Remise sur la table des négociations de la question de l’Azawad et du fédéralisme : Le ministre Abdoulaye Diop s’étonne devant les diplomates étrangers

Partie le 20 novembre 2014 pour le 4ème rond des pourparlers avec les groupes armés, la délégation malienne avec à sa tête le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop n’a pu produire les résultats escomptés.  A savoir : parvenir à un accord définitif dont la signature devrait  avoir lieu à Bamako. Selon le chef de la délégation, les causes de l’échec sont aussi multiples et étonnantes. Car à l’en croire, la partie gouvernementale a participé stupéfaite et abasourdie  aux débats en voyant les différents mouvements armés remettre sur la table des négociations des velléités indépendantistes qu’on croyait résolu depuis le 1er rond des pourparlers. A savoir : le fédéralisme et la dénomination Azawad pour les régions du nord. A cela s’ajoute la faible représentativité des premiers responsables des groupes armés.  A  Bamako, le ministre des Affaires étrangères a rencontré, le mardi 9 décembre 2014 dans la salle de conférence de son département, le corps diplomatique accrédité au Mali. Objectif : les informer sur les difficultés rencontrées par la délégation gouvernementale au cours de ce 4ème round et recevoir des suggestions sur la meilleure façon d’avancer.

Abdoulaye Diop ministre malien  Affaires etrangeres Integration africaine Cooperation internationale algerAux dires du ministre des Affaires étrangères, la rencontre du 20 au 27 novembre était essentiellement consacrée à la discussion des documents de  synthèse proposés par la médiation internationale aux différentes parties. Mais à l’en croire, très vite la délégation gouvernementale a été confrontée à sa grande surprise à un changement d’approche qui a bloqué les négociations pendant plusieurs jours. « Les questions liées au fédéralisme et à l’appellation Azawad pour les régions du nord que la partie gouvernementale croyait résolues depuis le mois d’octobre ont refait surface », s’est étonné le ministre Diop. Selon lui, la question du fédéralisme a été encore très discutée lors du 4ème rond des pourparlers.  Une revendication qu’il juge archaïque qui a été auparavant rejetée par la médiation pour la simple raison qu’elle n’est prévue dans la constitution. « On ne peut parler de fédéralisme qu’entre  deux Etats. Or le Mali est un seul Etat », a expliqué le ministre. Pour Diop, la délégation gouvernementale s’attendait plutôt à voir les groupes armés  faire des propositions pour améliorer le document de synthèse de la médiation. Avant de dire qu’il est inacceptable pour le gouvernement du Mali au regard de la charge politique et institutionnelle qu’on veut donner à la zone que Gao, Tombouctou et Kidal soient appelé Azawad. Par ailleurs, le ministre s’est réjouit du fait que la délégation gouvernementale soit parvenue à revenir d’Alger avec un autre document de préaccord « mais qui n’a pas été négocié », a-t-il précisé. « Nous ne rejetons pas ce document parce que  c’est une base solide de négociation car beaucoup d’avancées ont été enregistrées pour pouvoir avancer dans les négociations », a indiqué M. Diop tout en précisant que le gouvernement a toujours des griefs sur certains points.

 

La partie gouvernementale snobée

Selon le ministre Diop, lors de ce 4ème rond la délégation gouvernementale a été aussi étonnée par la faible représentativité des premiers responsables des mouvements armés  qui se sont fait fortement remplacer. Cette absence des responsables des groupes armés a littéralement joué sur le résultat attendu. « Je suis sûr que si les mouvements avaient leurs premiers responsables beaucoup de questions allaient pouvoir être résolues », a regretté Abdoulaye Diop. Avant d’appeler les groupes armés à plus d’engagements politiques pour gagner du temps. Car selon lui, même la signature d’un accord définitif n’est que le début d’un processus de la résolution de la crise. A cela s’ajoute la question de confiance et de respect des engagements, qui selon lui, a fait également l’objet d’âpres discussions entre les parties.

Youssouf Z KEITA  

 

 

SOURCE: Le Républicain  du   10 déc 2014.
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