Sans Tabou: Où en sommes-nous avec le DDR ?

Plus de deux ans après la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale au Mali issu du processus d’Alger, le nord du Mali est toujours en proie à l’insécurité qui déborde sur l’ensemble du pays. La circulation massive des armes à feu, dans un contexte où la frontière entre groupes armés et djihadistes reste maigre en est un des motifs de cette insécurité. Toute chose qui fait dire à beaucoup d’observateurs neutres, l’urgence d’accélérer le processus de cantonnement et de DDR qui traine en longueur.

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Où en sommes-nous avec le processus de cantonnement et de DDR (Désarmement, démobilisation, réinsertion) ? La question mérite son pesant d’or face à la recrudescence de la violence armée caractérisée par la violation récurrente du cessez-le-feu au nord, les attaques armées et l’insécurité grandissante sur l’ensemble du territoire.
Aujourd’hui, la communauté internationale prompte à accuser l’État du Mali de trainer les pieds dans la mise en œuvre de l’accord semble avoir pourtant une part de responsabilité importante dans la désagrégation de la situation sécuritaire dans notre pays.
L’accord stipule dans les mesures intérimaires : « Dans les 60 jours qui suivent la signature de l’Accord, la CTS et le MOC présenteront un plan de mise en œuvre des arrangements sécuritaires pour le nord du Mali, dans lequel les patrouilles mixtes auront un rôle primordial dans la sécurisation du processus de cantonnement/regroupement et de démobilisation. Ce plan aura pour objectif de prévenir, réduire tout vide sécuritaire avant, durant et après les processus de cantonnement, d’intégration et de DDR ».
Deux ans après, il est regrettable que ces patrouilles à travers le MOC ne sont qu’une réalité que dans la seule région de Gao et avec les difficultés que tout le monde sait.
S’agissant du cantonnement, l’accord précise : « Dans les 30 jours suivant la signature de l’Accord, la CTS finalisera l’identification et la validation des sites de cantonnement/regroupement et de démobilisation des combattants. La MINUSMA lancera l’aménagement de ces sites qui devront être prêts dans un délai maximum de 120 jours et seront livrés au fur et mesure qu’ils seront construits ». Aujourd’hui, seuls trois sites identifiés sur l’ensemble des huit sont plus ou moins prêts à accueillir des combattants.
Il est triste de constater qu’aucune liste de combattants n’est pas disponible à la date d’aujourd’hui.
Une autre difficulté non des moindres, c’est le financement du DDR, alors que l’accord stipule que le « programme DDR sera mis en œuvre avec l’appui requis de tous les démembrements de l’État malien et des partenaires ».
Selon des sources concordantes, les partenaires se font jusque-là désirer, malgré les engagements pris lors de la Table des bailleurs de fonds tenue, à cet effet, dans notre pays, laissant seul le gouvernement se battre et se débattre dans tous les sens.
Pour rappel, en décembre 2016, une table ronde sur le financement du processus a fait ressortir que le Mali court derrière un gap de financement évalué à 15 550 000 000 francs CFA pour boucler le financement du processus de réinsertion des ex-combattants.
Aujourd’hui, la communauté internationale aidera mieux à stabiliser le Mali en réussissant en urgence le cantonnement des combattants qui errent toujours dans la nature et le DDR.

Par Abdoulaye OUATTARA

 

Source: info-matin

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