Kidal : nouveau comptoir des Colonisés Francophones d’Afrique (C.F.A )?

Kidal est en passe de devenir de nos jours la plaque tournante de trafic de tout genre sous la bénédiction de Paris qui l’a toujours nié. Avant d’étayer nos propos faisons une petite halte sur l’histoire pour mieux comprendre les relations franco-africaines.

Nous sommes en 1492, quand les Indiens d’Amérique découvrirent Christophe Colombe en errance aux larges de leurs côtes. Ces Indiens tout comme les Africains de l’autre côté de l’océan atlantique ne savaient pas que c’était le début de l’hécatombe pour eux et du pillage des énormes potentialités que regorgeaient leurs terres et leur sous sols. En effet après avoir réduit à néant les tribus indiennes peu enclines au déséquilibre de leur écosystème, les nouveaux envahisseurs trouvèrent l’ingénieuse idée de convoyer des noirs dans leurs exploitations. Durant des siècles, les Européens établirent des comptoirs qui servaient de points de ralliement pour rapatrier les noirs en Amérique mais aussi leurs matières premières qu’ils volaient en Afrique. Pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest Francophone, nous citons: l’île de Gorée au Sénégal, la porte du non retour au Bénin et Jacques ville en Côte d’Ivoire. Ces comptoirs ont été fermés après l’abolition de l’esclavage en 1848.

Cependant ces pratiques ne cessèrent guère véritablement. Pour subsister aux nouveaux défis des Amériques, il fallait encore avec la bénédiction des maîtres à pensée, pacifier le continent avec de nouveaux concepts : la colonisation. Ce fut aussi l’occasion tant attendue pour justifier la balkanisation du continent et le partage officiel de ses ressources(conférence de Berlin 1884). Ce fut une fois de plus l’occasion tant rêvée par ces civilisateurs d’acculturer l’Afrique allant parfois jusqu’au déni des noms de famille et des prénoms jugés impropres par les puissances impérialistes. Ainsi des pays de l’inter land ont été jugés comme de simples pourvoyeurs de mains d’œuvre comme par exemple le Mali, le Niger, le Burkina et les ressources minières de leurs sous sols mises en réserves en attendant leur valorisation. S’en suivirent plein d’autres conférences comme celle de Brazzaville (1844) où le colon malgré les multiples pressions réaffirma ses propriétés africaines. Malheureusement vint la période des indépendances politiques accordées bon gré mal gré par ci et par là. Les Africains applaudirent mais c’était sans compter que c’était une indépendance politique dans la dépendance économique.

C’est dans cette Afrique postcoloniale que va s’ouvrir l’ère du néocolonialisme. Pour ce qui est du cas de la France elle va imposer la signature de nombreux accords secrets et bidons incluant l’héritage laissé par les colons avec les chefs des Etats devenus indépendants à l’insu de leurs peuples. Parmi ces accords nous citons les accords monétaires avec cette monnaie au sigle CFA qui, au fond d’elle-même, malgré les dénominations changeantes pour plaire aux Africains, n’est rien d’autre que le franc des colonisés francophones d’Afrique. Les peuples africains ayant pris conscience du stratagème entretenu par les puissances impérialistes avec leurs valets locaux ont décidé de reprendre en main leur destinée. Ce néocolonialisme ne va donc pas faire long feu. Pour parer à cette impasse devenue pernicieuse pour l’hégémonie française, il fallait créer un new deal avec des valets d’un genre nouveau. Des présidents qui peuvent l’être à vie à coup d’élections truquées et de modifications des constitutions pourvu qu’ils soient acquis à la cause française.

