Traque contre les djihadistes à Diafarabé: l’armée lance l’assaut

Ces derniers temps, les récits poignants des forains et les habitants de Diafaraba, localité située non loin de Macina, font froid dans le dos : des scènes de pillage, d’intimidation, d’enlèvements et autres agressions physiques rythment la vie quotidienne de cette localité, perpétrées par un groupe de terroristes, dont le chef présumé, bien connu de tous, sème la désolation au sein de la population qui n’en peut plus. Les FAMA ont engagé, dans la zone, une vaste opération militaire pour réduire au silence le réseau de criminels.

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La semaine dernière, dans la stupeur générale, un chauffeur (dont le nom n’a pas été identifié pour d’évidentes raisons de sécurité), en provenance de Dia, et les six personnes à bord du véhicule 4X4, tout terrain, sont tombés dans en embuscade, nez à nez avec le groupe de terroristes, qui sème la terreur dans les localités avoisinantes. C’était, selon le récit du chauffeur, presque à l’entrée d’un village, en pleine journée, plus exactement aux environs de 10 h 45 à 11 heures. L’heure était grave et le rapt a bien été observé par un groupe de jeunes bergers qui conduisaient allègrement leurs troupeaux et qui n’ont daigné émettre le moindre signal. Le groupe de terroristes, au nombre de six, selon toujours le récit du chauffeur, a tiré à bout portant sur le véhicule. Blessé au dos et à l’épaule, le chauffeur a dû s’arrêter pour ne pas être évanoui par l’écoulement de sang, de plus en plus abondant. Arrivés sur les lieux, les terroristes, tous armés de fusils d’assaut, ont littéralement mis à sac le véhicule avant d’y extraire les occupants qui passeront immédiatement à l’interrogatoire. Les femmes d’un côté et les hommes de l’autre, les interrogatoires se poursuivront pendant une bonne partie de la journée et portaient sur l’identité, le parcours et les occupations des otages.
Pour les assaillants, cette zone, comprise entre Dia-Diafaraba et Macina fait partie de leur protectorat et est formellement interdite à tous représentants de l’État ; maires, militaires, agents de l’administration publique, ONG reconnaissant l’autorité de l’État. Ces derniers, selon le récit du chauffeur, une fois démasqués dans la zone, seront abattus sans ménagement. Poursuivant l’interrogatoire des otages, le chef du groupe a également cherché à savoir si les six otages étaient en mission officielle quelconque. Ce qui leur exposerait à coup sûr à un traitement macabre. Comme le chauffeur du véhicule 4×4 était en mission privée il transportait à la demande d’un de ses amis la famille de ce dernier vers Macina), il a été relâché par les ravisseurs avec les cinq autres occupants du véhicule, au bout de plusieurs heures passées en captivité.
Complètement affaibli à cause de ses blessures par balles réelles, le chauffeur a dû engager une course contre la montre avant que son état ne s’aggrave davantage au point de l’empêcher de conduire d’autant que l’écoulement de sang, consécutif à ses blessures, ne faiblit pas, en dépit d’un garrot qu’il a dû appliquer à ses blessures. C’est l’entrée d’une localité, non loin de Macina, que le chauffeur sera évanoui par le sang. Là, il demande de l’eau et parvient tout de même à joindre le commandant de brigade de la gendarmerie de Macina sur les numéros SOS disponibles. À sa plus grande satisfaction, ce dernier lui promet immédiatement du renfort qui ne tardera pas d’ailleurs à arriver sur les lieux.
Renseignements ? Selon le récit du chauffeur, il est indéniable que la zone, où a eu lieu le rapt, la complicité entre le groupe terroriste, qui y opère et les populations autochtones, est évidente et ne souffre d’aucune ambiguïté. Et pour cause ? Selon toujours le récit du chauffeur aux enquêteurs de la gendarmerie, la détonation des fusils d’assauts, lors de l’embuscade, a été si forte, si explosive qu’elle est parvenue au cœur de la localité, où le groupe de terroristes sévit sans alerter la moindre intervention des populations. Et puis, dit-il, le chef présumé de ce groupe, un peulh, nettement reconnaissable à ses accents, est connu de tout le monde, dans la localité.
Pour minimiser l’intrusion djihadiste dans la zone, les FAMA, ces derniers jours, ont pris l’initiative d’une vaste contre-offensive militaire, quadrillant toute la zone, avec un surplus d’effectifs aguerris, armés jusqu’aux dents. Selon des sources sécuritaires crédibles, les patrouilles militaires se sont généralisées dans toutes les localités avoisinantes. Dans toutes les villes concernées, aux entrées et sorties, les patrouilles militaires veillent et ne laissent passer le moindre indice. De la même manière, nous rapporte-t-on, la collaboration avec les populations civiles se passe à la satisfaction générale d’autant qu’il s’agit de faire échec à toute infiltration djihadiste.
En fait, selon toujours les sources militaires, l’armée, déterminée à bloquer toutes les issues principales des villes ciblées, cherche à neutraliser le présumé chef du groupe terroriste qui sème la panique au sein des populations. Ici, dans les environs, il semble que tout le monde connaît ce jeune homme, âgé d’une trentaine d’années, et qui évoluait dans le petit commerce, notamment dans le trafic des cartes téléphoniques où il avait réussi à se faire un nom, mais n’ose pas se mettre en travers lui, craignant, comme le redoute dans les localités, ses exactions criminelles. Désormais pointé du doigt comme la cible de l’armée, dans cette traque militaire contre les djihadistes, les jours du présumé chef du groupe terroriste, considéré à tort ou à raison comme l’un des fidèles du prédicateur du Front de libération du Macina, Amadou Koufa, sont manifestement comptés, tant la garde des patrouilles militaires ne faiblit pas pour le neutraliser. À la grande satisfaction des populations qui n’osaient pas lever le petit doigt avant cette opération d’envergure de l’armée nationale.

par Sékouba Samaké

 

Source: info-matin

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