Tombouctou : INSECURITE ET PSYCHOSE REVIENNENT EN FORCE

Un véhicule de type pick-up appartenant à la direction régionale de la promotion de la famille a été volé mercredi par des hommes en armes sur l’axe Goundam-Tonka. Trois fonctionnaires en partance pour Niafunké étaient à bord du véhicule.

ville nord mali tombouctou gao kidalHeureusement, personne n’a été blessé. Les occupants ont été relâchés loin de la route et les bandits ont disparu avec le véhicule. Pour le moment,  aucune information sur l’identité des auteurs de cet énième enlèvement de véhicule dans la zone.
Dans la ville de Tombouctou, tout le monde s’accorde pour pointer les bandits armés qui opèrent avec beaucoup d’audace sur cet axe routier depuis quelque temps. Pour certains, les hommes armés imposent l’insécurité afin de stopper les déplacements et asphyxier les différentes localités de la région. D’autres sont tout simplement sidérés car pour eux, il est incompréhensible que malgré la présence de nombreux militaires étrangers, les citoyens ne puissent pas voyager en toute quiétude. Beaucoup relèvent le fait que la MINUSMA n’a pu, jusqu’ici, ramener un seul véhicule enlevé. C’est pourquoi les Tombouctiens souhaitent le retour de l’armée nationale dans les zones où elle est interdite du fait de l’accord de cessez-le-feu conclu en mai dernier suite aux événements de Kidal.
Pendant ce temps, les groupes armés violent régulièrement cet accord en occupant des localités en prévision de la reprise des pourparlers d’Alger.
Pas plus tard que dimanche, les éléments du MAA et du MNLA ont occupé la localité d’Agouni, située à 30 km de Tombouctou et chef-lieu de la commune rurale de Salam. De sources locales, les rebelles imposent une taxe sur les véhicules de transport. Malgré le passage d’une équipe de la MINUSMA pour leur demander de quitter les lieux, les rebelles campent toujours dans la localité.
Cette présence des hommes des groupes armés est interprétée ici par beaucoup comme une provocation en l’endroit des forces armées et de sécurité. La présence de ces individus armés qui dictent leur loi, n’est pas du goût des habitants de la localité qui veulent vivre en paix.
Toujours dimanche, un avion du CICR en provenance de Gao, a atterri à Tombouctou avec à son bord 6 hommes qui avaient été kidnappés pendant les affrontements de Bamba et Zorho. En fait, un échange de prisonniers a eu lieu entre les belligérants grâce à la médiation d’un certain Moulaye Danna, un élu influent dans la zone. Sur les 6 personnes prises en otages, 4 ont rejoint leurs localités. Les deux derniers sont en traitement au CSREF de Tombouctou. Ils sont cependant soignés pour des maladies qui ne sont pas en lien avec leur détention et leur vie n’est pas en danger.
Du fait de l’insécurité et des rumeurs sur la présence de groupes armés non loin de la ville, les habitants de Tombouctou ne dorment plus que d’un œil. Tout le monde garde en mémoire les moments sombres de l’occupation de la ville par les djihadistes et personne ne veut revivre pareil cauchemar.
C’est dans ce contexte de psychose et de crainte d’attaques que le tout nouveau gouverneur, Adama Kansaye, a pris fonction il y a juste une semaine et s’apprête à prêter serment.
M. SAYAH
AMAP-Tombouctou

source : L Essor

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