Jean-Yves Le Drian, ministre français de la Défense : Entre condescendance et bourde

‘’IBK doit négocier…. Au Mali, la réconciliation n’avance pas assez vite. Je le dis clairement : l’heure est venue…’’C’est en ces termes que  s’est indigné le ministre français de la Défense, Jean Yves- Le Drian, dans un entretien paru dans JEUNE AFRIQUE n° 2778 du 6 au 12 avril 2014. Quel toupet de sa part ! Feint-il d’oublier que IBK est le président d’un Etat souverain qu’est le Mali ? S’aperçoit-il qu’il est en train de marcher sur les platebandes de François Hollande ?

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A notre sens, le patron de l’Hôtel de Brienne, Le Drian, fait non seulement de l’ingérence dans les affaires intérieures du Mali, mais aussi de la démesure. On a la vague impression qu’il veut ravir la vedette à son président de la République, François Hollande. Celui-ci est pétri de perspicacité et d’humilité à l’égard de son homologue malien, IBK.

 

Force est de souligner qu’un mois et demi après son arrivée au pouvoir, le locataire de l’Elysée, le socialiste François Hollande a dessiné les lignes de sa relation avec l’Afrique en général, et le Mali en particulier. Ses lignes sont sans surprise : prudentes, réalistes, normales. Trois principes en guise de feuille de route : bonne gouvernance, pacte de croissance et développement, attachement à la sécurité et à la stabilité du continent, mais sans ingérence. Très friand des expressions lénifiantes, Paris estime toujours qu’il est possible et même tactiquement recommandé de parler avec les Touaregs du Mnla pour dissocier leurs forces de celles d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et Ansardine. Pour notre part, il ne sert à rien de se voiler la face : Mnla et Ansardine, les deux font la paire, ils sont logés à la même enseigne. En collusion avec Aqmi, ils ont pris les armes contre l’Etat malien, tout en mettant en coupe réglée les régions du Nord-Mali.

 

Les Services de Renseignements français sont au parfum des crimes odieux perpétrés dans le septentrion malien. La question ahurissante qui nous taraude l’esprit ceci : depuis quand un ministre français de la Défense a-t-il le droit d’enjoindre ses prises de position erronées à un président de la République, fut-il africain, et malien en particulier? Et cela à la faveur d’un groupe de bandits armés, catalogués terroristes pour des crimes de guerre, ceux contre l’humanité, sur de paisibles et innocents citoyens et soldats, au nom d’un fantomatique Etat, qu’ils veulent créer coûte que coûte, avec la bénédiction de la France et du médiateur de la CEDEAO, Blaise Compaoré ? La première pour avoir permis au représentant du Mnla d’utiliser les medias français comme support de ses contrevérités, le second pour avoir assuré toit et  couvert aux membres du Mnla, résidant à Ouagadougou.

 

A nos yeux, la France doit extrêmement faire beaucoup attention dans la gestion de la crise à Kidal. Si le cantonnement des rebelles du Mnla et leur désarmement piétinent, sa responsabilité y est grande : deux de ses journalistes y ont déjà été assassinés, il faut qu’on laisse les coudées franches à l’armée malienne de jouer ses fonctions régaliennes de défense du pays. Sinon 20 ans plus tard, à l’instar du génocide perpétré au Rwanda en 1994, pendant l’Opération Turquoise française, sa responsabilité pointée du doigt, aujourd’hui, pourrait se retourner contre elle pour ce qui est du cas malien de l’équation de Kidal.

Mohamed Koné


SOURCE: Le Challenger

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