Pour une sortie de crise : IBK souhaite une médiation mauritanienne aux côtés de l’Algérie

La crise sécuritaire que connait notre pays depuis quelques années est certainement la plus profonde de sa longue histoire. La communauté internationale, dans un élan de solidarité, s’active à y trouver une solution durable voire définitive à travers une médiation initiée depuis bientôt un an et dont l’Algérie est le chef de file.

Quelques jours après que le Maroc eut déploré  » un recul préoccupant du processus de paix « , le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a souhaité une médiation mauritanienne dans la crise malienne après celle de l’Algérie. C’est le ministre de la Réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, qui a transmis le message du président IBK à son homologue mauritanien, Ould Abdel Aziz. C’était le mardi dernier.

Cette main tendue du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, à son homologue mauritanien, Ould Abdel Aziz, intervient un peu plus d’un mois après le paraphe de l’Accord d’Alger par le gouvernement, la médiation et la plateforme. La Coordination des mouvements armés (MNLA, HCUA et MAA) a, pour le moment, refusé de le parapher.

Profitant d’une visite dans les camps de réfugiés maliens en Mauritanie, le ministre de la réconciliation nationale a remis au président mauritanien une lettre du président IBK, le sollicitant à se joindre à la médiation conduite par l’Algérie.  » Le Mali compte sur la Mauritanie pour poursuivre ses efforts afin que les parties, qui n’ont pas encore paraphé l’accord d’Alger le fassent. Il est important pour le Mali que la Mauritanie accompagne cet accord en tant que médiateur aux côtés de l’Algérie  » a déclaré le ministre Zahabi Ould Sidi Mohamed à sa sortie d’audience.

Il faut dire que depuis l’an passé, la Mauritanie était prédisposée à offrir ses services pour une sortie de crise. En effet, à l’issue de la visite qu’il a effectuée à Bamako, en mai 2014, en tant que président en exercice de l’Union africaine, le président mauritanien, Ould Abdel Aziz, avait déjà assuré son soutien à notre pays dans la crise qu’il traverse.  » La Mauritanie n’épargnera aucun effort, aucun engagement pour sortir le Mali de cette situation  » a déclaré le président Aziz. La voie du dialogue dans laquelle s’est inscrite la médiation internationale avait déjà été proposée le président mauritanien, lors de son passage à Bamako en mai 2014.  » La force n’est pas la solution. Tôt ou tard, on aura besoin de dialoguer  » avait-il déclaré.

C’est dire que tout simplement que la Mauritanie est, elle aussi, un élément indispensable dans la recherche d’une paix définitive au Mali. Et pour cause, nous partageons l’histoire, la géographie et la culture sans compter que plusieurs responsables des mouvements armés y résident depuis longtemps. Surtout que depuis 2011, la Mauritanie avait déclenché une vaste guerre contre le terrorisme. D’ailleurs, elle a même joui du droit de poursuite sur notre territoire. L’on se souvient encore des bombardements qu’elle avait effectués dans la région de Tombouctou et qui avait fait des victimes civiles.

En réaction au souhait de voir son pays intervenir dans la médiation aux côtés de l’Algérie, le président a profité d’une visite dans les camps de refugiés de Mberra (Est de la Mauritanie)  pour exprimer que  » la Mauritanie continuera à assurer l’aide et l’appui nécessaire aux réfugiés maliens et ce, en collaboration avec le Haut Commissariat aux Réfugiés et ne ménagera aucun effort pour un retour définitif de la paix au Mali, un pays frère et ami « .

  Diakaridia YOSSI

 

Source: L’Indépendant

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