NOUVEAUX AFFRONTEMENTS ENTRE GROUPES RIVAUX PRO-BAMAKO : Les djihadistes se frottent les mains

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Le week-end dernier a été marqué à Douentza, au Mali, par des affrontements entre groupes armés rivaux, en l’occurrence le Gatia et le Ganda Izo,  qui ont entraîné plusieurs morts, des blessés et des prisonniers. La particularité, c’est que ces groupes d’autodéfense  touaregs et peuls, sont tous  réputés proches de Bamako, dans le conflit qui oppose depuis bientôt trois ans, l’autorité centrale aux groupes rebelles indépendantistes et djihadistes qui écument le septentrion du pays. L’on comprend alors pourquoi Bamako s’est empressée de réunir autour d’une même table, les représentants des protagonistes dans la capitale malienne, pour  trouver une solution en vue d’aplanir les difficultés. Ces affrontements entre alliés viennent rappeler, une fois de plus toute la complexité du dossier malien. Car, chaque fois que l’on pense voir poindre le bout du tunnel, il y a toujours un évènement malheureux qui vient quelque peu remettre en cause les maigres acquis et en rajouter à la difficulté de l’équation. Retardant ainsi le processus de sortie de crise et repoussant chaque jour un peu plus, le bout du tunnel aux calendes maliennes. Tant et si bien que cette paix si recherchée et qui fait courir par monts et vallées, le président Ibrahim Boubacar Keïta, est en passe de devenir une arlésienne. C’est à se demander s’il n’y a pas des gens qui ne veulent tout simplement pas de la paix au Mali. En tout cas,  l’on est tenté de se poser la question de savoir qui a peur du retour de la paix au pays de Soundiata Keïta, depuis que les djihadistes ont été freinés dans leur élan expansionniste par la France en janvier 2013. La réponse à cette question ne laisse aucune place au doute : il s’agit de tous ceux-là qui pourraient ne pas avoir leur compte dans l’accord  qui est censé encadrer le processus de sortie de crise. Mais à ce niveau, personne ne peut jurer de ce qui se cache réellement derrière les intentions des uns et des autres. Toutefois, l’on a le sentiment que malgré les professions de foi, chacun veut tirer la couverture à soi et semble avoir des points de revendication auxquels il tient comme à la prunelle de ses yeux.

Il ne faut pas se tromper d’ennemi

Aussi, dans la situation actuelle où l’on se dispute entre alliés, l’on ne peut s’empêcher de penser à une sorte de guerre de positionnement voire identitaire entre partisans de Bamako, histoire de marquer chacun son territoire. Toutefois, il est impérieux de travailler à vite ramener la sérénité dans les rangs, car l’ennemi est tapi dans l’ombre et n’attend que la moindre occasion pour frapper et reprendre du terrain. Or, Dieu seul sait si ces querelles intestines peuvent contribuer à fragiliser le camp du pouvoir. Dans ces conditions, ce sont les djihadistes qui se frottent les mains ; eux qui rient sans doute sous cape de ces frictions qui interviennent dans les rangs de leurs adversaires, au moment où les forces internationales aussi sont mises à rude épreuve sur le terrain où elles enregistrent de plus en plus de pertes humaines et matérielles. C’est pourquoi la tentative de conciliation entreprise par les autorités maliennes est à saluer, car il ne faut pas se tromper d’ennemi. D’autant plus que Bamako ne semble pas avoir d’emprise réelle sur ces groupes armés, au point de leur dicter voire imposer une ligne de conduite. Tout le mal que l’on puisse souhaiter à ces groupes, c’est de parvenir à un consensus pour faire front contre l’ennemi commun, car la situation est suffisamment délétère pour que Bamako se permette la moindre dispersion de ses forces.

Outélé KEITA

 

Source: lepays

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