Rentrée scolaire avortée à Kidal : Un énième revers des l’Etat malien

ecolier eleve maliDécidée en commun accord par le gouvernement du Mali avec la Cma (la Coordination des mouvements de l’Azawad), la rentrée scolaire 2015-2016, après trois années sans école à Kidal, devait s’effectuer hier lundi 19 Octobre. Mais contre toute attente, elle fût annulée. Le prétexte: une manifestation de protestation de femmes et enfants dans les rues de Kidal. Cela, pour s’opposer à l’arrivée du Ministre de l’éducation nationale, Kénékouo dit Barthélémy Togo, afin de prendre part à la cérémonie d’ouverture des classes officielle. Un énième revers des l’Etat malien.

Selon nos informations, la Cma aurait demandé au gouvernement de se faire représenter par une autorité moins importante que le ministre de l’éducation. Ce que ce dernier n’aurait pas accepté.
Au-delà du refus de la Cma de laisser une autorité malienne atterrir à Kidal, l’absence totale de l’administration malienne, du personnel enseignant, des forces de défense et de sécurité dans l’Adrar des Ifoghas, présageaient d’un lendemain incertain, si la reprise des classes se faisait dans un tel contexte. Elle augurait sans nul doute, d’autres calvaires pour les élèves et enseignants en situation d’insécurité.
Au lieu de s’empresser de mettre la charrue avant les bœufs, le gouvernement devait penser d’abord aux conditions d’accueils et d’apprentissage des élèves; du retour des enseignants. Comment les élèves vont-ils étudier en l’absence de la majorité des enseignants de la localité qui actuellement sont au Sud du fait de l’insécurité? Les classes sont dans un état de délabrement et certainement sans table-banc. Rien n’a été fait non plus pour le retour des scolaires réfugiés dans  les pays limitrophes. A toutes ces préoccupations, l’Etat devrait s’assurer que des réponses idoines ont été trouvées. A voir de près, aucune des ces conditions n’est réunies. Que vise alors l’entêtement à tout prix des autorités d’effectuer la rentrée des classes? Le syndicat des enseignants a parlé de rentrée politique et non de rentrée scolaire. Ce syndicat a donné le jeudi dernier, à la Bourse du travail lors d’une conférence de presse, pour s’opposer à l’idée du gouvernement et de la Cma de faire à tout prix la rentrée des classes alors que beaucoup de zones d’ombres restent à éclaircir. Ils ont insisté en l’occurrence sur « les conditions sécuritaires, la présence des forces de l’ordre et de sécurité, la réhabilitation des écoles et des locaux de l’administration scolaire».
Ce revers du gouvernement  appuie aussi la déclaration de l’ancienne ministre de l’éducation nationale Mme Togola Jacqueline Marie Nana Togo, aujourd’hui élue députée RPM de la CV de Bamako, qui avait souligné que l’école s’ouvrira à Kidal quand l’administration y retournera. Comme pour dire qu’il fallait attendre le retour effectif de l’Etat pour ouvrir les classes.
Pour l’intérêt de toutes les patries, pour le bonheur des élèves, avenir du pays de demain, l’on doit se rendre à l’évidence, en réunissant le maximum des conditions pour ouvrir les classes dans cette zone. A quoi va servir une ouverture des classes si les enseignants ne sont pas sur place, si l’Etat n’est pas présente à travers l’académie, l’administration, les forces de défense et de sécurité? Le Ministre Barthélémy Togo aura-t-il le courage de faire comprendre aux uns et aux autres sur ces handicaps, sur les conséquences d’une rentrée non préparée?
Faux  bond de la Cma
Et pourtant, selon studio Tamani, la Coordination des mouvements armés, CMA, qui contrôle la zone, rassure que « toutes dispositions sécuritaires sont prises » pour la reprise de l’école dans la région. «Cette date du 19 octobre a été proposée et acceptée par tous. Pour l’instant, la date du 19 est maintenue, je peux vous assurer que partout où la CMA est présente, elle ne ménagera aucun effort pour honorer les engagements pris dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord, y compris la réouverture des écoles et la sécurisation des enseignants», a déclaré Almou Ag Mohamed, porte-parole de la CMA, joint par le studio Tamani. Ces propos méritent réflexion après l’empêchement du Ministre d’atterrir à Kidal.
Hadama B. Fofana

Source: Lerepublicain

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