Le Mali est-il notre Afghanistan ?

En 2013, Paris intervenait militairement dans ce pays ébranlé par un putsch, en partie occupé par des djihadistes et miné par la corruption. Sept ans plus tard, un coup d’Etat vient de renverser le président, les terroristes sont encore actifs, et la corruption règne toujours en maître.


Ces derniers temps, Emmanuel Macron avait de plus en plus de mal à le supporter. Lorsqu’il appelait son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », c’était systématiquement pour lui remonter les bretelles : les pratiques douteuses, il faut y mettre fin, les diatribes anti-françaises de l’opinion publique, il faut les dénoncer, l’accord de paix avec les groupes armés, il faut le mettre en œuvre…

A l’autre bout du fil, le vieux crocodile orgueilleux et susceptible ne laissait rien paraître. Mais sitôt raccroché, il laissait éclater sa fureur. On ne traite pas ainsi un ami de la France ! Macron avait beau insister, « IBK » faisait la sourde oreille. De guerre lasse, au ministère des Affaires étrangères, les conseillers en oubliaient toute retenue diplomatique. « IBK » ? « Une planche pourrie. »

Alors, quand, dans la nuit du 18 au 19 août, des militaires renversent le président à Bamako, Paris ne lève pas le petit doigt. Dans une note adressée le 19 août à nos ambassadeurs dans le Sahel, le Quai-d’Orsay entérine même sa chute :

« Il nous semblerait irréaliste désormais, au regard de l’état d’esprit de la population et des forces politiques et sociales maliennes, d’insister sur le retour en fonction du président “IBK”. »
Dans la torpeur de l’été, la France a lâché le président malien. Sans regret.

L’Obs

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