Dégradation des mœurs : Quand le rap incite des jeunes à la délinquance

Le rap est un genre musical qui est, à l’heure actuelle l’une des musiques les plus écoutés par une frange considérable de jeunes. Issue des Ghettos noirs de New York, dans les années 70 aux Etats Unis, il a débarqué depuis quelques années déjà chez nous au Mali. C’est une musique qui, par son caractère violent, dénonciateur, et un peu provocateur s’est vite fait une place dans le monde du showbiz.

mamadou gassama gaspi rappeur artiste chanteur musicien ghetho kafri maliIl est cependant une musique qui est beaucoup chantée et écoutée par les jeunes, qui ont fait de ce genre une arme pour dénoncer les failles de la société, la mauvaise gestion des autorités, la pauvreté… Mais cela c’était bien avant qu’il ne devienne une boussole qui oriente la jeunesse vers la délinquance, la violence, les injures publiques qui aujourd’hui sont devenues les principes pour être un jeune ‘’branché’’.  

Aujourd’hui le rap est devenu un genre musical qui fait peur et qui est en train de devenir une source de banditisme, de barbarie, de délinquance. Au mali peu de temps avant, on se souvient encore de certains groupes de rappeurs qui, par leur dévouement, leur prise de conscience des tares qui minent nos sociétés ont par leur voix, leur rap été d’un engagement capital en dénonçant en faisant naitre chez le peuple une prise conscience tant sur le plan politique, religieux, culturel et souvent payent le prix fort pour cela. Mais de nos jours tristes et alarmantes sont les réalités du rap de nos jours.

Des paroles injurieuses, des messages choquants, des textes semant le désordre, et poussant les amateurs vers la débauche sont les objectifs de ce rap d’aujourd’hui. Ces textes pleins d’insultes, de grossièretés sont hélas  plus maitrisés par les jeunes qui ne ménagent aucun effort pour les comprendre et les mémoriser dès les premières écoutes. Alors que le niveau des élèves ne cessent de chuter et ça d’une part à cause du manque de volonté d’apprentissage. La remarque est juste percutante, il est plus facile aujourd’hui pour enfant de maitriser, de réviser les textes des rappeurs que de pouvoir réviser ne serait-ce qu’un demi page de leurs leçons, ce qui est vraiment désolant.

Le pire c’est surtout que ces jeunes font de ces rappeurs leurs idoles et à force de vouloir leur ressembler, les imitent, s’adonnent aux messages sataniques et dégradants qui transmettent ces derniers. Le respect, la bonne éducation, sens de la bonne conduite qui doivent être cultivés, sont aujourd’hui moins évoqués et laissent la place à la concurrence, aux attentats verbaux, la promotion et d’incitation des jeunes à la consommation des excitants comme la drogue, l’alcool…ils sont ainsi nombreux à remplir les stades dans les concerts payants de leurs idoles justes pour le plaisir d’écouter leurs injures et manque de maturité.

<<Je suis choqué à chaque fois que j’entends ces rappeurs qui aujourd’hui sont en train d’orienter nos enfants vers le chemin du vagabondage, de la déperdition. Ils ne disent rien de bon dans leur musique, que des injures, des provocations, et ont des comportements qui vont à l’encontre des nos valeurs socioculturelles… a cause de ces textes des rappeurs on voit qu’aujourd’hui les enfants ne respectent plus leurs parents, ne font qu’à leur tête. Je suis personnellement contre cette musique car ce que nous connaissons et ce que nous avons hérité de nos aïeules, c’est qu’une musique doit être comme une institutrice, une berceuses de peines, un rythme qui frêle et qui endurcit les cœurs, des mots pleins de significations et de leçon de vie et non cette musique qui pousse les jeunes vers la délinquance. >> racontait Mohamed Ali KEITA.

De même M. F, enseignante a donné son avis sur le même sujet. « Aujourd’hui, la question de la mauvaise influence qu’a le rap sur la jeunesse, est un sujet qui doit alarmer tous les parents, les enseignants et même les autorités. Car la jeunesse étant l’avenir de demain doit se responsabiliser et avoir un comportement exemplaire.

Cependant il n’est pas toujours facile de pouvoir affirmer que tel est le cas chez nous et cela en grande partie à cause de la mauvaise influence qu’ont les rappeurs et leurs textes sur les enfants. Je suis une mère de famille aussi et je vois combien mes enfants s’attachent à ces chanteurs de mauvaise augure. Ils n’ont que leurs chansons dans leurs téléphone, écoutent et chantent leurs chansons en longueurs de journée et pis même s’il faut les acheter des habits, ils préfèrent ceux là sur qui sont écrient des noms et des paroles des rappeurs. Ils incitent les enfants à embrasser une vie de vagabondage et de banditisme. Il faut que nous les parents et les enseignants se mobilisent et de faire en sorte que nos enfants qui sont sur cette lancée, reviennent à des bons sentiments de responsable pour que l’avenir soit meilleur. >>

Il est vrai que jusque là, il y’a encore un moignon de rappeur qui est resté responsable, conscient, qui tente de rester dans une logique de critique, de défense des sans voix qui sont les opprimés, les innocents et qui essayent de sonner sur la sonnette de l’alarme, afin que les politiciens malhonnêtes ne fassent plus des citoyens leurs proies et aussi afin que la jeunesse puisse prendre son destin en main.

Mais ce que nous disons aux parents, aux rappeurs qui sont en train d’amener leurs pairs, leurs petits frères et petites sœurs sur le chemin de la délinquance, de la déperdition, à tous les amateurs du rap et aux autorités, c’est qu’il ne s’agisse plus de rester à regarder cette si belle jeunesse se perdre mais à l’aider à se retrouver car elle est l’avenir de demain.

Sorofing Traoré

Source: La Sirène

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