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Kidal : Quand le PM contredit la Cour constitutionnelle

Dans sa Déclaration de Politique Générale présentée le 12 juin 2017 aux députés, le Premier ministre MAIGA égrenant un certain nombre d’actions de son gouvernement dans le cadre de la crise du Nord, déclare que « ces mesures vont conduire progressivement au retour de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, plus particulièrement en assurant un retour visible de l’administration à Kidal ».

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Autrement dit, le Premier ministre vise comme objectif clair et net de son gouvernement « le retour de l’Etat partout au Mali et plus particulièrement à Kidal ». Ce qui veut bien dire, selon le Premier ministre, que l’Etat n’est pas présent partout au Mali et qu’il est particulièrement absent à Kidal.

Evoquant dans la même Déclaration de Politique Générale, son approche nationale dite « en trois temps et trois actions fortes » de la crise qui secoue le pays, le Premier ministre ajoute au titre de « l’action Kidal » que « le Gouvernement a décidé d’envoyer d’ici au 30 juin au plus tard, une mission de bons offices dans les régions de Kidal », tout en précisant que « l’objectif ultime de cette mission de bons offices est de rendre effective la présence de l’Etat à Kidal ».

Prononcées dans l’espace d’expression même de la souveraineté nationale que constitue l’enceinte de l’Assemblée nationale, ces propos qui mettent en perspective les actions envisagées par Abdoulaye I. MAIGA, sont en réalité le cri de désespoir lancé sans complexe par le Premier ministre d’un pays à la souveraineté bafouée par l’atteinte à son intégrité territoriale du fait de l’occupation de Kidal par les rebelles de CMA.

Mais aussi et surtout, ces propos du Premier ministre résonnent comme l’écho d’une grosse gifle à la figure de la Présidente Manassa à travers le scandaleux Avis n°2017-01 de la Cour constitutionnelle en date du 6 juin 2017. N’est-ce pas cet Avis méprisant pour la Constitution qui affirme que « l’Etat, à travers ses représentants, les organes élus et les autorités intérimaires, exerce la plénitude de ses régaliennes sur le territoire national »?Comment imaginer l’état de conscience déontologique, voire morale, de ces Conseillers ainsi que de leur Présidente Manassa lorsque, moins d’une semaine après leur Avis, le Premier ministre, qui est le chef de l’Administration dont il dispose à travers le gouvernement(article 53 de la Constitution), vient devant les députés les qualifier en quelque sorte de falsificateurs de la lettre et de l’article 118 de la Constitution du Mali ! En leur répondant qu’à Kidal, l’Etat n’est pas présent et que lui et son gouvernement s’évertuent actuellement à « rendre effective la présence de l’Etat à Kidal », le Premier ministre MAIGA aurait voulu désapprouver l’Avis n°2017-01 du 6 juin 2017 qu’il ne s’y serait pas pris autrement. En tout état de cause, le Premier ministre donne l’impression évidente de se démarquer personnellement de ce scandaleux Avis qui ne fait pas honneur à l’institution.

On peut espérer que ce démenti cinglant n’est pas tombé une fois de plus, dans les oreilles de sourds des Conseillers de la Cour constitutionnelle. Car finalement, la seule chose dont cette Cour constitutionnelle du Mali semble avoir appris à faire dans les règles de l’art, c’est de ne pas entendre. Souvenez-vous-en ! La Commission d’enquête parlementaire sur les événements de Kidal avait déjà chanté sur tous les toits que la visite de l’Ex Premier ministre MARA a été à l’origine de « l’éviction de l’État de Kidal ». Si l’Etat, comme cela ressort de la bouche des élus de la nation, est « évincé de Kidal » et si aujourd’hui le nouveau Premier ministre déclare « rendre effective la présence de l’Etat à Kidal », il faudrait alors que Manassa et ses Conseillers de la Cour constitutionnelle expliquent à l’ensemble du peuple malien quel Etat et quelle administration «  exerce la plénitude de ses régaliennes à Kidal » dont le Gouvernorat et l’ensemble des services techniques régionaux ont élu domicile dans la ville de Gao.

Pas plus tard que le jeudi 12 juin 2017, la CMA ne vient-elle pas d’achever de couvrir de honte nos Sages et leur Avis en déclarant ne se sentir nullement engagée par le Chronogramme du retour de l’administration à Kidal avant le 20 juin 2017 ?

Manassa et ses Conseillers auraient-il alors l’intention de cautionner, au mépris de la Constitution qui préserve l’intégrité territoriale du Mali, l’existence à Kidal d’un autre Etat, d’une autre Administration qui n’est pas celle de la République du Mali et qui, « à travers ses représentants, les organes élus et les autorités intérimaires, exerce la plénitude de ses régaliennes sur le territoire national ».

Sambou Diarra

L’ Aube

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