La Commission vérité, justice et réconciliation à l’hémicycle : Faut-il remuer le couteau dans la plaie?

La séance plénière de l’Assemblée nationale, qui se tiendra demain vendredi 7 mars a, à son ordre du jour, le projet de loi de ratification de l’ordonnance N° 2014-003/P-RM du 15 janvier 2014 portant création de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation et la désignation des députés devant représenter le Mali à l’extérieur.

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Les députés vont en principe plancher demain, vendredi en séance plénière, sur le projet de loi portant création de la Commission vérité, justice et réconciliation. Après des discussions houleuses sur les contours de cette commission dont les travaux vont s’étendre de la période  1960 à 2013, les députés ont fini par mettre leurs réserves sous le boisseau. Les représentants du peuple estimaient que cette commission ne doit couvrir que la période trouble de la grave crise de 2012-2013 pour disent-ils, « ne pas remuer le couteau dans de vieilles plaies  déjà cicatrisées ».  Du côté du gouvernement, on estime que la période que couvrent les travaux de la Commission partent de 1960 à 2013 pour mieux appréhender les conflits cycliques que ne cesse de connaître le Mali.

 

 

Il faut rappeler toutefois que certains parlementaires voient d’un très mauvais œil la possibilité d’auditionner, dans le cadre de cette Commission, les enfants et autres ayant-droits des Kissima Doukara, Fily Dabo Sissoko, Marba Kassoum Touré, Mamadou M’Bodge et autres victimes d’assassinats dans des conditions restées encore troubles… C’est pourquoi de nombreux députés sont réticents quant à l’adoption du texte dans sa conception actuelle.

 

 

Joint par nos soins pour en savoir plus sur la séance plénière de demain, un député membre de la Commission des lois de l’Assemblée nationale a déclaré que selon les explications fournies par le ministère de la réconciliation nationale, il ne s’agit pas de se pencher sur les assassinats politiques de l’histoire du Mali. « Il s’agit surtout pour cette Commission de réfléchir et de comprendre les causes profondes des différents conflits qui ont émaillé le parcours du Mali de 1960 à 2013 « , a indiqué le président de la Commission Lois, Idrissa Sankaré.

Signalons que la Commission Vérité, Justice et Réconciliation a pour mission de « contribuer à l’instauration d’une paix durable à travers la recherche de la vérité, la réconciliation et la consolidation de l’unité nationale et des valeurs démocratiques « . A ce titre, elle est chargée d’ « enquêter sur les cas de violations graves des droits de l’Homme individuelles et/ou collectives commises dans le pays et, spécifiquement celles commises à l’égard des femmes et enfants, mener des enquêtes sur les cas d’atteinte à la mémoire individuelle et/ou collective et au patrimoine culturel »

 

 

Députés devant siéger dans les organisations régionales et continentales

Par ailleurs, la séance de ce vendredi va se consacrer à la désignation des députés qui vont représenter le Mali au sein des organisations communautaires comme l’UEMOA, la CEDEAO et au sein du parlement panafricain.

 

L’opposition URD sera représentée à l’Union africaine par son chef de file, Soumaïla Cissé. Le leader de l’URD, non moins candidat malheureux à la présidentielle 2013, devrait tirer profit de sa présence régulière à Midrand pour  se donner une nouvelle carrure internationale et étoffer aussi son carnet d’adresses, notamment en direction d’Addis-Abeba. Soumaïla Cissé côtoiera d’autres députés maliens comme Mme Haïdara Aïssata Cissé dite Chato (Um-RDA) de l’APM, la seule candidate à cette élection présidentielle 2013. L’élue de Bourem, que l’on dit avoir un réseau d’amis parmi d’éminentes personnalités du continent, pourra encore se donner la latitude de polir son image de femme à poigne et compétir à la présidentielle 2018.

 

Ils auront à leur côté Cheick Fantamady Traoré, l’élu  ADEMA de Koulikoro, non moins ancien président de l’Assemblée régionale de la cité du Méguétan et Mamedi Sidibé, député RPM de Yanfolila.

 

Concernant la sous-région ouest-africaine, Moussa Badiaga, élu RPM à Nara, Abdoul Kadri Cissé/ Habibou Sofara (à compter de 2015) tous les deux de l’opposition URD-VRD, Yaya Sangaré  (ADEMA) siègeront à Abuja au Nigéria comme députés du Mali à la CEDEAO. Ils auront à leurs côtés, les députés issus du rang de l’APM et du groupe parlementaire FARE-SADI.

Au niveau du Comité interparlementaire de l’UEMOA, le Mali sera représenté par Mahamadou Cissé dit Bagagnoa, élu de l’ADEMA à Kayes et Moussa Cissé, élu URD à Kayes. Ils seront avec les honorables Karim Yossi (APM), élu CODEM à Bankass, Mme Bagayoko Aminata Traoré (RPM), Ousmane Bathily (RPM), Toumani Diarra et Daouda Coulibaly.

Bruno D SEGBEDJI

SOURCE: L’Indépendant

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