Les djihadistes sont-ils des gens fréquentables ? : Considérations domestiques et injonctions présidentielles

On continue de parler du passage du Président Macron à Gao.

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La surenchère qui en est née s’invite bruyamment dans nos débats publics. Les uns et les autres cherchent à se faire entendre. Depuis les propos du Président Macron de rappeler chacun à ses Responsabilités, on est retombé dans un climat navré qui entoure les difficultés des gouvernants sur ce dossier de la mise en œuvre de ces Accords d’Alger. Les gens se demandent où va le Président IBK, où il les mène. C’est légitime. Ils découvrent une réalité à laquelle ils réagissent au coup pour coup…

C’est une vieille sagesse qui dit que l’intelligence est à l’Homme ce que les rênes sont au cheval. L’opposition fustige l’inaction gouvernementale, la classe politique s’impatiente, l’opinion se détourne. Les parcours sur les lenteurs de la mise en œuvre des Accords signés en mai et juin 2015 ressortent les crayons. Est-ce la sanction d’une entame à contre-emploi ? Mais à quoi bon de parler, nous direz-vous, quand on est devenu à ce point inaudible ?

L’autre front né d’une exaspération
C’est l’histoire d’une campagne de vocalistes plus étonnante que prévu. Ceux qui continuent d’ergoter sur ces Accords, de donner un coup de canif dans les papiers signés… Le problème sur ce dossier c’est que le raisonnable, ça emmerde tout le monde… Jusque dans les explications fournies aux nuls. Depuis les premiers mots du Président Macron en terre africaine de Gao, on sait tout de la tourmente qu’ont provoquée ses commentaires sur notre processus de sortie de crise né des Accords d’Alger.

On glose sur la nécessité de stimuler notre attention et on entend les vertueux craindre que ce monde-là autour de la mise en œuvre des dits Accords signés continue de respirer une aubaine pour prolonger leurs critiques. Face à une opinion qui décroche sur les Accords d’Alger et la suite qui attend d’être donnée, le Président IBK est aujourd’hui dos au mur. On le regrette, on le surveille à son insu. Et la classe politique s’interroge : est-il à la hauteur face aux lenteurs de ce dossier ? Est-il bien entouré ? Saura-t-il mobiliser de nouveau ses compatriotes et les amis du Mali et vers quel cap ? Mme Sy Kadiatou Sow vient de livrer aux uns et aux autres sa part de vérité sur ce que le Président IBK pense des négociations avec les terroristes. Le reste des politiques va-t-il suivre ? Comment le Président IBK va réagir ? Le Président du Comité de suivi pour la mise en œuvre des Accords vient de chapitrer la CMA sur ses comportements déloyaux à Kidal. Et Sidatti n’en pense pas moins que c’est Alger qui est à la manœuvre…

Alors le président IBK doit rappeler le cap

Une contre-attaque devrait ouvrir une nouvelle séquence politique. Koulouba ferait-il un plan de rétablissement ou un plan de reconquête ? Le Président IBK invoquait «une méthode» sur ce dossier des Accords et qui supposait l’échange et la négociation pour que la compréhension et la mobilisation de tous soient au rendez-vous. Le résultat n’est guère probant. On voit maintenant que la vraie raison de ce retard à l’allumage est tout autre. Aujourd’hui, tout se passe comme si IBK arbitre tardivement et souvent dans la confusion ce qui avait été caché sous le tapis. Tout un travail de clarification intellectuelle qui, s’il avait été fait, aurait, au moins, évité les malentendus qui crispent l’opinion publique et lézardent les soutiens. Le temps des factures arrive. Pour tout le monde autour de la mise en œuvre des Accords signés, elle est salée… Pour durer, le Président IBK sait-il qu’il faut endurer. La question : son image est-elle encore établie ? Le cas Kidalois : le gouvernement n’a pas su expliquer le sens général de son action. « Trop de comment, pas assez de pourquoi ». Voilà pourquoi il continue d’avaler des couleuvres. Au fond, IBK s’est donné pour mission d’apaiser le Mali tout en restaurant sa souveraineté. Il voudrait que l’Histoire retienne son nom comme celui d’un pacificateur. Mais les exégètes maliens en mal d’un grand dessein s’en contenteront-ils ?

S. Koné

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