Mali : Kidal sans la paix est préférable à la paix sans Kidal

Bilal Ag Chérif a raté, encore une fois, le coche. Son refus manifeste de se rendre à Bamako pour sceller la paix avait d’autant moins de chance d’atteindre son but apparent qu’il a été fait au plus mauvais moment, l’étau de la communauté internationale continuant de se resserrer autour de lui.

Ce qu’il croyait être d’une habilité tactique – contraindre le gouvernement malien à un nouveau round de négociations devant aboutir  à une large autonomie du Septentrion – pourrait bientôt déboucher sur une reculade. Tout comme il a lâché du lest en paraphant l’accord jeudi dernier dans la capitale algérienne.

La politique des petits pas, pourrait-on tenté d’en déduire.  Le mouvement à dominante touareg, de l’avis général, n’a d’autre choix que de sauter dans le dernier wagon de la paix. Il est vrai que le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) constitue une épine non négligeable dans le pied des partisans de la paix, car de  loin le plus nombreux et menant régulièrement des attaques jusque dans les villes des régions du nord et du centre.

A-t-il un agenda caché ? Pour faire la paix il faut être deux.  Fort de cet adage, le MNLA tablait plutôt sur un report de la date de signature, voire de lieu, de préférence Alger. Ni la médiation, ni la communauté internationale, encore moins le gouvernement malien ne se sont montrés réceptifs à ses desiderata. Restait le levier militaire : faire plier Bamako sous les coups de butoir de ses hommes. Seulement voilà : le rapport de force a évolué en faveur des forces patriotiques GATIA – qui ont pris le contrôle de Ménaka – et les Forces armées maliennes indéboulonnables de leurs positions. Attaquer quelque part sur cette vaste étendue de terre brûlée par le soleil n’est plus une promenade dominicale. L’ennemie devra perdre des plumes.

Le report n’était pas envisageable. Le président Ibrahim Boubacar Keïta sait que l’aide étrangère dont il a besoin est conditionnée par la conclusion d’un accord de paix avec les mouvements rebelles. Ce serait un luxe d’attendre indéfiniment un seul fut-il le plus actif sur le terrain. Surtout que  l’opinion publique lui est favorable : Kidal sans la paix est préférable à la paix sans Kidal. Mais si le Mali a et Kidal et la paix, elle serait aux anges. Des signes d’exaspération sont également perceptibles côté partenaires pressés d’en finir avec ce dossier et de s’occuper d ‘autres choses.

Georges François Traoré

source : L’Informateur

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