Le MNLA accuse l’armée de provocation à Kidal, parle de trois blessés

DAKAR – La rébellion touareg du MNLA a affirmé que trois de ses hommes avaient été blessés dimanche à Kidal, ville du nord-est du Mali partiellement sous son contrôle, lors d’échanges de tirs avec des soldats maliens qu’elle a accusés d’actes de provocation.

mnla

Des soldats maliens ont délibérément ouvert le feu sur une unité mobile du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) alors que celle-ci circulait dans le centre de Kidal dimanche, a déclaré le porte-parole du MNLA, Mossa Ag Attaher, dans un communiqué daté de Ouagadougou.

Selon lui, le chef du groupe était descendu de son véhicule en levant les mains pour bien montrer que son unité n’était nullement dans une position de belligérance mais les soldats maliens ont quand même ouvert le feu en tirant des rafales de mitraillette, blessant gravement le chef de l’unité et deux de ses (hommes).

Cette flagrante agression a poussé le reste de l’unité à riposter. Suite à ce grave incident, d’autres échanges de tirs ont eu lieu, a ajouté M. Ag Attaher dans le communiqué publié sur le site Internet du mouvement tard dimanche soir.

Des responsables au gouvernorat de Kidal ont affirmé à l’AFP que des soldats maliens avaient été pris dans des échanges de tirs dimanche dans le centre-ville de Kidal avec des hommes armés non identifiés.

De mêmes sources, les militaires ont été attaqués, ils ont riposté et pris le dessus sur les assaillants et contrôlaient leurs positions dimanche soir.

Ces violences se sont déroulées non loin d’une banque où, deux jours auparavant, des militaires maliens avaient été visés par une attaque à la grenade. Deux soldats ont été légèrement blessés. Les assaillants, dont l’identité n’est pas connue, ont pris la fuite.

Kidal est un fief du MNLA, qui a déclenché en janvier 2012 une offensive contre l’armée malienne dans le Nord ayant ouvert la voie à la crise la plus grave de l’histoire du pays: 18 mois de soubresauts politico-militaires marqués notamment par une guerre contre des groupes jihadistes.

Ces groupes islamistes ont occupé pendant plusieurs mois en 2012 Kidal et plusieurs villes du Nord, d’où ils ont été chassés à partir de janvier 2013 par une intervention militaire franco-africaine, toujours en cours.

Le MNLA a pris le contrôle de Kidal en février, y refusant la présence des armée et l’administration malienne jusqu’à la signature, en juin, d’un accord avec le gouvernement malien et deux autres groupes armés (un touareg, un arabe) ayant leurs bases dans le Nord.

Cet accord paraphé à Ouagadougou avait permis le cantonnement des hommes du MNLA et l’arrivée, début juillet, de soldats maliens, puis de l’Administration à Kidal.

Mais le 26 septembre, les trois groupes armés signataires de l’accord de Ouagadougou ont annoncé qu’ils suspendaient leur participation aux discussions prévues avec le gouvernement malien, en l’accusant de ne pas respecter ses engagements. Bamako avait assuré être toujours disposé au dialogue.

Le MNLA a réitéré ses accusations dimanche.

Les autorités maliennes ne respectent aucun de leurs engagements (…), elles ne cessent d’aller de provocations en provocation dans le but évident de mettre le feu aux poudres et d’entraîner ainsi d’inévitables affrontements entre l’armée malienne et le MNLA, a dit Mossa Ag Attaher.

(©AFP / 30 septembre 2013 01h38)

Source: Romandie

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