REGION DE GAO : Le retour des razzias

Depuis 2012, la situation sécuritaire n’a cessé de se dégrader. Elle a atteint son paroxysme depuis l’avènement de la signature de l’APR. Malgré la présence de toutes les armées nationales et internationales, des groupes armés signataires, des milices pro gouvernementales, les populations continuent de subir le diktat des braqueurs.

Cette semaine, l’organisation humanitaire Action contre la Faim s’est fait braquer entre tessit et ansongo. Quelques semaines auparavant ce sont des forains ou des bus qui sont spoliés de tous leurs biens. Des villages entiers sont enclavés du fait de la présence de groupes de voleurs qui n’hésitent pas à tuer pour des peccadilles. Dans la ville de Gao, il n’est pas nécessaire de faire une description du phénomène du vol de voiture avec mort d’homme dont le dernier en date est celui contre le sousprefet de Gao et qui a coûté la vie à l’épouse de l’administrateur. Si dans les campagnes et sur les axes, la distance pourrait justifier l’inertie des autorités et de toutes ces forces militaires présentes dans la région, à l’intérieur de la ville, il est inconcevable que depuis des années, des braquages violents et en plein jour puissent continuer au nez et à la barbes de toutes sortes de soldats. La population de Gao peinent à comprendre que les autorités militaires ne puissent sortir un plan pour pallier le modus operandi des voleurs qui demeure le même. Si à l’échelle des petits voleurs on est incapable de développer des stratégies efficaces, quid de la lutte contre le gros poisson qui est le terrorisme ?
La notion de sécurité pour les populations n’est pas de traquer les terroristes alors que les vrais semeurs de la terreur sont ceux-là contre qui aucune armée ne semble vouloir déployer des forces. Cette lecture différente des priorités et de la notion de la sécurité a provoqué un climat de méfiance et est entrain de priver nos famas du pilier essentiel pour la sécurité : le renseignement. La rupture et le manque de confiance qui réside entre les Fama, l’hostilité vis à vis de la MINUSMA, barkane de la part des populations tirent leurs sources de cette indifférence face aux braquages qui plombent l’économie et tuent à petit à feu tout développement local.

Source : Le Hoggar

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