Qui protège Iyad Ag Ghaly ?

Nampala, Tabankort, Kidal… La menace que fait planer Iyad Ag Ghaly sur le nord du Mali est à son paroxysme et pourtant le leader d’Ansar Dine reste officiellement introuvable. Tout porte à croire qu’il bénéficie de complicités à haut niveau, mais reste à savoir de la part de qui. Tous les regards se tournent vers l’Algérie, de plus en plus accusée de protéger le plus recherché des terroristes maliens.

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Celui qui affirme chaque jour un peu plus son influence dans le grand désert du Sahara dont il est le fils historique continue de se terrer on ne sait trop où. Un coup en Libye, un coup à Kidal, un coup en Algérie. Si sa présence dans les deux premiers pays est logique vu le « no man’s land » que représente le sud libyen et le manque de contrôle de notre armée sur Kidal, en revanche sa présence supposée en Algérie intrigue. Ce pays frère a certes toujours été proche d’Iyad Ag Ghaly du temps où celui-ci était un simple rebelle. Il a été complice d’Iyad Ag Ghaly quand celui-ci a choisi de trahir ses frères d’armes du MPLA en 1991 ou bien lorsqu’il a trahi Ibrahim Ag Bahanga en 2007. L’Algérie a-t-elle une nouvelle fois aidé le traître, cette fois-ci pour embrasser la cause du jihad ?

Nous autres maliens sommes bien placés pour savoir que l’Algérie contrôle son territoire de manière hermétique depuis la tragique guerre civile qui a endeuillé le pays dans les années 1990. Alors si, comme la rue bamakoise le murmure, Iyad Ag Ghaly n’a pas de difficulté à rejoindre l’Algérie, comment interpréter cette liberté ? Faut-il y voir un manque de contrôle par les Algériens de leur frontière ou une complicité fondée sur 25 années d’amitié?

Dans les deux cas, le constat est très inquiétant. S’il pénètre en terres algériennes à l’insu des soldats algériens sensés verrouiller la frontière malienne c’est que la sécurité nationale algérienne pourrait être gâtée. Si un laissez-passer lui est accordé par l’Algérie, on peut alors s’interroger sur les raisons qui poussent l’Etat sensé être à la pointe de l’antiterrorisme au Sahara à protéger celui que les américains ont placé depuis 2013 sur la liste des terroristes internationaux.

Si le doute était encore permis sur ancrage jihadiste en 2013, Iyad Ag Ghaly l’affirme désormais haut et fort et l’actualité ne manque pas pour le démontrer : roquettes tirées contre la Minusma à Kidal, mines posées contre des convois de la Minusma et des populations civiles… Même l’attaque de Nampala porterait sa signature d’après mon confrère de la presse nationale, Kassim Traoré. On comprendrait d’autant moins l’attitude algérienne qu’Iyad Ag Ghaly a prêté allégeance à AQMI, principale menace pour les intérêts algériens. Faut-il attendre qu’il se retourne contre les Algériens comme il s’est retourné contre notre Etat pour qu’Alger prenne conscience du danger qu’il représente ? Il est temps que nos frères Algériens informent les autorités maliennes de leur position vis à vis de ce perfide combattant qui salit l’Islam en ayant choisi de rejoindre le camp du terrorisme international.

 

Source: autre presse

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