Intime conviction : Dernier virage vers la paix

L’Accord définitif de paix et de réconciliation nationale sera signé vendredi prochain, le 15 mai 2015, à Bamako. Il n’y a plus de doute sur la date. La seule inconnue demeure la présence de tous les protagonistes, notamment la Coordination des Mouvements de l’Azawad qui continue à tergiverser en essayant de gagner du temps.

negociation pourparles paix dialogue combattant soldat militaire groupe bandits armee rebelle touareg terroriste mnlaMais, assurent la Médiation et le gouvernement malien, l’Accord sera signé avec ou sans elle. On ne peut pas infiniment négocier surtout quand une partie remet toujours en cause ses engagements de la veille sous prétexte que sa base imaginaire n’est pas d’accord.

Cet accord suscite un espoir : permettre au pays d’amorcer résolument le dernier virage vers la paix et la réconciliation nationale. L’attente nationale est qu’elle nous permette enfin de tourner une page de doute, de crise de confiance pour ouvrir une nouvelle ère de la foi : foi en notre capacité de surmonter tout ce qui nous oppose ou peut nous opposer et nous retrouver dans nos valeurs essentielles. Foi aussi en notre capacité de nous transcender pour réunifier notre nation. L’unité dans la diversité fait la force des grandes nations qui dictent aujourd’hui leur loi au reste du monde.

Analysé sous toutes les coutures, le document est sérieusement critiqué (critiques positifs et négatifs, optimistes ou pessimistes). Donner l’opportunité à toutes les couches socioprofessionnelles de s’exprimer sur un projet qui engage l’avenir de la nation fait aussi partie des avantages de la démocratie.

Mais, tout est une question d’approche et d’opportunité. Ainsi, ils sont nombreux ceux qui pensent qu’il n’y a pas de bons ou de mauvais accords que dans la pratique ou la mise en œuvre.

Le plus important, c’est d’avoir réussi à sauvegarder l’intégrité du territoire, le caractère laïc et républicain de l’Etat. Et c’est le plus important dans l’immédiat pour reprendre le contrôle de notre destin qui est en train de nous échapper depuis janvier 2012.

Et en dehors de ces considérations républicaines et patriotiques, toutes les concessions sont envisageables si ces sacrifices peuvent nous permettre de ressouder les morceaux de l’unité nationale, d’assurer la sécurité des personnes et des biens ainsi que le retour des déplacés et des réfugiés.

Bref, de réconcilier les cœurs et les esprits dans l’harmonie et la cohésion pour que, enfin, nous puissions nous tourner vers les défis de l’avenir.

Le doute est normal quand un pays reste longtemps dans une zone de turbulence. Mais, soyons aussi optimistes. Redonnons une chance à l’espoir en évitant les préjugés. N’oublions pas que la paix est dans l’intérêt de tous, même ceux qui pensent s’affranchir de la République par césarienne.  Ce que nous vivons depuis trois ans ne peut que nous conduire à la faillite collective.

Faisons-nous confiance et donnons-nous la main car c’est notre unité qui peut isoler ceux qui ne voudraient pas prendre le train à quai et les contraindre à rejoindre la caravane de la paix avant qu’elle ne s’éloigne pour de bon.

Réinstaurer la confiance à toutes les échelles

Présentement, le pilier fondamental de la sortie de crise est la confiance ! Que les Maliens réapprennent à se faire confiance, qu’ils refassent confiance à l’administration et surtout aux Forces armées du Mali (Fama). Une armée en reconstruction avec toutes les composantes de notre nation.

Le dialogue, indispensable à la consolidation de l’unité nationale et de la cohésion sociale, est impossible sans la confiance qui sera l’une des conditions sine qua non de la réussite de la mise en valeur de l’Accord définitif de paix et de réconciliation nationale qui sera signé ce 15 mai 2015.

D’où l’impérieuse nécessité de reconstruire la confiance des citoyens entre eux, des citoyens envers les institutions et les politiques. Après ce que nous venons d’endurer, ne serait-ce que pour les veuves et orphelins de guerre, ne laissons plus la défiance devenir «le marqueur distinctif» de notre pays.

Surtout que, pour de nombreux experts comme ShérazadeGatfaoui, (Maître de Conférences en Sciences de Gestion à Université Paris, France), «la crise de confiance peut être considérée comme un des facteurs clés du conflit entre les communautés». Donc, elle est «un obstacle majeur à la reconstruction» après des crises comme celle que le Mali vient de vivre.

«La construction d’une nation forte ne peut s’imaginer sans confiance entre l’Etat, les Institutions, les associations, les politiques, les partenaires commerciaux et les citoyens», analyse ShérazadeGatfaoui dans une contribution sur la crise centrafricaine.

Prendre notre destin en main signifie aussi ne pas tout miser sur l’Etat, surtout pour nous montrer la voie de la réconciliation. Chacun de nous aime la gloire. Alors, comme le dit un internaute sur les réseaux sociaux, chaque Malien doit accomplir sa part de la tache de la construction du Maliba, ce Grand Mali qui ne doit plus rester un rêve, mais un précieux legs aux futures générations. Le Maliba, une terre de gloire et un havre de paix dont nous rêvons voir surgir de la réconciliation bien amorcée.

Moussa Bolly

 

source : Le Matin

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