Minusma, un an après encore des efforts à faire : L’histoire de la MINUSMA au Mali

La présence au Mali des forces onusiennes fait suite à la lettre du Président par intérim de la République du Mali adressée au Secrétaire général, dans laquelle il était envisagé de transformer la MISMA en une opération de stabilisation et de maintien de la paix de l’ONU, et à la lettre correspondante du Président du Conseil de sécurité. C’est pour donner suite à ces deux lettres que le Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Edmond Mulet, s’est rendu au Mali du 10 au 16 mars, accompagné d’une délégation pluridisciplinaire, afin de concevoir les recommandations sur les options concernant la mise en place d’une opération de maintien de la paix au Mali, pour que le Conseil les examine.

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Sur la base des conclusions de cette mission, le Secrétaire général de l’ONU a présenté au Conseil de sécurité un rapport exposant les options concernant la création d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies au Mali.

 

Ainsi par sa résolution 2100 du 25 avril 2013, le Conseil de sécurité a créé la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

 

Les priorités de la Mission ont été articulées autour des axes suivants :

La Stabilisation, en appui aux autorités maliennes, des principales agglomérations ; protection des civils, en particulier des femmes et des enfants ; appui au cessez-le-feu ; coordinations opérationnelles avec les Forces de défense et de sécurité maliennes.

L’Assistance au processus de négociations inclusif ; appui au processus de cantonnement des groupes armés et aux programmes de Désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) ; soutien à l’organisation d’élections locales transparentes ; appui à la justice et aux activités de la commission internationale d’enquête.

L’Appui au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans tout le pays, à la reconstruction du secteur de la sécurité malien, à la promotion et à la protection des droits de l’homme, et à l’aide humanitaire.

Le Bureau des Nations Unies au Mali (BUNUMA), créé précédemment par la résolution 2005 du Conseil de sécurité, du 20 décembre 2012, sera intégré à la MINUSMA, immédiatement après l’adoption de la résolution 2100. Le 1er juillet 2013, l’autorité de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA) sera transférée à la MINUSMA, sous réserve d’un réexamen, par le Conseil de sécurité, de l’état de la sécurité dans la zone de responsabilité de la Mission.

 

La MINUSMA comprendra jusqu’à 11 200 membres du personnel militaire, y compris des bataillons de réserve pouvant être déployés rapidement à l’intérieur du pays, selon qu’il conviendra, et 1 440 membres du personnel de police (unités de police constituées et officiers de police).

 

Le 1er juillet 2013, les Soldats de la MISMA revêtent le béret bleu des Nations Unies et opèrent désormais sous le mandat de la MINUSMA. Et s’écrivait alors, pour le Mali, une histoire sous conduite onusienne. Comme, il a été pour la Côte d’Ivoire, la république Démocratique du Congo (RDC), le Burundi. Et aujourd’hui encore en République de Centre Afrique (RCA).

 

Un an après, quel bilan ?

 

En juin 2014, le contingent militaire de la MINUSMA était estimé à 8300 hommes, sur 11.200 prévus et 1000 policiers sur les 1.440 initialement prévus. Dire que la MINUSMA a encore besoin d’hommes pour la sécurisation totale du pays serait donc une lapalissade.

 

Sur le plan sécuritaire, les attaques des groupes terroristes se poursuivent au Nord du Mali. Et les forces de maintien de la paix sont les principales cibles des dernières attaques qui se sont soldées par la tuerie de soldats onusiens (tchadiens, nigériens, sénégalais, etc.)

 

Le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans tout le pays n’est que chimère. Il faut reconnaitre à l’institution onusienne et à la force française « Serval » qu’il y a eu des efforts dans ce sens. Spécifiquement Kidal avait été repris des mains du MNLA, avant de la confier à l’Etat du Mali.Pour preuve, la récupération des locaux du Gouvernorat du MNLA et l’installation du Gouverneur et de ses collaborateurs. Malheureusement, la visite à Kidal le 17 mai du Premier ministre Moussa Mara et ses conséquences du 21 mai sont venus anéantir tout l’effort qui a été fait pour le rétablissement de l’autorité de l’Etat dans cette ville de Kidal.

