Visite de l’opposition à Gao : Le représentant des Fare blackboulé à l’aéroport

Depuis la visite de l’opposition à Gao, le lundi 9 février 2015, les commentaires vont bon train sur la non-participation du parti Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence. Pendant que certains croient savoir que les Fare l’ont boycottée, d’autres affirment que la personne désignée par les Fare pour faire partie de la délégation n’était pas à l’aéroport. Ces derniers poussent leur diatribe jusqu’à dire que Modibo Sidibé n’est jamais visible dans les activités majeures de l’opposition.

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Après une vérification auprès des Fare, nous avons obtenu des informations que nous avons recoupées auprès d’autres partis de l’opposition, qui ont pris part à la mission de l’opposition à Gao. L’initiative d’aller à Gao ressort de la volonté commune de l’ensemble des leaders de l’opposition.

Il nous est revenu que c’est le chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé qui a demandé au président des Fare de désigner une seule personne pour faire partie de cette mission. Alors que Modibo Sidibé s’attendait à au moins deux places pour son parti. C’est ainsi qu’il a désigné le 7ème vice-président chargé des questions des régions du nord, en la personne d’Issa Zan Traoré.

Aussitôt informé, Issa Zan Traoré a pris contact avec Soumaïla Cissé. Lequel l’informa de la participation des Fare à cette mission à travers la personne de Modibo Sidibé. Sans autre forme de transition, Issa Zan Traoré expliqua la nouvelle donne à son président Modibo Sidibé. Ce  dernier était surpris qu’il soit choisi sans en être informé. Il tentera plus tard de joindre Soumaïla Cissé. Sans succès.

Néanmoins, le lundi 9 février 2015, à 6 heures, Issa Zan Traoré se rendit à l’aéroport Bamako-Sénou. Il se présenta au responsable de la Minusma chargé du vol, comme représentant des Fare. Celui-ci lui fera comprendre que c’est le nom de Modibo Sidibé qui avait été retenu. Avant de lui demander de le laisser régler cette situation avant l’heure du collage.

Ne le voyant pas alors que l’heure du décollage s’approchait, Issa Zan Traoré l’appela au téléphone ; il lui demandera alors de le rejoindre vers le salon officiel. Arrivé au salon officiel, Issa Zan Traoré retrouva les autres membres de la délégation, excepté Amadou Koïta du PS (Yélen Coura), Daba Diawara du PIDS. Et malgré son instance, Issa Zan Traoré ne put faire le déplacement ; il attendit le décollage de l’avion avant de rentrer à la maison.

Faut-il préciser que pour cette mission, l’opposition avait décidé de faire une cotisation afin de faire une contribution pour les victimes et blessés de la marche et des attaques de Tabankort. Les Fare ont donné 300 000 Fcfa au lieu de 500 000 Fcfa demandés par parti. Car, pour eux, le président de la République avait devancé l’opposition à Gao et donné 2 millions de Fcfa. Et, l’opposition ne devait pas, par principe, donner plus que cette somme. Mais elle donna 2 millions 500 mille Fcfa.

Au moment où tout cela se passait, à Bamako, les responsables de la maison bleue étaient en communication avec leurs militants à Gao. Ils leur donnèrent la bonne information, leur demandant de rester cependant mobilisés pour la visite des leaders de l’opposition. Les militants et responsables des Fare n’auraient pas communiqué sur ce sujet, si seulement des mauvaises langues n’avaient pas essayé d’en faire une récupération politique. Or, faut-il le souligner, les Fare s’inscrivent dans une opposition plurielle et se prononcent sur tous les sujets importants en rapport avec la vie de la nation.

«Les Fare sont dans l’opposition républicaine modérée comme l’a recommandé le congrès ; aucun membre de la direction ne peut faire autrement», nous a confié Bourama Keïta de la section Fare de la commune III. Au demeurant, estime-t-il, Soumaïla Cissé n’aurait pas dû choisir Modibo Sidibé pour la mission de Gao sans l’en aviser. Soumi devrait aussi l’informer de la possibilité pour chaque parti de se faire représenter par deux ou trois militants. D’autant que l’URD était représentée par plus de deux personnes, tandis que d’autres partis politiques en étaient à deux ou trois représentants.

Pour Bourama Keïta, «ce sont des détails. Pour nous, l’essentiel c’est de travailler à proposer des choses aux Maliens au lieu de rester sur des questions de protocole…».

Békaye DEMBELE

Source: Le Reporter

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