Institut de formation Hégire de Tombouctou: le directeur général dans le collimateur des élèves-maitres

Le torchon brûle entre les élèves-maîtres de l’Institut de formation Hégire de Tombouctou et leur Direction générale, depuis la proclamation des résultats des examens de fin d’année 2015-2016. Et pour cause ?

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Sur un effectif de 404 élèves, seulement 32 ont été admis, 104 renvoyés et plus de 260 redoublants. Ainsi, face à cette situation, un Collectif des victimes du directeur général a été mis en place pour faire des revendications auprès de qui de droit.
Ledit Collectif, dont nous nous sommes entretenus avec certains responsables, a affirmé avoir saisi l’Assemblée nationale pour faire la lumière sur cette situation qui coupe le sommeil à des centaines d’élèves-maîtres de l’Hégire de Tombouctou.
Dans la lettre adressée au Président de l’hémicycle, dont nous nous sommes procurés d’une copie, le Collectif explique aux élus de la Nation les raisons de leurs échecs qu’ils imputent à la négligence de leur administration.
Selon un responsable du Collectif, Fousseyni SOGODOGO, le problème découle d’une série de revendications infructueuses des élèves-maîtres auprès de l’administration pour doter l’Institut en table-bancs. Selon lui, sur un effectif de 404 élèves maîtres, plus d’un tiers n’avaient pas de place.
« Tenant à notre avenir, nous nous sommes résignés à accepter ces conditions difficiles, voire intenables, que nous imposait notre administration scolaire pour un temps. Ainsi, chacun faisait de son mieux pour suivre les cours magistraux, qui debout, qui d’autres assis à même le sol ou sur des nattes ? Plus le temps passait, plus notre situation restait inchangée. Après les évaluations du premier trimestre, rien n’avait changé. Alors nous avons décidé de ne plus suivre les activités pédagogiques de notre établissement jusqu’à la satisfaction de nos préoccupations, dont l’essentiel était la recherche de tables-bancs pour les élèves. Cette crise consécutive à notre de décision de rupture s’est alors poursuivi jusqu’à la date des évaluations du deuxième trimestre que nous avons également boycotté », peut-on lire dans la lettre que le collectif a déposé sur la table de l’Assemblée nationale.
Selon les explications des responsables du Collectif, pendant les examens de fin d’année, les élèves ont pu voir et accepter leur note qu’ils ont pu matérialiser en apposant leur signature dessus. Des moyennes annuelles qui, disent-ils, étaient les mêmes obtenues au premier trimestre ensuite reconduites comme moyennes annuelles.
Mais le désespoir des élèves de l’Institut de formation Hégire de Tombouctou fut grand lorsqu’au moment de la proclamation des résultats, le taux d’échecs était très considérable.
Ces de ces échecs massifs ne s’expliquait, selon les responsables scolaires, que par la décision unilatérale de la direction de diviser les moyennes obtenues au premier trimestre par deux. Cela en guise de sanction pour les élèves pour leur boycott des évaluations du deuxième trimestre. Le résultat, selon nos sources, ne pouvait être autre que celui-ci : échec massif. Ainsi, explique-t-on, sur les 404 élèves composant l’effectif scolaire de l’institut, seulement 32 majoritairement des finalistes ont pu se tirer d’affaires. On enregistre également 104 renvois et plus de 260 redoublants.
Après avoir tapés à plusieurs portes, les élèves-maîtres de l’Institut de formation Hégire de Tombouctou ont décidé de se confier aux élus de la Nation pour trouver une issue honorable à cette crise qui risque de compromettre la carrière de plusieurs jeunes qui ont choisi comme profession d’enseigner.
Après les démarches infructueuses de l’imam de la mosquée « Djingareyber », la direction nationale de l’enseignement normal (DNEN) a été saisie de la question. Là aussi, les explications fournies ne semblent pas convaincre les élèves maîtres qui ont finalement choisi de faire intervenir les honorables députés pour une issue heureuse. Sur la question, le ministère de l’Éducation nationale est aussi vivement attendu pour sauver toute une génération.

PAR MODIBO KONE

Source: info-matin

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