Il faut aussi relever que des efforts soutenus doivent être apportés aux programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) des groupes armés. Tant que ce programme n’est pas effectif, la confusion entre rebelles et terroristes perdura toujours.

 

Sur le plan de la réconciliation nationale, les pourparlers inter maliens se poursuivent à Alger sous les auspices de la Communauté internationale. La troisième phase de ces pourparlers a officiellement commencé ce 21 octobre. Il faut bien espérer qu’ils aboutissent le plus rapidement possible. La MINUSMA et toute la communauté internationale s’y attèlent.

 

En ce qui concerne la justice et les droits de l’homme, les Maliens sont stupéfaits devant la libération en cascade d’auteurs présumés de terroristes ayant exercé sur les populations civiles des exactions de tout genre. Tout cela se passe sous les yeux et la barbe des forces onusiennes. La dernière en date est la libération, cette fois ci par les forces onusiennes d’un membre du MNLA accusé de recruter des combattants, on ne sait pour quelles fins.

 

Sur chacun de ses axes, des efforts soutenus méritent d’être poursuivis tant par les autorités maliennes que par la MINUSMA.

 

 

Quelques dates

 

  • 17 mai 2013 : Nomination de M. Albert Gerard Koenders au poste de RSSG et chef de la MINUSMA.
  • Janvier 2014
  • 23 mai 2013 : le Conseil de sécurité réaffirme son ferme attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Mali. 29 Rencontre entre le RSSG et le Président de la République du Mali.
  • 23 octobre 2013 : L’attaque contre un check point de la MINUSMA à Tessalit. La MINUSMA déplore ses premiers morts au combat (2 soldats tchadiens tués).
  • 26 octobre 2013 : Organisation de la première Journée des Nations Unies à Bamako par la MINUSMA.
  • 02 Novembre 2013 : Assassinat à Kidal de Ghislaine DUPONT et Claude VERLON, reporters à RFI
  • 04 novembre 2013 : Arrivée du Secrétaire général des Nations Unies au Mali.
  • 05 novembre 2013 : Visite du Secrétaire général à Tombouctou.
  • 08 novembre 2013 : Visite du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix à Tessalit.
  • 14 novembre 2013 : Libération des locaux du gouvernorat et de la radio national à Kidal.
  • 24 novembre 2013 : Premier tour des élections législatives
  • 14 Décembre 2013 : Attentat à Kidal : attaque à la voiture piégée de la Banque malienne de solidarité ; deux Casques bleus sénégalais sont tués.
  • 1er Février 2014, Visite du Conseil de sécurité au Mali.
  • 3 février 2014 : Déclaration des membres du Conseil de sécurité lors de la conférence de presse clôturant leur déplacement au Mali.
  • 14 février 2014 : Ouverture de l’Atelier sur les leçons apprises sur la mise en œuvre des accords de paix passés.
  • 18 février 2014 : Poursuite des travaux préparatoires sur le cantonnement.
  • 17-26 février 2014 : La MINUSMA organise le Festival de théâtre des jeunes pour la paix et la cohésion sociale à Ga

Avril 2014

  • La MINUSMA lance une série de rencontres sur la réconciliation nationale avec les étudiants des Universités publiques de Bamako (jusqu’en juin).
  • 16-21 Mai 2014 : Affrontements à Kidal suite à la visite des membres du Gouvernement et du Premier Ministre. 19 et 20 Ateliers de réconciliation MINUSMA entre Peulhs et Touaregs.
  • 14 Juin 2014 : Aguelhoc : Quatre Casques bleus tués et plusieurs blessés dans une attaque suicide.
  • 25 juin 2014 : Adoption de la nouvelle résolution 2164.
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