Processus de Cantonnement, d’intégration et d’insertion des jeunes combattants au sein des Famas : Un impératif de premier ordre.

« Jouer avec sa sécurité, c’est jouer avec son existence et sa vie. Cela est valable tant pour l’homme que pour la nation ». Pourtant c’est ce que semble ignorer le Président IBK et son gouvernement.

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Après les rebellions successives de 1963 à 2012, on pensait que les différents régimes successifs avaient compris qu’il fallait, recruter désormais dans l’armée des jeunes engagés prêt au sacrifice ultime pour la défense de la patrie malienne. Depuis le démarrage de la mise en œuvre de l’accord dit d’Alger on constate que les jeunes patriotes qui ont chassé les djihadistes à coup de pierre pour protéger leurs cités lorsque l’Armée Malienne s’est repliée, sont écartés du processus de recrutement dicté par l’Accord d’Alger. En effet, cet Accord pour la paix et la Réconciliation, issu du processus de négociation d’Alger, a été signé entre les représentants du gouvernement malien, la Plateforme (Gatia) et la médiation internationale puis parachevé le 20 Juin par les autres mouvements armés ( MNLA , HCUA et MAA), suivi d’un arrangement sécuritaire le 5 juin 2015 à Alger. Le gouvernement du Mali, dans cet accord, envisage la création dans les régions « d’une police territoriale » et des unités de défense territoriale (articles 5, 17, 18,22 et 27 et annexe2) de l’accord d’Alger. Les forces redéployées devront inclure un nombre significatif de personnes originaires des régions du Nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et faciliter la sécurisation progressive de ces régions (article 22). C’est parce que le processus va bientôt commencer que les jeunes résistants de Gao, Tombouctou et Mopti se demandent pour quelle raison, on leur impose de se présenter à la commission de recrutement avec leurs armes ? Les autorités politiques savent pertinemment qu’en 2013, les FAMas et la force « Serval » ont ratissé la ville de Gao, Tombouctou et même quelques cercles de Mopti pour récupérer les armes que détenaient ces jeunes patriotes, qui ont défendu aux prix de leur vie les personnes et leurs biens au moment de l’occupation djihadiste. Alors pourquoi la même procédure n’a pas été appliquée à Kidal, à Ménaka pour les ex-rebelles ? Les jeunes résistants de Gao, Tombouctou et de Mopti se sont battus au risque de leur vie parfois les mains nues avec des slogans patriotiques pour maintenir le Nord du pays dans le giron malien lorsque l’armée a été mise en déroute, abandonnant les familles dans la détresse aux mains des assaillants. Ils ont défendu les populations, les femmes et les enfants, les biens et le drapeau du Mali .Ils ont empêché des viols, des lapidations à mort, des amputations. Ils ont préservé Les édifices publics contre les pillages, l’hôpital de Gao, le Pont de Tassiga. Ils ont empêché la destruction des monuments historiques. Ces jeunes sont des citoyens hautement patriotes qui ont défendue les couleurs Vert- Jaune-Rouge, symbole d’appartenance à la nation malienne. Alors le citoyen lambda se pose la question de savoir s’il ne faut pas prendre les armes contre sa patrie a l’image des groupes armés terroristes, narcotrafiquants et criminels à vocation irrédentiste comme la CMA, MNLA, HCUA, MAA pour mériter le respect, la considération et surtout avoir des droits au Mali ? Faut-il agir comme ces groupes armés qui ont commis sur des populations civiles innocentes, des exactions, des brimades, des viols, des exécutions sommaires et des amputations ? Tous ces crimes sont qualifiés par des experts comme des crimes contre l’humanité, des crimes de guerres contre les populations du Nord. Malgré les crimes commis par ces apatrides, on constante que le gouvernement est d’accord, dans le cadre de la mise en application de l’accord d’Alger de cantonner et d’intégrer les ex-combattants au sein des unités de défense territoriales des forces armés et sécurités du Mali, excluant les jeunes résistants du processus d’insertion et de réinsertion. Cela constitue à leurs yeux une faute grave aux conséquences imprévisibles. Le gouvernement de la République du Mali doit savoir que la présence des forces onusiennes sur son sol n’est pas éternelle. D’ailleurs leur présence n’a pas contribué à ramener la sécurité du moins pour le moment. Seule l’intégration des jeunes des régions de Gao, Tombouctou et Mopti pourront garantir la paix pour toujours. On constate que la MINUSMA en impose au régime d’IBK. C’est dommage ! Le président malien doit savoir aussi qu’aucun processus de paix et de réconciliation ne sera durable sans l’implication de tous les fils du pays. Parce qu’à chaque conflit, ils défendent l’unité nationale, et mieux ils sont majoritaires dans le Nord contrairement aux jeunes touaregs. Mais visiblement le gouvernement actuel ne semble pas prendre cet aspect en compte. Cela ne contribuera pas à ramener la paix .

Seydou DiarraSource: CARREFOUR

 

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