Mali: enlèvements et actes jihadistes ont marqué les législatives

Les législatives au Mali ont été marquées par des enlèvements d’agents électoraux, le pillage de bureaux de vote et l’explosion d’une mine qui a fait neuf morts, selon des informations recueillies au lendemain d’un scrutin également affecté par la crainte du coronavirus.

Aux environs de Niafounké, localité proche de Tombouctou (nord-ouest) où le chef de l’opposition Soumaila Cissé, en campagne pour ces élections, a été enlevé la semaine dernière, un véhicule militaire a par ailleurs sauté sur une mine lundi à la mi-journée, selon une source de sécurité locale et le commandant de la région militaire de Tombouctou, le colonel Boubacar Yansari Sanogo.

“Nous avons un véhicule qui a sauté sur un engin explosif improvisé (EEI) entre Sarafere et Niafounké”, a déclaré à l’AFP le colonel Sanogo, faisant état d’un bilan de “trois morts et trois blessés”.Aucun résultat n’était encore connu lundi, au lendemain du vote pour renouveler les 147 sièges de l’Assemblée nationale. Ce scrutin est considéré comme une étape importante dans l’application de l’accord de paix signé en 2015 entre le camp gouvernemental et les groupes de l’ex-rébellion indépendantiste du nord du pays, en vue de l’intégration à la Constitution des réformes institutionnelles prévues par cet accord. La Coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (Cocem), qui avait déployé plus de 1.600 observateurs, a relevé des “incidents sécuritaires préoccupants” autour de Mopti (centre), Gao et Tombouctou (nord), régions où se concentrent les groupes jihadistes, selon un communiqué publié lundi. “Plusieurs menaces de mort, cas d’enlèvements de chefs de village, d’agents électoraux et d’une observatrice de la Cocem, et de destruction de matériel électoral ont été constatés”, indique la coalition, sans préciser le nombre de personnes toujours portées disparues ou libérées.Près de Niafounké une mine a explosé au passage d’un véhicule dimanche après-midi, tuant ses neuf occupants, selon un élu local et un habitant.Parmi eux, le percussionniste Hama Sankaré, qui a officié notamment au côté du légendaire Ali Farka Touré, selon les mêmes sources.Dans un communiqué, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda, a revendiqué lundi trois attaques depuis vendredi dans la région de Mopti.Il s’agit notamment d’une embuscade contre une escorte de matériel électoral par l’armée malienne le 27 mars. Sur une photo publiée dans ce communiqué authentifié par le Centre américain de surveillance des sites jihadistes SITE, on peut voir des hommes encagoulés et armés posant aux côtés de matériel militaire et d’urnes électorales.s

Source : AFP

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