Nord du Mali : Pourquoi la crise n’en finie pas ?

Depuis plus de 4 ans maintenant, des forces armées africaines, françaises et internationales sont engagées chez-nous. Dans le but selon eux, de stopper l’avancée des groupes armés et redonner au Mali son intégrité territoriale. Mais force est constater qu’après la récupération des régions de Tombouctou et de Gao, la gestion sombre de la crise fait effet de boule de neige. Et la conscience populaire s’éveille enfin !

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A l’origine de la crise malienne cette date est capitale, le 20 octobre 2011, jour de la mort  du guide libyen, Mouammar Khadafi à Syrte sa ville natale. Le commanditaire de cette mort !

La soi-disante  communauté internationale représentée par l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord), après une résolution n° 1973 du Conseil de sécurité des Nations-Unies. Leur cause était, de protéger la population civile contre le régime Khadafi, qu’ils avaient jugé trop  menaçant.

La Libye est prise et le désordre s’installe, du coup personne ne maitrise plus rien, et bien c’est dans cette bavure que certains groupes se sont emparés de lourds équipements  de l’ancien régime Khadafi. Avec ces armes, ces groupes armés se sont dirigés vers les pays ouest-africains.

Ils tentent d’entrer au Niger voisin, Mahammadou  Issouffou, le président nigérien leur propose ses conditions d’entrée, selon lesquelles, ils ne rentrent qu’après avoir déposé leurs armes. Les rebelles refusent, et bien, le président nigérien tranche avec fermeté, car il dira lui également  non et demande aux groupes armés de passer sur son pays.

Donc, ils(les groupes armés) arrivent chez-nous et le président de l’époque, Amadou Toumani Touré alias ATT rempli de bienfaisance, leur  dresse le tapis rouge, leur arsenal  y compris. Grosse  erreur !

Puis un beau jour, ces mêmes groupes  se révoltent  contre le régime ATT, celui-là  même qui avait ouvert la porte du Mali à ces groupes armés avec tout le nécessaire possible. Ces hommes lourdement armés et entrainés s’emparent les unes après les autres des  grandes villes du nord Mali. Et baff, le Mali perd les 2/3 de son territoire, l’armée malienne  affaiblie par la corruption, qui existait  déjà à son plus haut niveau, ne pouvait point  faire face aux groupes armés.

A l’époque, c’était Diancounda Traoré qui tenait la présidence du Mali,  la crise s’amplifie,  Diancounda fait appel à l’ancienne puissance coloniale, la France.  Et Diancounda signe des accords précipités  aves l’Etat français en vue d’une éventuelle  intervention militaire au Mali. En ce moment, les populations n’avaient qu’une seule préoccupation en tête, la libération du Mali, et prêtaient  peu d’attention au contenu de l’accord signé par Diancounda Traoré avec le gouvernement français.

Le début des interventions militaires

En janvier 2013, les forces armées françaises se trouvant au Tchad sont déployées à Konna dans la région de  Mopti au centre du Mali. Cette opération militaire fut  baptisée « Serval » par Paris.  Son but, stopper l’avancée des groupes armés et aider le Mali à retrouver son intégrité territorial. Et qu’un délai de limite de l’opération « Serval »  a été fixé, le 15 juillet 2014, d’après  l’Etat français.

Ensuite, les retardataires africains de la Misma (Mission africaine pour la  stabilité du Malidevraient arriver, mais qui devront ensuite céder sa place à la Minusmala mission onusienne pour le Mali. Alors, c’est ainsi que les plus forts avaient décidé du sort de notre pays, le Mali-ba.

Mais hélas, c’est ainsi va ce bas monde !

Les interventions et leurs objectifs  déclarés

D’abord pour l’intervention française, elle  n’en durera  que trois (3) ans avait déclaré le président français de l’époque, François Hollande lors d’une  de ses  visites aux Emirats Arabes-Unis. Voici ce qu’avait dit M. Hollande à ce jour :

  1. « Stopper l’avancée des groupes armés en direction de Bamako », 2. « Sécuriser Bamako où se trouvent plusieurs ressortissants français » et enfin 3. « Permettre au Mali de retrouver l’ensemble de son intégrité territoriale ». Avant de terminer par ce propos, selon lequel, la France n’a pas vocation de rester au Mali.

Mais que non, car au fil du temps les esprits  comprennent  les véritables objectifs non avouables de leur intervention militaire.

Quant à la force de la CEDEAOses objectifs sont identiques  à ceux des autres. Mais ici au moins  tout le Mali est témoin de ce qu’avaient  fait les forces armées Tchadiennes. J’en profite, hommage à tous les soldats Tchadiens et africains  morts pour le Mali. Amine !

Mais malheureusement encore pour le Mali, ils ont été très rapidement écartés du terrain de combat. Et toutes les louanges sont désormais à la portée de Serval rebaptisé Barkhane.

