Sahel : Quand la France joue avec sa propre survie économique !

Profitant de l’impuissance d’une génération qui lui est acquise au sein de l’élite africaine, et n’arrivant pas à se départir de sa longue pratique néocolonialiste, la France au Sahel se croit en terrain conquis.

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La “libératrice” de 2103 est devenue le pompier-pyromane qui profite de la supposée faiblesse des pays du Sahel pour jouer avec la paix, avec la vie de milliers de Sahéliens, mais aussi, on peut s’en douter avec sa propre survie économique.

Contrairement aux Britanniques dont les anciennes colonies sont prospères, en paix et en relation de respect mutuel avec Londres, les stratèges de la Françafrique, perdent de vue l’évolution actuelle de notre monde et sous-estiment la vulnérabilité de leur propre pays.

Au lieu de chercher à faire prospérer l’espace francophone, dans la paix et dans la confiance, les géo stratèges de Paris y installent la guerre, le terrorisme et la confusion. Opposant ethnie contre ethnie, tribu contre tribu, couleur de peau contre couleur de peau, de Kigali à Kidal, la Françafrique de l’injustice, du sang et du souffre n’a reculé devant aucune horreur.

Tout ce qui a été reproché à Hitler et aux nazis a été réédité intelligemment sur différents espaces de l’Afrique et à l’abri de médias impartiaux. Le Français moyen est loin de s’imaginer à quel prix son métro et son gaz fonctionnent. Il est loin de s’imaginer combien de têtes africaines sont cassées pour chaque mètre cube de gaz qu’il acquiert. Il est loin de s’imaginer l’esclavage monétaire que représente le franc CFA.

Il est loin de s’imaginer que notre histoire commune est écrite, comme le dit le poète en lettres de sang, de larmes et de cris dont les échos remontent des mille collines rwandaises aux plaines antiques du Gourma.

Mais c’est sans compter avec la jeunesse africaine et c’est un mépris des grandes réalités de l’Afrique d’aujourd’hui. Personne n’ignore que la jeunesse africaine, intellectuelle et entreprenante, se tourne surtout vers les Etats-Unis, la Turquie, la Russie et la Chine plus que vers les pays de l’UE, pour les affaires, et surtout de plus en plus pour les modèles politiques.

Les peuples africains s’affranchissent de plus en plus de l’adoration du Moloch français que leur imposent leurs élites discréditées. De plus en plus des écoles anglophones, russophones et mêmes turcophones sortent de terre. L’espace francophone est le plus pauvre, le plus instable au monde et devient un prédateur pour ses enfants. Au Sahel, la France est de plus en plus rejetée et sa politique honnie.

Kagamé devient le modèle à suivre

Tout ça n’est que le début de la résultante de l’injuste politique de Paris basée sur la manipulation, l’intimidation et la génération du chaos. La France jadis crainte et idolâtrée est méprisée,  défiée et frappée  jusque sur son territoire (certains y voient un signe divin des temps), car aucune nation ne peut être grande et invulnérable dans l’injustice.

La politique menée au Sahel est la preuve qu’une puissance démocratique peut aussi se servir de terroristes comme alliés pour des fins économiques. Aujourd’hui, des démarches citoyennes sont entreprises en direction de la Russie de Poutine qui, aux dires de certains, affirme ne pas pouvoir  demeurer sourd aux sollicitations.

Donald Trump compte  “s’intéresser de près à l’interminable guerre en Libye et au Sahel et faire mieux qu’Obama”. Toutes ses puissances et d’autres encore seront les invités d’une France maladroite et trop confiante, qui n’a encore pas compris qu’une bonne réputation et la crédibilité sont la meilleure des richesses au Sahel.

Pour le moment elle semble la reine incontestée, faisant au gré de ses caprices, mais pour combien de temps ? Espérons seulement que l’espoir suscitée par l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, homme de rupture, puisse dessiner et schématiser de nouvelles relations de justice et de solidarité qui sied bien à la continuité de notre histoire commune.

Ali Diarra

Source: La Lettre du Mali

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