Opinion : L’indépendance dans la dépendance

Parler d’indépendance, c’est parler de la cruauté subie par un peuple à cause de la convoitise d’un autre. Parler d’esclavage, c’est parler de la cruauté subie par un peuple à cause de la cupidité d’un autre. Mais, dans notre cas, à nous les noirs, et ce, où que nous soyons, c’est que le système nous a fait passer pour des bêtes sauvages, pour des êtres de catégorie inférieure. Donc, nous n’avons pas droit à l’indépendance, et nous ne sommes bons qu’en esclaves, et le pire, c’est que cette idée a germé même dans les esprits de certains noirs.

monument independance bamako

 

Pour ma part, je ne me lasserai jamais de dire la fierté que j’ai d’être née comme je suis et où je suis. Ce qui se passe dans nos enclos coloniaux, notamment les francophones, était prévisible. L’engouement pour la chose française est normal, car pendant longtemps, ça a représenté la seule manière d’être en paix.

Quand on veut vous asservir, par tous les moyens et surtout par les plus cruels (j’invite les incrédules à se pencher sur les affres et les horreurs de la colonisation), et que vous en avez marre, et que vous n’avez pas l’âme belliqueuse, vous finissez par vous aplatir sous le rouleau compresseur.

C’est ce qui est arrivé, je n’aime pas trop justifier certaines choses, mais face à la cruauté du système, je pense que nos aïeuls dans leur grande majorité n’avaient pas le choix.

Aujourd’hui encore, la chose française reste un atout considérable pour tout nègre des enclos coloniaux. Je vous invite à faire des tests, en comptant bien sûr, sur l’honnêteté des uns et des autres. Ceux qui sont aux postes clé chez nous sont Franco-maliens, et qui sait, peut-être même au plus haut niveau.

Un artiste du Mali, qui veut s’épanouir comme il le faut, donc obtenir parfois des fonds et voyager a plus de chance s’il est Franco-malien… Souvent, les deux catégories citées représentent le Mali, mais en voyageant en tant que Français…Vous ne trouvez pas ça bizarre ?

J’ai ma propre identité, je sais qu’avant l’arrivée des envahisseurs aussi bien arabes qu’occidentaux, la terre qui m’a vue naître était des plus enviées (d’où les invasions et abus).

Je refuse toute falsification de l’histoire, toute falsification de mon identité, et je me battrai jusqu’à mon dernier souffle contre tout énergumène venant profiter de nos richesses et qui prétend m’apporter la culture, les bonnes manières, un art de vivre, etc.

 

KKS

Source: Le Reporter

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