La force onusienne, elle, s’est fixée au début comme objectifs prioritaires, aider le Mali à retrouver la paix de façon générale. Ensuite, avec le renouvèlement du mandat de la Minusma  par le Conseil de sécurité en juin 2016, les objectifs  avaient été revus comme suit : aider l’Etat malien à la bonne application de l’accord de paix signé entre le Mali et les groupes armés. Et protéger les populations civiles. En se basant sur leurs dires, en ce moment précis, le Mali doit totalement retrouver la paix, mais cela n’a  pas été  le cas, car ce qui a été déclaré n’a pas été suivi.

Ces objectifs déclarés ont-ils été bien respecté ?

Non, non et non jusqu’à l’infini !

C’est après la reprise des villes suivantes, Konna, Tombouctou et Gao que la véritable version des choses fera fuite. Et c’est particulièrement la ville de Kidal qui fait  l’objet. Car depuis les élections présidentielles de 2013, la région de Kidal était inaccessible pour nos autorités, même à l’heureux élu, IBK. C’est ainsi que Kidal est devenu un pays dans un autre pays.

En mai 2014, une autre preuve frappante s’est posée, quand le premier ministre d’alors  Moussa Mara, voulait briser la glace en tentant l’entrée de Kidal, s’il le savait. Car cette tentative a suscité la colère des maitres de la ville(Kidal). Bilan, 50 de nos soldats et 6 agents d’Etat avaient trouvé la mort. Et zéro au côté adverse. Ce n’est pas loche ça ?

Un deuxième exemple, la tentative par le Gatia (pro-gouvernemental) de récupérer Kidal, en février 2016. Les soldats français positionnés à l’aéroport de la ville, qui voit déjà de mauvais œil le colonel Gamou, avaient choisi, on le sait, d’aider les adversaires, la CMA.  Et cette scène, a voulu à Gamou d’être convoqué à Bamako pour mise en garde, après cette convocation et bien Kidal est resté CMA épaulée par Barkhane, nous le savons.

Alors, des exemples il y’en a à GOGOque la gestion de la région de Kidal est très sombre, où seuls les groupes armés et la force Barkhane jouent les véritables rôles du film géostratégique.

L’aspect géopolitique et économique de la crise

Sachez que nous sommes dans un monde de rapport de force, où les forts bouffent toujours les faibles ou même  les plus faibles. La guerre au Moyen-Orient, le soi-disant printemps arabe d’Afrique du Nord en témoignent de ce fait. Il est connu que le pétrole constitue le nerf de toutes les guerres, car c’est ce produit précieux, qui est utilisé pour alimenter les industries du nord.

Alors, le Mali n’échappe point à cette triste  réalité, car notre pays, nous le savons, est très riche  en ressources naturelles. Et le nord du pays où sévit l’insécurité en est principale. Donc pour mettre la main sur la richesse malienne, il faut provoquer une guerre, et c’est ça, qui se passe depuis maintenant 5 ans dans notre pays.

Là où, cette guerre est stratégique pour les intervenants, c’est le fait d’être  placé  à temps par rapport aux concurrents chinois, indiens, brésiliens (…) qui eux aussi poussent à grand pas leurs pions.  Car c’est devenu un jeu d’échec, la course des richesses. Tous les maliens savent que le sous-sol de  leur pays contient d’énorme richesses comme l’or. Cette richesse est soustraite de notre sous-sol, mais les populations n’y  voient rien des retombées, car 80% pour les multinationales étrangères et seulement des miettes de 20% réservés à l’Etat malien. Et pire, car en réalité, après tous les processus de corruption de haut en bas, la caisse de l’Etat ne se retrouverait qu’environ 4 ou 5% des revenus de l’or. C’est vraiment dommage.  Donc, vous comprenez  un peu pourquoi la crise ne peut  point terminer  tout de suite ?

Comprenez que, dans cette guerre,  l’Etat français avait investi d’énorme fonds, car sachez qu’un seul vol  d’avion rafale par heure coûte à la France 27.000 euros, encore plus, pour qu’un hélicoptère français s’envole, le gouvernement français enlevait  2.600 euros. Selon un expert français, l’opération française au Mali coûte au budget français environ 400.000 euros par jour. J’ai bien dit 400.000 euros par jour. A vos calculatrices. A côté de ces fonds français, il y’a également les dépenses de lOnu pour la Minusma.

Alors croyez-vous qu’après toutes ces sommes colossales investies dans une guerre, on ose se retirer sans   retour sur investissement, demandez à un économiste près  de vous.  Et bien non, même si c’était vous, vous n’allez pas le faire. On parle  déjà de l’exploitation de l’or à Kidal par l’opération française « Serval ».

Regardez seulement les pays où se trouvent les missions onusiennes et/ou  françaises, si les crises pour lesquelles, elles se sont engagées, sont terminées. La république démocratique du Congo, la Centrafrique…

Tout est bien réfléchi pour mettre la main sur les richesses des pays faibles, et ça pour un temps bien  durable, si nous ne faisons pas quelque chose !

Amadou  Boureima MAIGA

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