Intox et désintox: les affabulations de la CMA

Échaudée par la lettre du président du Comité de suivi de l’Accord, Ahmed BOUTACHE, au sujet de la libération du Camp I de Kidal devant abriter le Mécanisme opérationnel de coordination, représentant une entrave à l’application de l’Accord pour la paix, la Coordination des mouvements armés (CMA) tente vainement de faire preuve de répartie.

Ahmed Boutache president csa

Des théories élaborées difficilement sont servies à la presse laissant transparaître le profond malaise qui la tenaille.
Face à l’INTOX, nous vous proposons la DÉSINTOX.
Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

Les bagouts
INTOX
Selon le confrère ‘’Le Républicain’’, le lundi 29 mai 2017, les responsables de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) étaient face à la presse à la maison de la presse de Bamako.
À l’occasion, le porte-parole de la CMA, Ilad Ag Mohamed, a introduit ses propos : « l’objet de cette conférence de presse est d’édifier la presse, l’opinion nationale et internationale sur le rôle de la Cma dans la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger »,

DÉSINTOX
La presse, l’opinion nationale et internationale savent surtout que la CMA a franchi tous les échelons dans l’art de la propagande, de la désinformation. Elle est connue et reconnue pour sa capacité extraordinaire à faire passer du cuivre pour de l’or et vice-versa. En raison de cette conviction établie et partagée, elle aurait dû faire l’économie de bagouts. Mais c’est plus fort qu’elle, l’habitude étant une seconde nature.
Quant au rôle de la Coordination des mouvements armés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, il n’y a de place pour aucune mystification. Ce rôle est très bien connu de tous. Il s’agit d’user de tous les subterfuges possibles pour gagner du temps. La preuve : elle réclame à gorge déployée le démarrage du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC). Au moment venu, elle est la dernière à fournir à liste de ses combattants devant prendre part aux patrouilles mixtes. Lesdites patrouilles mixtes ne sont pas encore effectives à Tombouctou et Kidal et sa responsabilité est engagée dans ce retard. Elle est de ceux qui ont exigé l’installation des autorités intérimaires. Elle a été la première à créer le blocage à ce niveau. Pas étonnant dans ces conditions que la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation avance à pas de tortue.

La sournoiserie
INTOX
Il a émis le souhait : « il faudrait qu’elles soient opérationnelles. L’opérationnalisation des autorités intérimaires est essentielle pour booster la mise en œuvre de l’accord ».

DÉSINTOX
Voici un mouvement qui veut une chose et son contraire à la fois. L’histoire est très récente : c’est au prix d’une pression internationale que les autorités intérimaires ont été installées à Kidal. On sait aussi également qu’il a fallu une obstination du Gouvernement pour nommer un Gouverneur qui ne soit pas nécessairement celui qu’elle voudrait dans sa logique de faire OPA sur la région de Kidal pour un dessein inavoué. C’est la CMA qui réclame à cor et à cri le retour des réfugiés. Paradoxalement, elle crée toutes les conditions pour que cela ne puisse se faire. Avec un Gouverneur exilé, des ONG qui sont victimes d’actes de vandalisme, des autorités intérimaires jugées essentielles qui sont juste tolérées, comment peut s’opérer le retour des réfugiés et des personnes déplacées ? Tout cela sent la sournoiserie à plein nez.
Pour ce qui est de l’opérationnalisation des autorités intérimaires pour booster la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, il y a une dangereuse manipulation des faits. La première garantie de la mise en œuvre de l’Accord, c’est la ‘’bonne foi’’ des Parties. C’est ce que dit l’article 50 de l’Accord : ‘’les Parties reconnaissent que la première garantie de l’aboutissement de l’Accord réside dans leur sincérité, leur bonne foi et leur engagement à assumer le contenu de l’accord et œuvrer à la mise en œuvre de l’ensemble de ses dispositions dans l’intérêt de la réconciliation de leur pays, ainsi que de la paix, de la sécurité et de la stabilité du Mali et dans la région dans son ensemble’’. Or, ce qui manque le plus chez la CMA, c’est sa sincérité, sa bonne foi et son engagement à assumer le contenu de l’Accord.

L’aveu
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Ilad Ag Mohamed a annoncé : « dans les prochains jours, le MOC de Kidal, de Tombouctou seront opérationnels. ».

DÉSINTOX
Il y a là un aveu accablant pour la Coordination des mouvements armés. Par cette annonce, elle reconnait, publiquement, qu’elle était à l’origine du blocage de l’opérationnalisation du MOC de Tombouctou et de Kidal. Comme cela a du reste été le cas à Gao. Au regard des conditions d’opérationnalisation du Mécanisme opérationnel de coordination, qui, pour ses patrouilles mixtes, a besoin de 600 éléments (200 par Partie), il va sans dire que la CMA dispose d’une carte redoutable entre les mains et dont elle ne s’est pas privée de faire usage. Désormais, le MOC peut être opérationnel, parce qu’elle en a décidé ainsi. C’est un manque de respect par rapport à elle-même et à ses engagements, mais aussi par rapport aux autres Parties qui doivent subir ses fourberies.
L’annonce révèle également que la CMA n’est sensible qu’aux rapports de force. Il faut lui mettre une pression d’enfer pour qu’elle tienne ses engagements. C’est ce qui a conduit à la présente annonce. Le pot aux roses ayant été découvert, pourquoi se priver alors d’y avoir recours, question de faire avancer la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger ? Seule la complaisance pourrait conduire à se retenir.

