Kidal: l’écharde dans la blessure

L’escalade dans la défiance des autorités a été traduite, ces derniers temps, par plusieurs actes, attentatoires à la souveraineté du pays par les ex-séparatistes. Du coup, la question de Kidal revient au-devant de l’actualité. Des coups de gueule aux analyses lucides et aux prospectives plus dantesques, les réseaux se sont saisis de la question. Que faire pour Kidal ou du moins que faire de Kidal ?

 

Pour Me Abdourahamane Toure, « le processus de déstabilisation du Mali a pris son envol à Kidal. Stabiliser le Mali passera par le règlement de la situation de Kidal où des groupes ethniques exercent tous les attributs de la puissance publique. Tant que Kidal ne posera des actes de défiance de l’État, aucune région, aucune entité ne se soumettra à l’État. Le renforcement de l’État passe par la fin de la récréation à Kidal ». 

Pour l’homme de droit et le patriote, « il est temps de mettre fin à l’humiliation de notre pays par des groupes armés narco djihadistes. Il est communément admis que chaque fois qu’on essaie de résoudre un problème mal posé, on le complexifie. Le Mali est instable à cause de la rébellion et le statut de Kidal le fragilise ». Sur son mur, le débat a été très animé. C’est votre Facebookan du jour !

Abdourahamane Toure : Assinamar Ag Rousmane, c’est de ramener la CMA à affirmer qu’elle est dans un nationalisme Touareg, qu’elle veut un État Touareg dans un espace occupé par d’autres communautés. Il faut d’abord poser le problème exactement et c’est après que des solutions peuvent être proposées. La première proposition, c’est l’affirmation d’un nationalisme Touareg et la volonté de créer un État Touareg. Les propositions 2, 3, 4, 5, 6 dépendront de la formulation de la question en ses vrais termes.

Youssouf Sidibé : Je valide. Cette situation illustre parfaitement une des promesses non tenues de l’actuel président, à savoir restaurer l’autorité de l’État. Voilà pourquoi la majorité des Maliens ont voté pour lui.

Abdourahamane Toure : Ibrahim Keita, la fédération, c’est entre-deux États. Le Mali est un État unitaire.

Abdoulaye Dit Ablo Sow : Nous avons la possibilité de changer les choses, mais il faut se faire respecter. Ces bandits ne représentent rien de crédible, même en fédération, ils vont attaquer ! Au nord, ce n’est pas des indépendantistes, ce sont bandits !

Ibrahim Keita : Abdourahamane Toure, oui, je sais. Mais compte tenu de la situation dans les régions du pays, soit on opte pour cela ou pour une décentralisation renforcée.

Abdourahamane Toure : Ibrahim Keita, pour parler de décentralisation, il faut étudier leurs revendications et voir si la décentralisation est la solution.

Ibrahim Keita : Abdourahamane Toure, en vue d’une solution durable, quelles suggestions pouvez-vous faire ?

Ayouba Toure : Est-ce que les querelles à Bamako n’affaiblissent-elles pas le pouvoir central pour pouvoir faire face au problème de Kidal ?

Abdourahamane Toure : Ayouba Toure, c’est justement cette erreur d’analyse qui est faite. Remontes en 2012, le problème qui a conduit au coup d’État, c’est la rébellion, pas l’inverse. Les rebelles ont attaqué, les militaires étaient démunis et ça a créé une mutinerie qui a donné lieu à un coup d’État.

Ayouba Toure : Abdourahamane Toure, et qu’est-ce que le coup d’État à servi dans la résolution du problème ? Moi je pense qu’on se soulève pour apporter une solution, mais pas de l’empirer.

Abdourahamane Toure : Ayouba Toure, je pense que tu as déplacé le débat. Je ne dis pas que le coup d’État règle un problème, je t’ai simplement dit que la déstabilisation que le coup d’État a entraînée a pour cause, la rébellion. Ne déforme pas mes propos.

Mohamed Ould Al-Arby : Je pense que le renforcement de l’État passera par le respect de tous les engagements qu’il a pris dans la mise en œuvre intégrale de l’Accord pour la Paix issu du processus d’Alger. Sans cela, Kidal dépassera l’étape de la récréation.

Bakoré Fatama Tandia : Malheureusement, la révision constitutionnelle risque de creuser encore le fossé, car l’accord d’Alger est le fédéralisme sans nom.

Djibril Sall : Maître, quel est votre objectif ???

N’est-il pas sage de s’ouvrir en donnant plus d’autonomie à son colocataire à qui il t’a été imposé d’habiter dans une maison faite par votre maître en commun, qui remet en cause ton règne sur lui ??? 