Avec le new deal ou le supra colonialisme(mais il faudra encore attendre pour que le quai d’Orsay nous en donne une définition), le terrorisme transsaharien a été planifié pour exploiter les ressources minières de l’Afrique jusque là mises en stand by. Ainsi la France a entrepris depuis 2018, la réouverture de comptoirs modernes en Afrique de l’Ouest comme nous l’avions à l’époque dénoncé. Le 18 Octobre 2018, Jean Yves Le Drian en compagnie du Ministre de la Défense de la Côte d’Ivoire avaient procédé au lancement des travaux de “l’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme“. Le financement (par la France) s’élevait à 20 millions d’euros, soit un peu plus de 13 milliards de francs CFA. Il est prévu dans cette école deux entités, à savoir les locaux de l’académie elle-même et un centre pour les Forces spéciales dédié à la sécurisation du site. Il y aura également une zone nautique et un camp d’entraînement, avec un institut de recherche stratégique. Délai d’exécution, 10 Mois.

L’Académie est située à Jacqueville, en RCI, ancien comptoir français sous la colonisation, elle doit son nom à un commerçant anglais, Big Jack, qui s’y était installé pour faire du troc avec les populations autochtones. C’est également la ville des hydrocarbures de la Côte d’Ivoire. Jacqueville est prise en langue par l’Océan Atlantique au Sud et la Lagune au Nord.

Présente au Mali depuis 2012 avec officiellement 4500 soldats qui ne sécurisent que leurs périmètres d’exploitations frauduleuses des matières premières telles le gaz, l’or, le zinc, l’uranium, le Manganèse, le cuivre, le phosphate, le pétrole … la France éprouve des difficultés à rapatrier toutes ces tonnes de matières premières.

Il serait donc compliqué pour la France de faire passer ces matières premières emmagasinées pendant 7 ans, par des ports officiels tels les ports d’Abidjan, de San Pedro, de Lomé, de Cotonou, de Dakar, de Tema et de Takoradi… sans attirer l’attention sur elle.

Jacqueville située à l’abri des victimes du terrorisme pourrait servir à la fois d’un port de trafic illégal d’armes et de matières premières par la France et ses mercenaires comme ce fut le cas lors de la guerre de Biafra au Nigéria. Cependant, Il serait difficile pour la France et ses ouailles de faire traverser des camions chargés de tonnes de minerais tout le long du Mali sans s’attirer la colère populaire. Ce qui pourrait expliquer la lenteur observée dans la construction de cette académie qui pourtant devrait livrait ses clés depuis le mois de juillet 2019 soit 5 Mois de retard.

Les voies terrestre et maritime étant désormais impossibles de trafics, la France, maitre de la MINUSMA, n’a d’autre choix que de construire un aéroport à Kidal. Désormais elle pourra non seulement évacuer ses matières premières en toute liberté mais aussi, cet aéroport sera le point de ravitaillement aux terroristes en armes, en FCFA, en drogue et autres stupéfiants. Ce sera également le centre français des opérations d’espionnage aérien de la sous région au compte des terroristes contre nos armées régulières. Voilà en quoi résume la présence stratégique de l’armée d’occupation française dont parlait l’ambassadeur de France au Burkina Faso lors d’un débat télévisé. D’ailleurs pour l’Elysée toutes ses supputations autour du statut de Kidal sont non fondées. Macron lui-même s’exclame : « je souhaite redire très clairement que Kidal c’est le Mali et l’Etat Malien. A Kidal, c’est le drapeau malien, l’administration malienne et j’ai parfois entendu des messages contraires ». En définitive l’Etat Malien peut se passer de son armée à Kidal. Vous l’aurez compris.

Aussi longtemps que l’armée d’occupation française sera en Afrique, le terrorisme se développera. Les terroristes ce sont ceux aussi qui défendent le terrorisme français en tuant les populations et nos FDS. Et comme la défaite se lit aux yeux de nos dirigeants, seul le peuple peut se débarrasser de ses ennemis en commençant par mettre fin aux surexploitation de nos ressources par la France sous couvert du terrorisme.

Œil D’Afrik
Le Président
Larba Israël LOMPO pour Niarela.Net

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