question liée aux avions militaires. Si le chef suprême des armées se met dans la dénonciation, alors qui doit régler ce problème. C’est vraiment scandaleux », a jouté le mitant de l’opposition, membre de CNID-Faso Yiriwa-Ton.
A la tête du gouvernement depuis le 22 avril dernier, Boubou Cissé est d’abord passé par des concertations politiques pour pouvoir mettre en place un gouvernement. Si au niveau de l’opinion nationale, certains pensent que le train est en bonne marche, d’autres par contre sont toujours sceptiques.
Pour certains observateurs, l’approche de gouvernance du Première Ministre est « positive ». Car, elle permet selon eux, d’apaiser les grognes sociales. En revanche, elle n’est pas suffisante pour résoudre le problème à fond que le pays traverse. Sur ce point, certains observateurs proposent de « revoir le système de gouvernance » pour faire face aux défis politico-sécuritaires.
Boubacar Bocoum, analyste, politologue

 

Source: studiotamani

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