Niafunké : Un pacte pour sceller la réconciliation

Le village de Soumpi, dans le cercle de Niafunké, a abrité le 13 mars, une rencontre de réconciliation réunissant les communautés peule, tamachèque, sonrhaï, bambara, soninké. Organisée grâce à l’accompagnement du Programme d’appui à la transition au Mali (PAT-Mali), la rencontre a permis aux participants d’échanger leurs points de vue sur la question de la paix.

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L’opération a été surtout conduite par un comité installé par les communautés et constitué de femmes et jeunes de Niafunké. Ce comité a été formé aux enjeux de la réconciliation et à la façon d’aborder le dialogue lors de plusieurs séances organisées par PAT-Mali.

Les rencontres avec les notables et les chefs coutumiers de l’ensemble des villages et fractions de Soumpi et Dianké, ont surtout évoqué l’intérêt des communautés. Le retour des réfugiés, la lutte contre le banditisme et la stigmatisation figurent au premier rang des thèmes abordés au cours des échanges. Les uns et les autres ont surtout souhaité pouvoir vaquer à leurs activités dans la quiétude. Tous ont convenu de se donner la main pour favoriser le retour définitif de la paix et des réfugiés.

Ce fut une réunion réussie et intense durant laquelle toutes les questions cruciales ont été débattues, y compris les mesures de renforcement de la confiance et la question des réfugiés. La prochaine étape du processus sera l’application de la volonté exprimée par les chefs et décideurs des deux communes. Le retour effectif de l’administration et des partenaires reste un souci majeur des communautés qui demandent à l’État d’œuvrer dans ce sens dans les meilleurs délais.

Notables, chefs religieux, chefs de village, élus et représentant de l’Etat ont signé un pacte de paix pour Soumpi et Dianké. Dans ce document, les communautés s’engagent à œuvrer pour la recherche et la consolidation de la paix. Les chefs de village, chefs religieux et de fractions se sont engagés à mener une campagne de sensibilisation dans tous les villages et fractions pour éviter l’amalgame et favoriser un climat de confiance entre les communautés. Il a été décidé de diffuser sur les médias les résultats de la rencontre afin que tout le monde sache qu’il n’y a plus de problème entre sédentaires et nomades, entre Blancs et Noirs de la contrée. « Tous sont des fils du terroir et ont le droit d’y vivre », proclame le document. Les signataires ont promis de se donner la main pour combattre tous les fauteurs de troubles en les dénonçant aux autorités compétentes.

« C’est vous les communautés qui ont fait la paix et nous vous remercions pour votre initiative et prenons acte de cet engagement au nom de l’État. Nous devons tout oublier pour faire la paix et l’oubli doit être le compagnon de tous. Nous saisissons cette occasion pour demander aux partenaires et au gouvernement de nous appuyer », dira le sous-préfet de Soumpi, Oumar Boré, qui présidait la rencontre.

Le maire de Soumpi, Mohamed Dofana, a invité l’État et ses partenaires à appuyer cette initiative de paix qui permet à toutes les communautés de retrouver la quiétude. Les jeunes et femmes de Niafunké qui ont conduit cette opération, émus aux larmes, se sont félicité de la paix retrouvée entre communautés blanches et noires de la contrée. La méfiance appartient désormais au passé.

Sékou A. MAIGA

AMAP-Niafunké

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