Iyad Ag Ghaly : Le diable désespéré

Le Chef terroriste Iyad Ag Ghaly a les mains souillées de sang. C’est pourquoi, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt lancé par la Justice malienne et figure également sur la liste noire des terroristes recherchés par les Etats-Unis.

Iyad Ag Ghali émir chef groupes rebelles  Ansar Dine.

Refugié à la frontière Algérienne depuis plusieurs mois, l’homme savait que l’Algérie sera incontournable dans la résolution de la crise du nord et comptait y jouer un rôle.

Illusions perdues. C’est pourquoi, dans son désespoir il refait surface pour utiliser la méthode classique des terroristes : la menace.

Iyad Ag Ghaly, tout puissant chef d’Ansar Dine fait partie des principaux instigateurs du massacre d’Aguelhok où une centaine de soldats maliens ont été tués de sang froid. Il a aussi été l’un des maitres d’œuvre de l’application de la Charia dans les régions nord du Mali près d’une année durant. Iyad, c’est aussi, et surtout celui qui voulait mettre fin à l’existence du Mali lorsqu’en janvier 2013, il avait lancé avec ses alliés d’AQMI et du Mujao, une offensive pour tenter d’occuper tout le pays. C’est pourquoi, aux yeux des maliens, il est le mal personnifié, un « Ben Laden » national.

Conscient de sa réputation de diable, Iyad, en fin tacticien, espérait se rendre « utile » en se positionnant comme un acteur incontournable dans les négociations de paix entre les groupes armés et le gouvernement malien.

Pour parvenir à ses fins, il misait sur son rôle de facilitateur lors de la libération de certains otages. D’ailleurs, selon certains médias, Iyad a joué un rôle fondamental dans la libération des agents d’AREVA en octobre 2013.

Iyad comptait également sur le retour en force d’Alger dans le dossier malien. Cela, parce que, au début de l’année, Alger a été le théâtre de rencontres diverses entre les groupes armés, et d’une la visite du président IBK.

Son calcul était juste.

En effet, le 16 juillet dernier, le gouvernement malien rencontrait à Alger les représentants des groupes armés de nord pour une sortie de crise. Les pourparlers qui ont duré plusieurs jours ont permis d’établir une feuille de route qui a été acceptée par tous. Une autre rencontre entre le gouvernement et les groupes armée aura lieu toujours à Alger, le 1e août prochain. Cela, sans la participation d’Iyad Ag Ghali et ses compagnons. Se sentant donc abandonné, désespéré de n’avoir aucun rôle à jouer dans ces rencontres, Ag Ghali, le leader d’Ansar Dine, réapparaît et menace la France

En effet, pour la première fois depuis plusieurs mois, il s’exprime dans une vidéo mise en ligne le 29 juillet sur les réseaux jihadistes. Le leader du groupe jihadiste Ansar Dine, à l’origine de l’attaque de Konna, dans le nord du Mali, qui avait provoqué l’intervention Serval en janvier 2013 y pointe son ennemi : l’Etat français.

Turban, barbe longue et moustache rasée, arme automatique dans un coin, logo d’Ansar Dine en haut à droite et drapeau noir des jihadistes, Iyad Ag Ghali s’exprime pendant 13 minutes dans cette vidéo qui en dure 24 minutes. Le diable ne fait aucune référence à Aqmi (al-Qaïda au Maghreb islamique). Il parle au nom de Ansar Dine un groupe d’ailleurs moribond depuis l’intervention Serval.

Sa cible : les « croisés, la France en tête »

Iyad Ag Ghali est présenté comme l’ « émir » de l’organisation et, s’il reconnait un manque de communication pour contrer la propagande française, cette vidéo, tournée comme une émission de télévision, est le premier pas vers le renouveau de son mouvement, explique-t-il.

Dans sa première prise de parole, Iyad Ag Ghali pointe son ennemi : l’Etat français. « Nous allons nous débarrasser des croisés, la France en tête. » Il affirme d’ailleurs qu’une fatwa a été lancée et qu’elle oblige à lutter contre la France et ses alliés.

Il revendique aussi des tirs de roquettes et des attaques de kamikazes contre les soldats de Serval. « Voilà ce que nous allons faire », explique-t-il ensuite : « Notre objectif, c’est de mettre en place la charia dans la région. »

Le leader d’Ansar Dine conclut en saluant tous ses « frères du jihad » au Nigeria, en RCA mais aussi en Egypte, au Pakistan et en Afghanistan.

 

Malick Camara

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