Zahabi Ould Sidi Mohamed, ministre de la Réconciliation Nationale : « Il faut mettre la question du nord au-dessus de nos querelles partisanes… »

Le ministre de la réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, pense qu’il est plus que temps que l’ensemble des Maliens se donne la main pour la résolution définitive de la crise du nord, qu’il qualifie d’ailleurs d’épine. Selon lui, la crise du nord doit être mise au-dessus de nos querelles partisanes. Six (6) mois, c’est le délai qu’il se donne pour parvenir à un accord entre l’Etat malien et les groupes armés.

 Zahabi Ould Sidi Mohamed ministre malien Affaires étrangères1

« Dans 6 mois, il faudra obligatoirement arriver à la signature d’un accord accepté par tout le monde », a déclaré, d’entrée de jeu, le ministre de la réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, lors de la cérémonie de signature de partenariat entre le collectif des ressortissants du Nord (Coren) et le collectif des associations de développement du sahel occidental (Cadso). Avant d’ajouter : « il faudra que nous nous donnions la main pour extraire rapidement cette épine (la crise du nord, Ndlr) dans nos pieds ».

 

Selon lui, l’accord sera signé sur des principes clairs, c’est-à-dire un accord basé sur un socle d’acier.  Il s’agit de l’unité du Mali, de l’intégrité du territoire national, de la stabilité régionale et du principe du dialogue inclusif.

 

«Quelqu’un qui amènera un autre projet, qui n’entre pas dans ce cadre, sera écarté. Il faut qu’on construise une paix durable, qui tienne compte de la stabilité régionale. Il faut éviter que la situation du Mali serve de précédent pour compromettre la stabilité d’autres pays de la région», a souligné le ministre Zahabi.

Se prononçant sur le travail du nouveau médiateur, l’ancien Premier ministre Modibo Kéïta, nommé par le président de la République, le ministre Zahabi dira que le médiateur va constituer, très bientôt, une équipe (sans coloration politique) afin d’entamer rapidement des négociations et des pourparlers inclusifs. Saisissant la tribune qui lui a été offerte, le ministre de la Réconciliation nationale a également lancé un appel à l’endroit de la classe politique malienne pour dépasser les clivages partisans et faire face à la situation du nord. « Il est primordial de mettre la crise du nord au-dessus de nos querelles partisanes. Ce n’est pas une question de Président de la République. C’est l’affaire de tous les Maliens. Il faut qu’on se donne la main » a-t-il lancé.  Avant d’expliquer : « ailleurs, dans d’autres pays, vous ne verrez jamais un parti évoquer la situation de séparation de son pays à  des fins politiques. En France, que ce soit la Gauche ou la Droite, ou même le Front National, tous les partis sont unis par rapport à la situation de la Corse. Au Sénégal, c’est la même chose par rapport à la Casamance».

 

Se servant de l’exemple des internats qui donnent l’occasion aux enfants de diverses communautés de se retrouver, le ministre Zahabi dira que le Mali n’est pas un pays raciste et le brassage entre toutes les ethnies du pays est très fort. « Dans les camps de réfugiés, que j’ai visités, tout le monde n’est pas d’accord avec les groupes armés. Certains réfugiés affirment même que ce sont ces groupes armés qui sont à la base de leurs problèmes ».

 

Convaincu que le Mali peut réussir la réconciliation, Zahabi a donné l’assurance que le Gouvernement ne commettrait pas les mêmes erreurs du passé. C’est pourquoi, il aura, cette fois-ci, des accords transparents et inclusifs associant toutes les parties que sont : le Gouvernement, les groupes armés, la société civile (dans toute sa composante et sa diversité), a-t-il conclu.

 

Aliou Touré

SOURCE: Le Matin
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