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Situation de Kidal, l’enlisement du processus de sortie de crise… La lettre du peuple à Son Excellence François Hollande

Monsieur le Président, je vous adresse cette lettre pour vous accueillir à l’occasion du 27ème Sommet Afrique – France, auquel vous venez prendre part dans notre pays, et également pour vous donner des nouvelles de notre Mali.

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Monsieur Président, le peuple du Mali, réputé pour son hospitalité légendaire, aurait pu vous accueillir avec beaucoup de sourires à l’occasion de cette visite dans notre pays. C’est-à-dire sortir massivement, avec des youyous, pour vous remercier pour les efforts que vous avez déployés pour aider le Mali à sortir de la plus grave crise de son histoire. Rappelez-vous, lors de votre visite à Bamako et à Tombouctou, vous avez été accueilli avec tous les honneurs après le succès de l’opération Serval que votre pays a lancé pour contrer l’avancée des terroristes dans notre pays. Rarement un Chef d’Etat étranger aura bénéficié au Mali d’une telle mobilisation du peuple Malien reconnaissant. En réalité, les Maliens vous avaient porté dans leurs cœurs. Ils avaient foi en la France sous votre gouverne, jusqu’à ce qu’ils découvrent qu’en réalité l’action de votre pays n’a pas changé vis-à-vis du Mali depuis Sarkozy.

En effet, Monsieur le Président, en reconnaissance du succès de l’opération Serval, plusieurs de nos compatriotes ont donné votre nom à leurs nouveaux nés. Ainsi, vous verrez au nord des François Hollande Maïga ou Touré et également au sud des François Hollande Diarra, Coulibaly, Traoré et j’en oublie. C’est vous dire, Monsieur le Président, combien vous aviez été adopté par les Maliens. Après cette euphorie, aujourd’hui c’est un sentiment de déception qui anime les Maliens vis à vis de la France. Ils s’estiment trahis par la puissance coloniale, dont le rôle est déterminant dans la résolution de la crise. Plusieurs de nos compatriotes pensent que la France ne joue pas franc jeu avec le Mali, notamment concernant la situation de Kidal. En effet, au lendemain de la libération des autres régions du nord de notre pays, les Maliens n’ont pas compris, jusqu’à présent, pourquoi la France s’est opposée à l’entrée des forces armées maliennes dans la ville de Kidal. Que cachait la France dans l’Adrar des Ifoghas?

Dans le processus de sortie de crise, les Maliens accusent la France, à tort ou à raison, de favoriser les groupes armés touareg au détriment de l’Etat du Mali. Les groupes armés touareg ont entravé plusieurs fois le processus de sortie de crise par leurs retraits répétitifs, sans que votre pays ne dise mot. Monsieur le Président, en fait les Maliens déplorent votre manque de fermeté envers les mouvements armés touareg. Car, comme nous le constatons, vous n’avez jamais enjoint à ces mouvements armés d’entrer pleinement dans le processus, alors qu’il suffirait d’un claquement de doigts de votre part pour qu’ils entrent dans la République. C’est la raison pour laquelle le peuple malien, dans sa grande majorité, soupçonne votre pays d’entretenir la crise pour ses intérêts géostratégiques dans le nord du Mali. Car, aujourd’hui, seule la France dispose d’une emprise réelle sur le nord de notre pays. La force Barkhane sillonne le septentrion malien comme elle le veut, ce qui n’est pas le cas de l’armée malienne. C’est pourquoi, au Mali, le peuple s’interroge de plus en plus sur l’agenda de votre pays. Le Mali s’attend à ce que la France fasse usage de son leadership pour amener la communauté internationale à jouer tout son rôle pour que notre pays sorte de la crise. Monsieur le Président, vous auriez dû veiller à ce que la flamme que vous aviez allumée par le succès de l’opération Serval ne s’éteigne pas.

Car le Mali est un pays béni. Tous les dirigeants du monde qui ont tenté de comploter contre le Mali l’ont payé cash, à commencer par votre prédécesseur à l’Elysée. Vous avez vu qu’il n’a pas pu renouveler son bail avec le peuple français. Tout le monde sait également les conditions dans lesquelles le désormais ancien Président du Burkina Faso, parrain du Mnla, a quitté le pouvoir dans son pays. Vous-même, Monsieur le Président, si vous aviez joué franc jeu avec le Mali, peut-être que vous auriez connu un meilleur sort, défendant votre bilan lors de la prochaine présidentielle en France.  Vous auriez dû aider le Président malien, Ibrahim Boubacar Kéita, qui est un ami personnel à vous, à mieux réussir son mandat. Car le terrain sur lequel ce dernier sera jugé et pour lequel il a été élu est bien  la résolution de la crise du nord.

Voilà, Monsieur le Président de la République française, François Hollande, quelques mots pour vous accueillir notre capitale, qui s’est parée pour vous recevoir. Bon séjour au bord du Djoliba.

Youssouf Diallo

 

Source : La Lettre du Peuple

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