Question du nord : Un appel à la conscience nationale

C’est depuis le pacte de la paix que cette partie du territoire avec ses 65,25% a été appelé Azawad. A l’indépendance, nous a-t-on dit, la Première République a fait de cette partie du pays « la région bagne ».C’est bien dans le septentrion qu’on envoyait tous les grands malfaiteurs, les hommes politiques gênants et les mauvais fonctionnaires. A l’époque du CMLN et de l’UDPM il en fut aussi ainsi. Le nord fut le cimetière de nombreuses victimes de l’intolérance, de l’arbitraire et de l’injustice. Ils sont encore nombreux à garder un très mauvais souvenir de leur séjour dans les bagnes du nord Mali.

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A cette époque, les fonctionnaires mutés dans les régions du nord se chagrinaient et s’activaient à annuler la mutation. Ceux qui y étaient mutés se demandaient quel forfait ils avaient commis. Ce qu’ils avaient fait de mal. Personne à cette époque très difficile ne voulait vivre au nord, même les natifs. Ces propos étaient très souvent repris en refrain dans les grains. Quand un agent quittait le nord par suite de mutation, c’est toute la communauté qui en était informée, Cet évènement occasionnait la joie, une fête, les félicitations des collègues qui enviaient l’heureux fonctionnaire en lui souhaitant bonne chance, tout en espérant être le prochain élu à plier bagages.

A une certaine époque, l’autorité de l’Etat s’était effritée, à telle enseigne que certains fonctionnaires mutés au nord refusaient purement et simplement de rejoindre leur poste d’affectation. Il arrivait que certains optent volontairement pour la retraite pour échapper à ce qu’ils appelaient « le déplacement mortel ».C’était une obsession à l’époque pour les fonctionnaires de quitter le nord. Une période où l’on s’est beaucoup servi du nord à travers toutes les aides, tous les dons, toute cette assistance matérielle et financière pour sa sauvegarde. Quelle a été la destination de cette manne? C’est bien l’époque ou l’on a parlé « des châteaux de la sécheresse ».A cette période tout le monde était unanime à parler du dénuement de cette partie du territoire. Il a été aggravé par l’incurie des chefs féodaux qui se sont régulièrement servis dans les financements du développement au détriment des communautés et populations du nord. Encore aujourd’hui, on continue de solliciter la communauté internationale pour le même scénario. Faisons en sorte que ce qui est destiné au nord revienne au nord. Dans tous les cas, cette assistance extérieure est toujours mise en avant. Rien n’empêche que dans quelques années le nord de notre pays devienne un nouvel Eldorada. L’anomalie conjoncturelle s’est dissipée, le nord est en passe de devenir un lieu ou il fait bon vivre. Le nord n’est plus aujourd’hui cette région « paria ». La paix est signée, faisons en sorte que le Mali soit un havre de tranquillité. Ce pays est et reste notre fierté. Un et indivisible le Mali le restera. C’est un appel à la conscience nationale.

Bara De Dara

 Source: Notre Printemps
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