Rebelles de Kidal : laborieux exercice de disculpation

Les nombreux dérapages des groupes rebelles de Kidal ont fini par incommoder l’opinion internationale, jadis favorable ; mais, à présent, soumise à un difficile et périlleux exercice de disculpation.

rebelles mnla kidal nord-mali

L’assassinat lâche et ignoble de deux de nos confrères, Ghislaine DUPONT et Claude VERLON, peut être considéré comme la goutte d’eau de trop par rapport au statut de non-droit qui règne à Kidal. Un dérapage de trop des groupes rebelles si l’on devait se fier aux faisceaux concordants de preuves de leur responsabilité dans ce tragique événement qui a choqué l’ensemble du peuple malien et bafoué ce qu’il a de plus cher, à savoir le ‘’jatigiya’’. Au Mali, jusqu’à preuve du contraire l’hôte est sacré ; par conséquent ne doit-il rien lui arriver sans que celui qui l’héberge ne se travers en travers de la route de ses agresseurs. De toute évidence, cette règle élémentaire multiséculaire a été foulée du pied en ce sombre samedi où deux combattants de la liberté, des valeurs démocratiques, devaient perdre la vie à mille lieues des leurs.

S’il existe plusieurs paramètres d’appréciation de cette situation ; il en est un qui a été incontestablement ignoré dans cette affaire. C’est la protection due à l’étranger. Le cadre du Mouvement rebelle touareg, selon les témoignages concordants, ne s’est pas donné la peine de porter assistance à personne en danger, puisque c’est chez lui que nos confrères ont été enlevés par des hommes armés.

Une condamnation du MNLA du crime odieux ne pouvait que couler de source dans la mesure où c’est le b à ba en, la matière et s’inscrit parfait dans le cadre des réactions protocolaire.

Mais là il ne s’agit pas de diplomatie. Il ne s’agit même pas de justice et de responsabilité pénale, sur lesquelles les compétences commises pourraient toujours épiloguer et trouver le coupable le moins politiquement dérangeant. Autrement l’hôte des victimes devrait être en lieu plutôt sûr au lieu d’être toujours sur les antennes internationales à pérorer et à seriner des inepties.

Ce dont il est question, c’est bien de la conscience d’avoir failli à un devoir, un devoir de protection envers un étranger. De cela, les rebelles du MNLA qui contrôlent Kidal ne sauraient se soustraire. Et pour cause, l’armée malienne limitée à sa portion congrue de moins de 200 hommes, sans armes lourdes, est cantonnée. Les forces internationales plient l’échine face à l’arrogance du MNLA qui est tout sauf cantonné. En toute logique qui est responsable de l’insécurité à Kidal si ce n’est ce groupe rebelle.

Dès lors, l’on peut toujours vouloir rester dans une logique, celle de croire malgré tout que ce MNLA est un mouvement laïque et que les rebelles quand ils sont laïques ne se rendent pas coupables d’atrocités. Cela est de bonne guerre pour être cohérent avec soi-même.

L’on comprend aisément qu’avant même l’ouverture de toute enquête l’on se précipite à charger les terroristes (comme si le MNLA n’en faisait pas partie en se fiant au sens français de terroriste).

Cependant, le fait est que cette fois-ci, l’exercice de disculpation s’avère très laborieux. En tout cas du point de vue de la conscience. Ce double crime devrait peser lourd sur la conscience des rebelles qui ont annoncé urbi et orbi qu’ils contrôlent Kidal. Il devrait également peser sur les consciences de tous ceux qui ont œuvré à faire passer des démons pour des diables. Eux, tous, portent la responsabilité de ces deux assassinats et de centaines d’autres ; d’autant plus qu’un mort en vaut un autre.

En définitive, il est temps de se rendre à l’évidence : la situation à Kidal est insoutenable.

Par Bertin DAKOUO

Source: Info-matin

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