Le chef de file de l’opposition burkinabé, Zéphirin Diabré à propos de la crise malienne : » Si les chefs des groupes rebelles sont présents au Burkina Faso, peut-être que Bamako n’y voit pas d’inconvénient «

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En séjour dans notre pays pour présenter une communication lors de l’atelier organisé par le CMDID sur le statut de l’opposition politique au Mali, le chef de file de l’opposition burkinabé, Zéphirin Diabré a bien voulu nous accorder un entretien sur l’évolution de la situation politique dans son pays et l’implication de celui-ci dans le dossier malien.

A l’entame de ses propos, l’opposant burkinabé dira que l’évolution de la situation est celle qui se voit à travers les médias. C’est un débat républicain autour du sort à réserver à l’article 37 de la Constitution burkinabé, avec d’un côté une majorité qui veut la modifier et de l’autre côté, une opposition qui estime qu’elle est bonne en l’état.

 

 

A l’entendre, pour le moment, la majorité et l’opposition se livrent à des démonstrations de force et manifestations de rue. Il a rassuré que l’opposition n’est pas fermée à un éventuel dialogue politique avec la majorité. Car, tous les conflits politiques finissent par un dialogue.  » Si le pouvoir est disposé, nous sommes prêts à le rencontrer et peut-être le convaincre de nous suivre dans notre vision des choses. L’opposition burkinabé est une opposition républicaine  » a-t-il ajouté.

 

 

Il a déploré que, malheureusement, il n’y ait pas de concertation formelle établie entre le pouvoir et l’opposition malgré l’existence d’un statut pour cette dernière au Burkina Faso. Alors que, poursuit-il, ledit statut indique clairement que le pouvoir doit se concerter avec l’opposition pour les questions touchant la vie de la nation or tel n’est pas le cas.

Pour le chef de file des opposants au régime en place à Ouagadougou, une démocratie ne peut fonctionner que si les différentes parties se parlent.

 

 

Sur la question de l’alternance, Zéphirin Diabré dira qu’il est apparu simplement dans leur langage que le président du Faso et ses partisans font croire qu’ils veulent modifier la Constitution pour ne pas la respecter dans sa limitation de mandat. L’opposition n’a rien contre le président Blaise Compaoré et ce n’est pas elle qui l’en empêche d’être candidat, mais c’est la Constitution qui l’empêche, a-t-il précisé.

 

 

Parlant de l’implication du pays des hommes intègres dans le dossier malien, il a déclaré que  » quand la maison d’un voisin brûle, si l’on peut apporter son concours pour que les choses aillent mieux, il ne faut pas hésiter à le faire « . C’est dans cette optique que l’opposition analyse l’intervention du Burkina Faso dans le dossier malien qui, du reste, n’est pas une auto-saisine, mais découle d’un choix opéré par la CEDEAO.

 

 

A en croire l’opposant burkinabé, c’est maintenant aux Maliens de voir quel est l’apport exact qu’ils veulent du pays des hommes intègres et à quel moment.

 

 

Par rapport à la présence au Burkina Faso des responsables des groupes armés qui sévissent au nord du Mali, il dira qu’il n’a pas d’appréciation particulière. Si les responsables des groupes rebelles sont présents au Burkina, c’est parce que l’autorité malienne n’y voit pas d’inconvénient. Et, c’est peut-être mieux de les avoir là que de les voir se disperser dans d’autres environnements.

 

 

Boubacar PAITAO

SOURCE: L’Indépendant

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