Mali : l’envoyé de l’ONU dénonce la lenteur de la mise en œuvre de l’accord de paix

16 juin 2016 – Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Mali, le Représentant spécial du Secrétaire général pour ce pays, Mahamat Saleh Annadif, a dénoncé mercredi la lenteur de la mise en œuvre de l’accord de paix, un an après sa signature.

Visite du Représentant Spécial du Secrétaire General des Nations Unies M. Mahamat Annadif Saleh aux troupes du contingent Togolais de la MINUSMA à Mopti et Douentza, le 1er juin 2016.

Visite du Représentant Spécial du Secrétaire General des Nations Unies M. Mahamat Annadif Saleh aux troupes du contingent Togolais de la MINUSMA à Mopti et Douentza, le 1er juin 2016.

« Depuis votre visite de mars dernier au Mali, l’évolution de la situation demeure malheureusement toujours préoccupante », a-t-il dit à l’adresse des membres du Conseil lors de cette réunion à laquelle participait une délégation du Mali, conduite par le Premier ministre Modibo Keita.

 

« Un an après la signature de l’accord de paix, force est de constater que ni les signataires, moins encore la médiation internationale, ne sont satisfaits du rythme d’exécution de sa mise en œuvre. Cette lenteur qui est difficilement compréhensible est en train de compromettre tout le processus, notamment la mise en place des patrouilles mixtes », a-t-il ajouté. « Alors que l’accord est un tout, depuis un certain temps, le débat semble le réduire à la mise en place des Administrations intérimaires qui malheureusement tardent à s’opérationnaliser ».

 

M. Annadif, qui a pris ses fonctions en janvier 2016, a souligné que la Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) restait pleinement engagée dans ce dossier et qu’elle faisait constamment usage de ses bons offices et autres leviers en sa possession.

 

« Toutefois, il est évidement clair que c’est aux parties qu’incombe le devoir d’honorer leurs engagements. C’est à elles de faire de l’accord de paix et de réconciliation une réalité », a-t-il dit.

 

Le Représentant spécial a noté que la situation sécuritaire s’était notablement dégradée ces dernières semaines. Depuis son déploiement en 2013, la MINUSMA détient le palmarès de la Mission la plus meurtrière des missions des Nations Unies actuellement déployées. De février à mai 2016, 19 Casques bleus ont été tués suite à des actions terroristes dont 12 pour le seul mois de mai.

 

« Depuis les récentes attaques, la MINUSMA a pris un certain nombre de mesures pour être plus proactive et afin de gagner en efficacité et en réactivité », a souligné M. Annadif.

 

Malgré ce contexte, le Représentant spécial a relevé des signes d’espoir au regard de la situation de 2012. Il a ainsi noté le respect du cessez-le-feu par toutes les parties maliennes signataires de l’accord de paix, la poursuite des efforts consentis par le gouvernement malien dans la mise en place d’un cadre juridique et institutionnel solide, et enfin le fait qu’en matière de cantonnement, près de huit sites sont presque achevés.

 

Selon M. Annadif, il est absolument crucial de renforcer la confiance mutuelle entre les parties signataires. « Plus on accumule du retard dans la mise en œuvre de l’accord et la prise en charge réelle de ces défis, plus l’on risque de voir le processus de paix se fragiliser davantage », a-t-il dit.

 

Aussi, il a estimé qu’une posture renforcée de la MINUSMA s’imposait. Selon lui, il est nécessaire d’accroître les capacités à la fois de la force et de la police en termes de personnel, d’équipements et de couverture aérienne. « Il faudrait, par ailleurs, davantage expliciter que le mandat de la Mission l’autorise à mener des opérations proactives et préventives pour s’acquitter de ses responsabilités en termes de protection des civils et de son personnel », a-t-il ajouté.

Source: UN

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