Surtout, s’il avait contesté à votre maître son rattachement à toi ???

Cherif Ag Mohamed Ibrahim : Djibril Sall, attention cher frère !!! Apprête-toi aux missiles de Me Abdourahamane Toure.

Ne remets jamais en question son objectif. Sinon, vous le déclencheriez encore plus !

On a besoin de ce beau grand homme qu’il est. Je suis sûr que ça lui passera et on récupérera notre cher maître.

Mahamane Mbarakou : Mon cher maître. Ceux qui ont la responsabilité de gérer ce pays ne se soucient même pas de savoir où est notre salut. Chacun s’occupe d’abord de sa poche et de ses intérêts quitte à vendre notre souveraineté.

Sidi Mohamed Attaher : Depuis 5 ans, Kidal vous demande d’appliquer l’Accord signé en catimini sous la pression de la France… Vous faites le balani show à Bamako… Kidal votait toujours le Rpm pour endormir le pouvoir. La Cigale et la Fournie…

Mahamadou Coulibaly : Tout le mal du Mali, c’est Kidal et quelques individus malintentionnés à Bamako.

Halidou Malick : Le hic est qu’à Bamako même, les gens passent le plus de leur temps à défier l’État.

Moussa Sidibé : Le Mali est instable, car il est mal tenu par Bamako, soyons réalistes et ne cherchons pas à tresser des lauriers sur la tête de ceux qui n’ont profité que du manque de sérieux et de rigueur dans la gestion centrale de ce pays !

Bréhima Mamadou Kone : Moussa Sidibé, pourtant, j’ai toujours émis cette hypothèse. L’instabilité du Mali trouve sa source à Bamako, et tant que nous n’arrivons pas à stabiliser la capitale, il est difficile de pouvoir en finir avec les nombreuses crises. 

Travaillons à stabiliser la classe politique à Bamako. Après, on verra ce qu’il y a lieu de faire pour le reste du pays.

Ag Eouegh Ibrahim : Il m’est avis que vous êtes sincèrement disqualifiés pour une réconciliation des cœurs et des esprits en battant campagne pour diaboliser une partie de la population qui, quel que soit alpha, habite là où elle a toujours habitée. Mettre de l’huile sur le feu ne sert aucune cause sauf l’enflammer de plus belle. 

Partant de cet axiome, prouver cette antinomie par des interventions discutables contribue plus à raffermir les sentiments de rejet ou de pseudo domination d’un groupe sur l’autre. 

À défaut de proposer des solutions idoines, vaut mieux s’abstenir de creuser un peu plus le fossé qui éloigne le vivre ensemble auquel croit certains juste pour recueillir quelque pouces parce que pour le moment c’est ce vous faites probablement………. de façon bien préméditée.

Abdourahamane Toure : Ag Eouegh Ibrahim, je pose un débat et tu es déjà choqué. Comment avancer si on ne peut pas débattre ? C’est une épreuve difficile, un chemin pas simple, mais le bonheur est au bout 1. Débattons de ces questions, c’est mieux. Les armes ne sont brandies que lorsqu’il n’y a plus de place pour le dialogue. Ça va aller.

Alioune Gueye : Je partage parfaitement cette vision. Le Gouvernement doit montrer définitivement sa fermeté ou sa faiblesse face à Kidal dans cette affaire.

Ibrahim Maiga : Abdourahamane Toure, Kidal n’est dans les mains du Mali simplement parce que les autorités actuelles après Dioncounda n’ont pas été capables de consolider les acquis de la transition.

Mohamed Camara : Exactement, cette situation d’anarchie à Kidal en effet, frustre les efforts de stabilisation du pays tout entier. Qu’on veuille le reconnaître ou pas, cette récréation a impact très négatif sur la situation sécuritaire du pays tout entier et si une solution définitive n’est pas trouvée rapidement, nous courons vers le chaos complet !

Ibrahima Sionzanga Dembele : C’est un raccourci et une analyse très réductrice. Non ! Ce n’est pas seulement Kidal. 

La déstabilisation du Mali a pris son envol depuis 1968. Depuis cette période, ce pays a été, et est géré par des brigands et par des clans ce qui, a engendré la faiblesse des institutions de l’État, notamment la justice. Puis, l’armée à partir 1992. 

Nous sommes à ce niveau, pour cause : la mauvaise gouvernance. Un point.

Ibrahima Sionzanga Dembele : De plus, là c’est un avis personnel, j’en suis convaincu qu’il n’y a point de problèmes ethniques au Mali. Toutefois, il y a un manque de fermeté de l’État (absence de JUSTICE) à trancher entre les paisibles populations des régions du nord et du centre. 

INFO-MATIN

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