Pathétique
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Réagissant à la lettre d’accusation du président du Comité de suivi de l’Accord, Ahmed BOUTACHE, selon laquelle la CMA retarde la mise en œuvre de l’Accord, son porte-parole a soutenu : « ce sont des accusations infondées. Nous avions été surpris et étonnés du comportement de ceux qui sont en train d’accuser la CMA aujourd’hui d’un blocage ».

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Étonnement normal, parce que la CMA trouve tout à fait normal d’user et d’abuser du blocage du processus pour la paix et la réconciliation comme levier pour parvenir à ses fins. C’est pathétique, mais il n’y a aucune raison de se priver d’une recette qui fait fortune. La Coordination des mouvements armés a bien assimilé cette leçon surtout répandue dans le milieu sportif selon laquelle on ne change pas une équipe qui gagne. Si la CMA est réellement étonnée par les accusations, c’est qu’il y a anguille sous roche en ce qui est des rapports entre les accusateurs et les accusés. Étaient-ils aussi liés qu’aucune accusation n’était envisageable ? En tout cas, cette sortie controversée de la CMA renforce le doute dans les esprits.

Les galéjades
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« La lettre du président du CSA était en déphasage avec les réalités, car il était à Alger. Nous étions en train de travailler sur la libération du camp 1 de Kidal… »

DÉSINTOX
La lettre du président du Comité de suivi de l’Accord était en déphasage, parce qu’il était en Algérie. C’est trop facile. L’argument est tiré par les cheveux et pue l’iniquité. La preuve ? Ce discours du même préside, Ahmed BOUTACHE, à l’ouverture de la 8e session ordinaire du Comité de suivi de l’Accord : « Comme de tradition après mon arrivée à Bamako (…), j’ai tenu une réunion avec les membres de la Médiation internationale au siège de la MINUSMA et j’en profite pour remercier la MINUSMA pour sa traditionnelle hospitalité. Et j’ai également eu l’honneur et le plaisir de m’entretenir avec le ministre Konaté à son bureau le samedi.
Naturellement, l’objet de ces rencontres était en quelque sorte une mise au point au sujet de la situation qui prévaut et cela en préparation aux travaux de cette session.
Il a été, je dirais, globalement constaté que deux questions continuent en quelque sorte d’empêcher tout progrès substantiel dans le processus de mise en œuvre de l’Accord. Il s’agit d’une part de la question de l’administration intérimaire. Et d’autre part, de mécanismes sécuritaires.
À ce sujet, il convient de préciser que les représentants des mouvements font des avancées et des progrès au niveau des mécanismes sécuritaires ou plutôt ils conditionnent les progrès au niveau des mécanismes sécuritaires par des progrès au sujet de l’administration intérimaire et nous croyons comprendre que du côté du Gouvernement, c’est la position inverse qui prévaut.
Je le dis sincèrement avec beaucoup de regrets, cette question a conduit quasiment à une impasse quant à la mise en œuvre du processus de paix de l’Accord. Il devient donc urgent et tout particulièrement les parties maliennes sont interpellées pour assumer leur responsabilité afin que cette situation soit débloquée sans plus tarder ».
Ce jour, la CMA n’a pas soutenu que le discours de M. BOUTACHE fût en déphasage, parce qu’elle était encensée pendant que le gouvernement passait à la casserole. À présent, c’est son tour d’y passer. Travailler sur la libération du Camp 1 n’est que du dilatoire comme la CMA a toujours su le faire.

Le ridicule
INTOX
En outre, Ilad « a évoqué la souffrance de la population due à l’absence de plan humanitaire dans les cinq régions nord du Mali ».

DÉSINTOX
Décidément, le ridicule ne tue pas sous les tentes de Kidal, pardon les hôtels huppés de la capitale où vivent, sans vergogne, aux frais de la princesse, les affabulateurs attitrés. Ce sont eux qui ont foutu le bordel dans tout ce pays en allant chercher des illuminés de prétendus djihadistes pour occuper le Nord et qui ont fini par les foutre dehors. Ce sont eux qui ont ouvert la voie royale à la recrudescence du banditisme qui n’a plus de limite géographique. En conséquence, c’est de leur faute si le Mali est devenu le point de convergence de toutes les armées du monde ; un pays au sujet duquel désormais tout le monde a son mot à dire.
Après avoir semé le bazar dans un environnement qui n’en avait aucunement besoin, voilà les ex-rebelles à peine repentis qui tentent de faire montre de compassion à l’égard d’une population à laquelle ils ont donné la berlue. Un plaidoyer de la part de ces ex-alliés de jihadistes n’est rien moins qu’une dérobade, une fuite de responsabilité dont la finalité est de faire porter à d’autres le chapeau de leur forfaiture. Les coupables ce sont eux. Nul manège ne les innocentera.
Ce qui est en cause, ce n’est donc pas le manque de plan humanitaire, qui existe d’ailleurs, contrairement à ce qu’ils veulent incruster dans les têtes. On sait qu’il y a le Programme d’urgence pour la relance du développement des régions du Nord (PURD-RN). Le coût total de ce Programme, pour les phases 1 et 2, est d’environ 33,8 milliards FCFA entièrement financés par le budget national. D’un coût total de 7,7 milliards FCFA, la 3e phase permettra de renforcer les acquis des deux premières phases.
En plus, il existe un plan de réponse humanitaire des organismes internationaux. Que chacun s’assume enfin.

 

Source: info-matin

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